Le président équatorien Rafael Correa a affirmé le 10 juin à Bruxelles que la coopération Celac-UE doit s’orienter vers la formation de ressources humaines, le transfert de technologie et l’accès au financement, selon Prensa Latina.
Prenant la parole au Sommet des entreprises de la Communauté des États latino-américains et caribéens et de l’Union européenne, il a souligné l’importance de passer de sociétés productrices de biens primaires à des sociétés productrices de connaissances.
Selon Correa, dont le pays occupe la présidence pro tempore de la Celac, il est essentiel de promouvoir des entreprises qui se distinguent pour la valeur différenciatrice de l’innovation. À cet effet, elles ont besoin du soutien des États et des politiques publiques afin de pouvoir accéder aux marchés internationaux. Les politiques financières et d’assistance technique doivent être intégrées, a ajouté Correa.
« Dans le cadre de la coopération Celac-UE, nous avons lancé l’idée de créer un fonds de reconversion productive des micros, petites et moyennes entreprises », a-t-il précisé.
Correa a évoqué les problèmes de productivité en Amérique latine, où les micros, petites et moyennes entreprises sont très hétérogènes et sont confrontées à des difficultés pour accéder aux marchés internationaux.
Ces entreprises sont fondamentales sur le plan économique et social et elles sont également importantes pour les économies nationales, ainsi que pour les grandes entreprises. Le financement est une condition de base pour aider à leur développement, d’où le rôle fondamental de la banque publique.
« L’Amérique latine et la Caraïbe se trouvent face au défi d’ « internationaliser » les micros, petites et moyennes entreprises. Nous devons impulser des processus d’innovation, de production et de transfert de technologie », a estimé Correa.
Par ailleurs, il a souligné l’importance de l’assistance technique pour la reconversion productive et l’innovation.
Mentionnant comme objectif la nécessité d’atteindre l’efficacité économique et sociale, le président équatorien a déclaré qu’à ce sujet il était vital de veiller à l’éthique à l’égard des travailleurs, de manière à faire passer les êtres humains avant le capital.
Il a insisté sur la nécessité d'éradiquer la pauvreté en Amérique latine et dans les Caraïbes, en indiquant qu'il s'agit d'un impératif moral, et qu’il devrait en être ainsi « pour l'humanité tout entière, non seulement parce que la pauvreté constitue la plus grande atteinte à la dignité humaine, mais aussi parce que c’est le fruit de l'injustice et de l'exclusion et non du manque de ressources ».
Il a insisté sur la génération d'emplois productifs et stables comme un moyen de contribuer à la lutte contre la pauvreté. « Le travail humain a une valeur éthique, c’est l’objectif même de la production. Le salaire, c’est pour la subsistance et la dignité », a-t-il ajouté.
« Il ne peut y avoir de véritable liberté sans justice et pour atteindre la justice et l’efficience, nous avons besoin d’une diffusion adéquate des connaissances et des compétences, ainsi qu’une intervention efficace de l'État », a-t-il affirmé.
Auparavant, la haute représentante de l’Union européenne, l’Italienne Federica Mogherini, a souligné que les liens entre l’UE, l’Amérique latine et la Caraïbe « vont au-delà de quelques relations économiques et commerciales », car il existe également un dialogue politique et de coopération dans les questions multisectorielles, selon l’agence EFE.
Federica Mogherini a rappelé que le groupe des 28 est « le premier investisseur étranger dans la région » et elle s’est félicitée de l’augmentation des investissements de l’Amérique latine et de la Caraïbe en Europe.
Elle a indiqué que cette région (Amérique latine et Caraïbe) a connu une croissance de 5 % au cours de la dernière décennie et que « désormais le défi est de maintenir cette croissance (…) et de passer d’un modèle basé sur l’exportation de ressources naturelles à un modèle basé sur la connaissance ».
« Nous avons beaucoup à gagner à unir nos forces et à explorer les complémentarités entre les économies ; l’Europe est prête à apporter son aide, pour l’amitié qui nous unit et dans l’intérêt réciproque », a-t-elle déclaré.






