
« LES États-Unis voient s’effriter de jour en jour le peu de respect dont jouissait autrefois leur politique internationale. La propagande étasunienne devient de plus en plus infantile. Toute personne raisonnable et un tant soit peu informée ne peut que s’étonner devant le flot de déclarations ridicules, trompeuses, mensongères et absurdes déversées par les hauts fonctionnaires de Washington », signale l’expert en géopolitique Steven MacMillan, éditeur de la revue The Analyst Report, dans un article dans l’édition électronique de New Eastern Outlook.
L’un des derniers et plus récents épisodes de ce phénomène s’est produit lorsque le président des États-Unis, Barack Obama, a qualifié les frappes aériennes russes en Syrie de « contre-productives », estimant que ces attaques « ne font que renforcer l’État islamique ».
« Nous avons besoin de l’opposition modérée au gouvernement syrien pour obtenir un jour une transition politique, et la politique russe est en train d’anéantir ces forces et de créer une situation dans laquelle elles sont privées de leur capacité d’agir, ce qui ne fait que renforcer l’État islamique », a déclaré le président Obama.
La réalité, c’est que les raids aériens de la Russie ont sérieusement affaibli l’État islamique et d’autres forces terroristes en Syrie, en détruisant des hangars militaires et autres dépôts d’armes et de munitions, ainsi que plusieurs camps d’entraînement, entre autres objectifs clés et obligeant plusieurs de ces organisations à évacuer les agglomérations dans lesquelles elles étaient retranchées.
Si l’on compare ces résultats avec ceux de la campagne lancée par la coalition emmenée par les États-Unis, les bombardements de la Russie en Syrie ont balayé les mythes sur l’utilité de leurs frappes, qui ont durement touché les troupes de l’État islamique, et déclenché une polémique sur les intentions réelles de la coalition internationale.
La doctrine diplomatique russe, qui repose sur une approche réaliste des relations internationales s’est révélée plus efficace que la position occidentale depuis 2013, lorsque Moscou avait amené le gouvernement syrien à renoncer à son arsenal d’armes chimiques, ce qui évita une invasion à grande échelle de la Syrie par les forces occidentales.
La thèse occidentale selon laquelle il existerait en Syrie des terroristes « modérés auxquels on peut faire confiance » n’est qu’un mensonge éhonté.
En réalité, jamais il n’y a eu de rebelles modérés dans le conflit syrien. Les États-Unis déplorent les attaques des avions russes contre leurs « protégés », comme les salafistes, les Frères musulmans et al-Qaïda en Irak (AQI), qui représentent les principales forces d’opposition en Syrie, comme le confirme un rapport secret récemment déclassifié de l’Agence du Renseignement de la Défense (DIA).
Au lendemain des accusations lancées contre la Russie d’avoir mené des frappes contre des civils en Syrie, Washington a été contraint de reconnaître leur responsabilité dans la frappe aérienne contre un hôpital en Afghanistan, qui a fait 19 morts, dont 3 enfants, et 37 blessés.
Ainsi, même aux États-Unis, les voix réclamant un changement de politique pour faire face à la nouvelle situation sont de plus en plus nombreuses.
Dans un article paru dans le Wall Street Journal, l’ancien secrétaire d’État étasunien Henry Kissinger a soutenu que la déroute de l’État Islamique devrait avoir la priorité sur le changement de régime en Syrie, en ajoutant que l’intervention de la Russie peut aider à rétablir l’ordre au Moyen-Orient, dominé par les pendant 40 ans, sou- lignant que « La destruction du Daech est plus urgente que le renversement de Bachar al-Assad ».
Kissinger a ajouté que, n’en déplaise aux architectes du système en 1973, les États-Unis ont accepté le rôle militaire de la Russie, si bien qu’aujourd’hui il est important de focaliser l’attention sur l’essentiel. Il a ensuite insisté sur la nécessité pour les États-Unis de dialoguer avec d’autres puissances.
Selon Kissinger, les États-Unis doivent finir par comprendre que « la principale préoccupation de Moscou est d’éviter que le renversement du régime d’Al-Assad puisse reproduire le chaos qui s’est installé en Libye, introniser l’État islamique à Damas et transformer la Syrie en un sanctuaire de terroristes qui pourrait s’étendre par la suite à des régions musulmanes en Russie, dans le Caucase et ailleurs ».
« Quoi qu’il en soit, les forces russes sont dans la région et leur participation aux opérations militaires constituent un défi sans précédent à la politique étasunienne au Moyen-Orient », a-t-il signalé.






