ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Cubaminrex

(Traduction de la version sténographique du Conseil d’État)

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,

Je tiens à vous confirmer que Cuba continuera d'appuyer votre travail à la tête du secrétariat de l’Organisation des Nations Unies comme garante et défenseur de la paix internationale.

Messieurs les chefs d’État et de gouvernement,

Chères déléguées et délégués,

J'adresse mes condoléances sincères aux proches des personnes décédées et aux sinistrés, et j’exprime la disposition de mon pays a accroitre sa coopération, selon ses modestes possibilités, aux peuples et gouvernement frères de la Dominique et d'Antigua-et-Barbuda, des petites îles qui ont souffert de terribles destructions ; de la République dominicaine, de Porto Rico, de Saint-Martin, des Îles Vierges et d'Anguila, à  la suite du passage des cyclones Irma et Maria.

J'appelle la communauté internationale à donner la priorité requise et à mobiliser des ressources afin d'aider les petits États et territoires insulaires des Antilles qui viennent d'être dévastés.

Que le peuple et le gouvernement mexicains, notamment les proches des victimes et les sinistrés des deux séismes, reçoivent les plus profonds sentiments de solidarité de la part de Cuba.

J'adresse aussi nos sentiments de regret au peuple étasunien, nos condoléances sincères aux familles des personnes décédées et notre vive sympathie à toutes les personnes touchées.

Monsieur le Président,

Je vous apporte le témoignage du peuple cubain qui consent d'énormes efforts pour relever le pays des graves dégâts que le cyclone Irma a causés aux logements, à l’agriculture, au réseau électrique et à d'autres secteurs. Malgré les mesures de prévention importantes prises par le pays, dont l’évacuation de plus de 1,7 million de personnes, et la coopération totale des citoyens, nous devons regretter la mort de dix personnes.

Les gros dégâts causés à des services et les pertes de biens sociaux et personnels, les privations occasionnées aux familles par de longues heures sans électricité ou sans eau courante ont resserré l’unité et la solidarité de notre peuple noble et héroïque.

Des scènes émouvantes de secouristes se sont répétées, comme celle d’un secouriste remettant une fillette sauvée à sa maman, d’un jeune garçon récupérant des ruines un buste de Marti, d'étudiants aidant des familles qu’ils ne connaissaient pas, des membres des forces armées et du ministère de l’Intérieur s'attelant aux travaux les plus durs, des dirigeants locaux à la tête des tâches les plus difficiles.

Le président Raul Castro a lancé, depuis la zone la plus dévastée, un « appel à notre peuple combatif », dans lequel il a affirmé, entre autres : « Ce furent des journées très difficiles pour notre peuple qui, en quelques heures a vu tout ce qui a été construit au prix d'efforts a été frappé par un cyclone dévastateur. Les images de ces dernières heures sont éloquentes, tout comme l’est l’esprit de résistance et de victoire de notre peuple qui se relève face à chaque adversité. »
Au nom du peuple et du gouvernement cubains, j’adresse mes profonds remerciements aux nombreux gouvernements, parlements, organisations internationales et représentants de la société civile pour leurs vives démonstrations de solidarité et d'affection.

Je vous exprime aussi notre profonde gratitude pour les différentes offres d'aide que nous avons reçues.
Monsieur le Président,

Je garde en mémoire le souvenir vif et ému de la présence imposante et des idées d'une actualité extraordinaire exprimées par le commandant en chef de la Révolution, Fidel Castro Ruz, devant cette Assemblée. Au nom de notre peuple et de notre gouvernement, je remercie ceux qui nous ont adressé de tous les confins du monde leurs sentiments de respect, d'affection et d'admiration.

Monsieur le Président,

Mardi dernier, le président Donald Trump est venu pour nous convaincre que l'un de ses objectifs est de promouvoir la prospérité des nations et des personnes.

Or, dans le monde réel, huit hommes détiennent, à eux seuls, autant de richesses que 3,6 milliards d'habitants qui représentent la moitié la plus pauvre de la population mondiale. En matière de revenus, 69 des 100 plus grosses entités du monde sont des sociétés transnationales, et non des pays, alors que les dix plus grandes entreprises au monde affichent un chiffre d'affaires supérieur aux revenus cumulés de 180 pays.

700 millions de personnes vivent dans l’extrême pauvreté ; 21 millions de personnes sont victimes de travail forcé ; 5 millions d'enfants de moins de cinq ans sont morts en 2015, essentiellement de maladies évitables ou curables ; 758 millions d'adultes sont analphabètes.

Environ 815 millions de personnes souffrent de faim chronique, soit des dizaines de millions de plus qu'en 2015 ; 2 milliards sont sous-alimentées. Même si l’on revenait au rythme précaire de réduction de ces dernières années, 653 millions de personnes continueront d’être sous-alimentées en 2030, ce qui ne suffirait pas à éliminer la faim d'ici à 2050.

