ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Des milliers d’Équatoriens s’étaient donnés rendez-vous devant le siège d’Alianza País pour attendre les résultats officiels. Photo: AFP

Le candidat de la coalition Alianza Pais, Lenin Moreno, a remporté le premier tour des élections présidentielles du 19 février en Équateur, se positionnant ainsi comme le grand favori pour succéder à Rafael Correa au Palais de Carondelet.

Après le dépouillement de 100% des bulletins, le candidat d’Alianza País était crédité de 39,35% des suffrages.

Rappelons que selon la loi électorale équatorienne, un candidat peut être élu au premier tour s'il recueille plus de 50% des voix, ou si étant arrivé en tête il obtient plus de 40% des voix avec un écart de plus de 10% par rapport au candidat arrivé deuxième.

Guillermo Lasso, son principal rival de droite, avec 28,11% des suffrages, se rapproche suffisamment pour forcer un deuxième tour et éviter l’écart de 10% qui aurait assuré la victoire du candidat d’Alianza País.

Plus de 12 millions d’Équatoriens se sont rendus aux urnes pour choisir un président, un vice-président, les membres de l’Assemblée nationale (137 sièges), 5 représentants pour le Parlement andin, et se prononcer en référendum sur l'interdiction des placements dans les paradis fiscaux pour les fonctionnaires.

Le président du Conseil national électoral (CNE), Juan Pablo Pozo, s’est félicité du succès de la nouvelle plateforme électorale qui a permis de décompter à la minute près les résultats après la fermeture des urnes.

Pozo a signalé que le CNE a évité de divulguer les chiffres d’un décompte rapide, qu’il considère « irresponsable » en raison du caractère serré des élections et de la marge d’erreur que ce choix implique.

Quoi qu’il en soit, la victoire de Moreno à ce premier tour traduit le soutien du peuple équatorien à la continuité du projet économique et social dirigé par Rafael Correa, qui a changé le visage du pays malgré les crises économiques et les catastrophes naturelles

Le président Rafael Correa félicitant le candidat présidentiel Lenin Moreno. Photo: Andes

L’ancien vice-président de la République – il avait également été nommé envoyé spécial de l’ONU sur le handicap et l’accessibilité – apparaît donc en position idéale pour remporter le second tour prévu le 2 avril prochain et prendre le témoin tendu par Correa, qui aura présidé pendant près de dix ans aux destinées de la nation.

Depuis un hôtel de la capitale, Lenin Moreno a qualifié le leader de la Révolution citoyenne Rafael Correa de légende qui a dirigé un pays avec dignité, honnêteté, transparence et intelligence.

Il a remercié le peuple et a promis, en cas de victoire, de rendre leur dignité aux secteurs les plus vulnérables de la société. Il a dit qu’il avait la main tendue « à quiconque est prêt à œuvrer en faveur des grands objectifs nationaux ».

Lors du coup d’envoi des élections à la Cima de la Libertad (théâtre de la bataille de Pinchincha, le 24 mai 1822), le président Correa avait invité les Équatoriens à se rendre aux urnes pour voter pour leur avenir.

« Je quitterai le gouvernement en paix et avec la conviction d’avoir fait tout mon possible pour servir mon peuple et la Grande patrie, l’Amérique latine et les Caraïbes, mais aussi conscient de l’urgence de tout ce qui reste à faire », a-t-il indiqué. Et d’enchaîner : « Il nous reste encore beaucoup de choses à faire pour atteindre la démocratie réelle en matière de justice, d’inclusion sociale et d’égalité de chances pour tous ».

« Après dix ans de Révolution citoyenne, le peuple retourne aux urnes pour la onzième fois, ce qui en dit long sur la consolidation de notre démocratie. Il n’y a plus de place pour les obscurs partages du pouvoir. Nous avons eu onze ans d’élections propres et reconnues à l’échelle mondiale, y compris pour appeler à une assemblée constituante et pour une consultation en vue de l’adoption de la nouvelle Constitution du pays », a dit Correa cité par l’agence AVN.

Au terme d’un premier bilan, les observateurs internationaux ont souligné l’organisation et la participation citoyenne à ce scrutin pour choisir le président, le vice-président, les membres des assemblées nationale, provinciales et les parlementaires andins.

L’agence Andes a rapporté qu’au terme de la journée, le Conseil national électoral (CNE) faisait état d’un taux de participation de 81,13% et une abstention d’à peine 18,7%.

Hugo Picado, représentant de l’Union interaméricaine des organismes électoraux (Uniore), s’est déclaré « franchement impressionné » par le niveau de participation.

Plus de 300 observateurs internationaux se sont rendus dans l’ensemble du pays pour observer le déroulement de ces élections.

Dans la matinée, l’organisme électoral avait annoncé que 21% des bureaux de votes étaient placés sous observation internationale. Au total, quatre organismes électoraux internationaux étaient présents sur place.