ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

PLUS d’une semaine après la disparition du commandant en chef Fidel Castro Ruz, des personnalités, des peuples et des médias du monde entier soulignent l’héritage du leader de la Révolution cubaine, ainsi que l’engagement du peuple cubain envers ses idées.

En France, une foule s’est pressée à Paris pour rendre hommage au leader de la Révolution cubaine. Rassemblés sur la Place José Marti de la capitale française, les Français, les Cubains et les Latino-américains présents ont ratifié leur décision de poursuivre la lutte, guidés par la pensée de Fidel Castro. Ils ont souligné que malgré le décès du dirigeant cubain, son héritage demeurera vivant dans les batailles à livrer par l’Île caraïbe et de nombreux peuples du monde, a rapporté l’agence Prensa Latina.

Didier Philippe, président de l’Association France-Cuba, a déclaré que « cet homme immense restera gravé dans les mémoires comme l’acteur essentiel du 20e siècle et un défenseur des peuples opprimés d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie ».

L’intellectuel français Paul Estrade a quant à lui mis en exergue les efforts et le rôle de Fidel pour assurer l’indépendance de Cuba, lui rendre sa dignité et répondre à des besoins sociaux importants comme l’accès à la santé et à l’éducation.

Depuis le décès du commandant, le 25 novembre dernier, de nombreux hommages se sont déroulés en France, comme une preuve de l’empreinte laissée par Fidel parmi des milliers habitants de ce pays d’Europe.

En Espagne, le mouvement de solidarité avec Cuba a également organisé le 4 décembre un rassemblement géant en hommage au leader révolutionnaire cubain, dont les cendres reposent au cimetière de Santa Ifigenia, à Santiago de Cuba, et dont le souvenir restera gravé dans la mémoire collective.

« Fidel laisse une œuvre, un peuple digne, noble, courageux et solidaire », a signalé l’ambassadeur cubain à Madrid, Eugenio Martinez, après avoir exprimé sa gratitude pour les nombreux témoignages de respect et d’admiration reçus cette semaine.

Au Salvador, le commandant révolutionnaire José Luis Meriño, l’un des fondateurs du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN), a souligné que la dignité était l’un des plus grands enseignements de Fidel Castro.

Dans une interview pour Prensa Latina, il a indiqué que la présence de Fidel dans le processus révolutionnaire du Salvador est immense.

« Il nous a aidés à nous doter d’une pensée politique et militaire qui a permis au FMLN non seulement d’agir comme une force militaire, de guérilla, mais aussi comme une force politique et surtout comme une force d’une énorme qualité humaine », a-t-il dit.

En République bolivarienne du Venezuela, le gouverneur de l’État du Yaracuy, Julio Leon Heredia, a décerné à Fidel, le 4 décembre, à titre posthume, l’Ordre du Général du peuple souverain Ezequiel Zamora.

Le gouverneur, qui s’est rendu à Caracas pour remettre la décoration à l’ambassadeur cubain, a déclaré qu’il remettait la plus haute décoration de cet État au leader de la Révolution cubaine en reconnaissance de ses mérites et de l’héritage qu’il laisse au Venezuela et aux peuples du monde.

Au Vietnam, les représentants de l’Association d’amitié avec Cuba ont souligné l’œuvre de l’homme qui restera profondément gravé dans le cœur des Vietnamiens comme un grand ami.

À Santiago du Chili, des milliers de personnes se sont rassemblées le 4 décembre devant le monument de José Marti, sur la populeuse Place d’Italie de cette capitale, pour rendre un hommage solennel au leader historique de la Révolution cubaine.

Javiera Olivares, présidente du Collège de journalistes du Chili, a déclaré l’agence Prensa Latina que le décès du commandant en chef est une perte très sensible, mais que Fidel laisse un héritage extraordinaire aux peuples du monde.

Le mouvement espagnol de solidarité avec Cuba a rendu un dernier hommage au leader révolutionnaire. Photo: Prensa Latina

« Nous nous souviendrons toujours de lui à travers ses écrits, ses discours, et aussi comme d’un exemple et un visionnaire pour l’ensemble de l’humanité », a-t-elle affirmé.

