DANIEL Scioli, le candidat du Front pour la victoire (FpV) et gouverneur de la région de Buenos Aires, a formulé de nouvelles propositions à l’approche du second tour des présidentielles du 22 novembre en Argentine, tandis que son adversaire le conservateur Mauricio Macri, a lancé sa campagne dans le nord du pays.
Conscient de l’importance de récupérer les voix qui lui ont échappé aux élections du 25 octobre, Scioli a mis en garde contre l’impact négatif des politiques néolibérales prônés par son adversaire de la coalition Cambiemos (Changeons) sur le pays et la population.
Dans ses déclarations à la presse, Scioli a critiqué « la voie des ajustements structurels proposée par la coalition (Cambiemos) avec l’ouverture de l’économie au libre marché, l’ajustement des salaires en fonction de l’inflation et les coupes budgétaires ». Et d’affirmer : « Je souhaite faire de l’Argentine non pas un paradis fiscal mais un paradis productif », et il s’est engagé à réviser chaque retenue de fonds destinés à l’agriculture, à « professionnaliser graduellement l’Institut national des statistiques et du recensement » et à dynamiser les contrôles sur le dollar.
« Ne prenons pas de risques, bornons-nous à ce qui est possible et réel. Je garantis le
réel », a déclaré Scioli devant les médias.
Le candidat du FpV a insisté sur ses huit propositions, à savoir aides sociales, révision des retenues (taxes sur les ventes) aux producteurs agricoles, travailler à une nouvelle loi de coparticipation fédérale et décentralisation et augmentation des ressources destinées aux provinces.
À ces initiatives s’ajoutent l’encouragement de l’épargne en dollars, un taux de remplacement de 82% pour les retraités. Par ailleurs, il a promis que s'il était élu, les salariés touchant moins de 30 000 pesos nets par mois (soit un peu moins de 3000 euros) seraient exemptés d'impôt sur le revenu, et de créer des fonds urbains pour les centres métropolitains comme le Grand Rosario et le Grand Cordoba.
Concernant le trafic de drogue, un sujet sensible en Argentine, notamment dans la province de Buenos Aires, il a promis de renforcer les frontières du pays avec des effectifs des forces de sécurité et de l’armée afin d’endiguer ce fléau.
Pour sa part, à la suite de ses brèves vacances à Tandil, Mauricio Macri s’est réuni avec son équipe de campagne, qu’il a appelée à « mettre les bouchées double à l’approche du second tour ».
Dans son agenda populiste, il exhorte à atteindre « le rêve de récupérer l’emploi dans chaque recoin du pays, d’en finir avec la pauvreté et de faire en sorte que les Argentins travaillent unis ».
Cependant, il n’a pas précisé comment il entendait matérialiser ces promesses.
À l’issue du premier tour, le 25 octobre Scioli a totalisé près de 37% des voix, contre 34% pour Mauricio Macri, mais le FpV a essuyé un rude coup avec la perte du gouvernement de la province de Buenos Aires.
Par ailleurs, les deux candidats sont à la chasse aux voix et convoitent notamment les celles du candidat arrivé en troisième position, Sergio Massa (21,34%).
Certains bruits courent selon lesquels le Parti justicialiste pourrait convoquer à l’union des péronistes dans le cadre d’une alliance regroupant divers courants.
Et un nombre croissant d’Argentins, y compris d’opposants de centre-gauche, commencent à être angoissés par la perte éventuelle des droits et des avancées acquises si Macri et son équipe néolibérale s’installaient à la Casa Rosada, le siège de la présidence.






