ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Le président Nicolas Maduro a exprimé sa gratitude pour la solidarité des peuples lors des élections de l’Assemblée constituante. Photo: AVN

CARACAS.— Malgré le boycott de la droite et les manœuvres internationales visant à discréditer le processus démocratique vécu par le Venezuela le 30 juillet, l’Assemblée constituante est issue d’une vaste légitimité populaire, avec pour mission de remettre le pays sur la voie de la paix, selon des autorités bolivariennes.

Peu après minuit, après l’émission du premier bulletin des résultats du scrutin, le président Nicolas Maduro a livré ses impressions sur ce qu’il a qualifié de « journée historique pour le Venezuela ».

Dans son intervention, Maduro a signalé que le peuple vénézuélien a donné une leçon de courage et de détermination en participant aux élections malgré les menaces d’agents qui prétendaient le priver de son droit de vote.

Ce mécanisme, a-t-il dit, « non seulement est pourvu d’une force constituante nationale, mais il possède la force de légitimité, la force morale d’un peuple qui, faisant preuve d’héroïsme dans des conditions de guerre, s’est rendu aux urnes pour dire : nous voulons la paix, la tranquillité ».

UN VOTE HISTORIQUE

Le président vénézuélien a souligné que les élections du 30 juillet ont constitué l’une des plus grandes votations obtenues par la révolution bolivarienne au cours des 18 dernières années.

Selon le premier bulletin du Conseil national électoral, émis le dimanche dernier, 8 089 320 citoyens ont voté aux élections de la Constituante, pour un taux de participation de 41,5%.

En guise de comparaison, signalons qu’aux élections législatives de 2015, la coalition d’opposition et de droite MUD (Table d’unité démocratique) avait obtenu 7,7 millions de suffrages pour ses différents candidats à l’Assemblée nationale.

Lors du référendum révocatoire en 2004, 5,8 millions de Vénézuéliens s’étaient prononcés pour que le leader bolivarien conserve son poste, contre 3,9 millions qui réclamaient son départ du pouvoir.

La réélection de Chavez en 2012 attira le plus grand nombre d’électeurs, lorsqu’il obtint 8,1 millions de voix face à l’opposant de droite Enrique Capriles, qui en rassembla un peu plus de 6 millions.

Le chef de Stratégie et de Propagande du Commando de Campagne constituante Zamora 200, Jorge Rodriguez, a indiqué quant à lui qu’avec les résultats de la Constituante, le chavisme récupère sa votation historique.

LES OBJECTIFS DE L’ASSEMBLÉE

Le président Nicolas Maduro a annoncé dans la nuit du 31 juillet certains des pas à franchir par l’Assemblée dès l’entrée en fonction de l’Assemblée.

Il a précisé que la principale mission de cet organe sera de consolider un système pour rendre hommage et justice aux victimes de la violence de l’opposition, comme une manière de l’éradiquer.

« Cette Constituante a pour but de restaurer l’ordre, rendre la justice et défendre la paix », a déclaré le chef d’État, qui a ajouté que cette nouvelle phase de bolivarianisme comportera de nouvelles tâches dans les domaines économique, politique et culturel ; une nouvelle attitude, des conduites et des méthodes nouvelles pour en finir avec la corruption et encourager l’organisation populaire.

« Serrons les rangs pour que l’Assemblée soit l’espace de dialogue national de tous les Vénézuéliens, des gens honnêtes qui souhaitent la paix, des gens sincères », a affirmé Maduro.

Nicolas Maduro, qui comparaîtra de devant l’Assemblée nationale pour reconnaître le Pouvoir originaire du peuple, a également exprimé sa gratitude pour les témoignages de solidarité de divers peuples du monde dans la démarche constituante.

LE BOYCOTT DE L’OPPOSITION

L’opposition vénézuélienne n’a pas reconnu les résultats des élections du dimanche et a contesté les chiffres officiels de participation, a rapporté l’agence EFE.

Le président du Parlement, l’opposant Julio Borges, a signalé dans une interview pour la chaîne privée Globovision que le Venezuela s’est réveillé « plus divisé » à l’annonce des résultats par le Conseil national électoral, ajoutant que le taux officiel de participation « n’est pas crédible ».

Cependant, Borges n’a apporté aucune preuve pour étayer ses déclarations, les chiffres ayant été reconnus par les organismes internationaux.

L’agence Prensa Latina a fait remarquer que le Conseil d’experts électoraux en Amérique latine (Ceela) a souligné la consolidation, la fiabilité et la transparence du système électoral vénézuélien, dans un communiqué rendu public dans cette capitale à l’issue des élections de l’Assemblée constituante.

Au nom du Ceela, Nicanor Moscoso a affirmé que « la solidité du système de vote est reconnue par le peuple électeur dans le pays, qui s’est rendu massivement aux urnes ».

RÉACTIONS INTERNATIONALES

Le gouvernement du Nicaragua a salué la journée électorale historique en République bolivarienne du Venezuela. Dans un communiqué de presse, le gouvernement du président Daniel Ortega, et la vice-présidente Rosario Murillo, ont mis en exergue la défense au Venezuela, par la voie des urnes, du « droit à l’autodétermination, à la paix et à la dignité de nos peuples », selon une information parue dans le site 19digital.

Pour sa part, le président bolivien Evo Morales a félicité le peuple vénézuélien pour sa participation aux urnes pour l’élire son Assemblée constituante.

Il a affirmé que la « vocation démocratique », de cette nation d’Amérique du Sud garantit l’unité du pays, et que « le vote vaut plus que les balles », signale l’agence DPA.

« Nous déplorons de constater que non seulement les forces de l’opposition ont ignoré l’appel à participer aux élections, mais qu’elles ont tenté de les empêcher par des affrontements qui causé des victimes humaines », a affirmé le ministère russe des Affaires étrangères, selon l’agence Notimex.

Par contre, les États-Unis, l’Espagne et plusieurs gouvernements latino-américains refusent de reconnaître le processus démocratique vécu par le Venezuela. Parmi les pays de la région qui contestent les résultats figurent le Mexique, l’Argentine, le Costa Rica, la Colombie, le Panama, le Paraguay et le Guatemala.

Un éditorial du quotidien mexicain La Jornada fait remarquer que, loin de contribuer à la détente, l’immixtion dans les affaires intérieures du Venezuela aggrave le climat d’affrontement et attise des actions de plus en plus violentes de la part de l’opposition.

Dans son éditorial du lundi, le journal affirme que, pour comble, les pratiques d’ingérence traduisent « un manque indéniable d’autorité », de la part des États-Unis et de leurs alliés dans la cause anti-vénézuélienne.

La Jornada ajoute que ces gouvernements ne constituent pas des exemples de démocratie, de respect des droits de l’Homme ni de la légalité. « Aucun d’entre eux ne passerait un examen un tant soit peu exigeant en la matière ». (Rédaction internationale)