ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Le Premier ministre Alexis Tsipras a accusé les créanciers de vouloir « humilier la Grèce ». Il a signalé qu’alors que la délégation grecque est prête à discuter de bonne foi, les créanciers se servent des négociations pour montrer leur force. Photo: Rebelión

LES négociations entre le gouvernement grec et les responsables européens des politiques d’austérité résument les dilemmes de l’humanité en ce nouveau siècle. D’un côté de la table, la défense contre le massacre humanitaire imposé au peuple grec – notamment aux secteurs les plus vulnérables : les plus pauvres, les vieillards, les enfants et les femmes –, et, de l’autre, ceux qui suivent les diktats du marché.

La centralité du marché a été imposée il y a déjà plusieurs décennies. On est revenu au culte selon laquelle la main invisible de la loi de l’offre et la demande doit régir les destinées de l’humanité.

Cette invention néolibérale sert de prétexte pour amener les gens à renoncer à prendre en main leur destin. Il suffirait que chacun cherche à satisfaire ses besoins individuels pour que, comme par magie, il se produise non seulement un progrès mais une redistribution adéquate et juste des richesses !

Ce compte de fée qui avait déjà confronté l’humanité à sa pire crise économique, en 1929, est revenu comme par enchantement pour réordonner un monde perturbé par les interventions de l’État et d’autres facteurs telles que des questions realatives aux droits et à la souveraineté. La logique des marchés par rapport aux besoins gens : tel est l’enjeu majeur des discussions entre le gouvernement grec et les technocrates de la Troïka.

L’humanité peut-elle assister passivement à ces négociations, où l’on cherche à faire passer le pouvoir de l’argent plutôt que la volonté de la population grecque, déjà meurtrie par une austérité aveugle. Jusqu’à quand certains gouvernements s’arrogeront-ils le droit de parler au nom de l’humanité alors qu’ils cherchent à imposer les intérêts du capital spéculatif à 99% des gens ?

Pour leur part, les médias tentent de faire passer cette manœuvre pour une confrontation entre la rationalité économique et le gaspillage des gens. Les partisans de l’austérité parlent comme s’ils représentaient un modèle à succès qui a sorti leurs pays de la récession, qui a réduit la pauvreté et l’exclusion sociale avec des gouvernements jouissant d’un grand soutien populaire.

Cependant, ils ne sont pas parvenus à sortir l’une des régions les plus riches du monde – l’Europe – d’une crise profonde et durable avec leurs recettes qui peuvent se résumer de la manière suivante : de l’austérité, encore de l’austérité, toujours de l’austérité !

Par contre, plusieurs gouvernements d’Amérique latine, après avoir enduré la crise de la dette, des dictatures et les gouvernements néolibéraux les plus zélés, sont parvenus à relancer la croissance économique, à réduire les inégalités et à rétablir une stabilité politique. C’est aussi ce qui pousse la Grèce à résister aux attaques prédatrices du capital spéculatif.

Ce n’est pas davantage d’austérité dont la Grèce et tous les pays en crise ont besoin, mais d’un accord national pour relancer le développement, avec la création d’emplois et une distribution de la rente. Pour ce faire, elle n’a pas à regarder vers Berlin, mais vers l’Amérique latine.

Pour en finir avec le califat du marché avant qu’il ne détruise ce que l’Europe a construit de mieux : son « État de bien-être social » (Tiré de Rebelion)