« Hasta siempre, comandante, exemple immortel dans le cœur des Chiliens », pouvait-on lire sur un écran géant installé sur la Place. L’hommage s’est déroulé en présence de l’ambassadrice du Nicaragua à Santiago du Chili, Maria Luisa Robleto, de nombreux dirigeants de gauche, de Cubains résidant dans ce pays d’Amérique du Sud, et de professionnels et de membres du syndicat des travailleurs chiliens.

« Fidel Castro représente la révolution latino-américaine. C’est un homme qui a persévéré et a atteint ses objectifs sans renoncer à ses principes et à ses valeurs », a déclaré le ministre bolivien de l’Économie, Luis Arce, à l’agence Prensa Latina.

« Pour nous, c’est un exemple à suivre et son souvenir nous accompagnera dans la construction de cette nouvelle patrie socialiste en Bolivie », a-t-il dit.

De nombreux médias internationaux ont également souligné l’engagement patriotique du peuple cubain qui s’était massé dans les rues en brandissant des drapeaux, pancartes et des banderoles à l’effigie de Fidel pour rendre un dernier hommage au leader de la Révolution.

Pour le quotidien mexicain La Jornada, la mobilisation de millions de Cubains en hommage à Fidel a représenté un moment de deuil, mais aussi de reconnaissance et d’espoir.

La Jornada a fait remarquer que « l’immense majorité des personnes qui ont défilé à Cuba, lorsque l’Île était plongée dans un long deuil national étaient nées ou s’étaient formées après l’entrée des révolutionnaires à La Havane, en 1959. Ce sont des enfants de la révolution démocratique, anti-impérialiste et anti-batista, et ils ont participé aux efforts héroïques de construction du socialisme, à quelques kilomètres de l’empire ».

Le quotidien a souligné que les cendres de Fidel Castro ont été déposées au cimetière de Santa Ifigenia, à Santiago de Cuba, près du Mausolée du poète et héros national José Marti, dont Fidel se considérait comme le continuateur.

Le site web de la chaîne latino-américaine TeleSur a relayé les paroles du général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’État et du Conseil des ministres, à la cérémonie d’hommage qui s’est déroulée le samedi 3 décembre sur la Place de la Révolution Antonio Maceo de Santiago de Cuba, où le président avait souligné que « c'est le Fidel invaincu qui nous appelle à suivre son exemple et qui nous a prouvé que ce fut possible, que c'est possible et que ce sera possible !

 »TeleSur précise que les cendres du leader cubain reposeront près du Héros national José Marti, du Père de la Patrie, Carlos Manuel de Céspedes, et d’une pléiade de héros et de martyrs tombés au cours de plus d’un demi-siècle de lutte pour la liberté et la dignité.

L’hebdomadaire chilien El Siglo, organe officiel du Comité central du Parti communiste chilien, a consacré toute une édition à la figure du commandant en chef.

Dans sa vingtaine de pages, le journal expose plusieurs détails de l’œuvre du chef révolutionnaire cubain. Sous des titres tels que « Fidel, l’homme-Histoire », « Un des nôtres est mort » et « Fidel, paradigme et légende pour toujours », le journal retrace plusieurs facettes de la vie du père de la Révolution cubaine.

Pour sa part, l’agence de presse allemande DPA a rapporté que des milliers d’habitants de Santiago de Cuba ont brisé le silence avec des slogans de soutien à la Révolution.

« Hasta la victoria siempre », était l’un des titres récurrents de la une du quotidien argentin Pagina 12, qui décrit l’instant où dans son allocution, Raul a repris la phrase du général Antonio Maceo, héros des guerres d’indépendance contre le colonialisme espagnol, « Quiconque tentera de s’emparer de Cuba recueillera la poussière de son sol baigné de sang, s’il ne périt pas dans la bataille ! » comme l’un des moments les plus émouvants.

Le journal argentin a souligné que Fidel reposera au cimetière de Santa Ifigenia (aux côtés des héros et des martyrs cubains).