On compte 22,5 millions de réfugiés. Les tragédies humanitaires associées aux flux de migrants, dont le nombre s’accroît, ne cessent de s’aggraver du fait d'un ordre économique et politique international manifestement injuste.

La construction de murs et de barrières, les lois et les mesures adoptées pour bloquer les vagues de réfugies et migrants se sont avérées à la fois cruelles et inefficaces. Des politiques discriminatoires et xénophobes prolifèrent, qui violent les droits humains de millions de personnes, sans pour autant régler les problèmes du sous-développement, de la pauvreté et des conflits, principales causes des migrations et des demandes d'asile.

Les dépenses militaires se chiffrent à 1,7 billion de dollars. Une réalité qui dément ceux qui arguent que les ressources manquent pour en finir avec la pauvreté.

Cependant, le Programme de développement durable à I'horizon 2030 ne dispose pas de moyens d'application à cause de l’égotisme et du manque de volonté politique des États-Unis et d'autres pays industrialisés.

Quelle est la recette miraculeuse que nous recommande le président Trump, faute des flux financiers du Plan Marshall ? Qui apportera les ressources pour ce faire ? Comment cela peut-il se concilier avec l’idée du président Reagan, voilà des décennies, et celle de Trump aujourd’hui, à savoir  celle d’« America First » ?

Donald Trump ignore ou dénature l’Histoire, et nous présente une chimère comme objectif. Les modèles de production et de consommation propres au capitalisme sont intenables et irrationnels, et conduisent inexorablement à la destruction de l’environnement et à la fin de l’espèce humaine.

Peut-on, par hasard, oublier les conséquences du colonialisme, de l’esclavage, du néocolonialisme et de l’impérialisme ?
Peut-on présenter les décennies de dictatures militaires sanguinaires en Amérique latine comme des exemples de capitalisme réussi ?

Quelqu’un connaît-il des recettes de capitalisme néolibéral mieux appliquées que celles qui ont détruit les économies latino-américaines dans les années 80 ?

II est indispensable et urgent que les Nations Unies travaillent à I'instauration d'un nouvel ordre économique international participatif, démocratique, équitable et inclusif, et a une nouvelle architecture financière qui tiennent compte des droits, des besoins et des particularités des pays en développement et des asymétries existant en matière de finances et de commerce mondial, fruit de siècles d'exploitation et de pillage.

Les pays industrialisés en ont le devoir moral et la responsabilité historique, et ils disposent pour ce faire des ressources financières et technologiques suffisantes.

Même les pays riches ne connaîtront pas la prospérité qu'on nous annonce, si on ne met pas un frein aux changements climatiques.

Cuba regrette la décision du le gouvernement des États-Unis, principal émetteur de gaz à effet de serre de la planète, de retirer son pays de I'Accord de Paris.

En 2016, pour la troisième année consécutive, les records de hausse de la température mondiale moyenne ont été battus, ce qui confirme que les changements climatiques menacent la survie de I’Humanité et le développement durable de nos peuples.

Nous réitérons notre solidarité avec les petits pays insulaires en développement, notamment ceux des Caraïbes et du Pacifique, qui sont les plus touchés par les changements climatiques et pour lesquels nous réclamons un traitement juste, spécial et différencié.

Nous soutenons également l’idée d’un attention prioritaire aux besoins de l’Afrique sub-saharienne.

Monsieur le Président,

Le gouvernement des États-Unis est venu nous dire que, de pair avec la prospérité, les deux autres « beaux piliers » de I'ordre mondial sont la souveraineté et la sécurité.

Il est de la responsabilité de tous de préserver l’existence de l’espèce humaine face à la menace que représentent les armes nucléaires. L'adoption historique et la signature, dans le cadre de cette Assemblée, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, qui proscrit l’existence, I'utilisation et la menace d'utilisation de ces armes, capables d'annihiler l’espèce humaine, a constitué une contribution importante à la concrétisation de cet objectif.

Les États-Unis se sont opposés farouchement à ce traité. Ils ont annoncé qu'ils emploieront 700 milliards de dollars en dépenses militaires et mettent au point une doctrine nucléaire et militaire extrêmement agressive, basée sur la menace du recours à la force ou sur son utilisation.

Des pays membres de I'OTAN portent atteinte à la paix et à la sécurité internationales et au Droit international, en fomentant des interventions militaires et des guerres non conventionnelles dans des États souverains.

Comme le signalait le commandant en chef de la Révolution cubaine, Fidel Castro : « que cesse la philosophie du pillage, et la philosophie de la guerre disparaîtra. »

L'application de mesures illégales de coercition unilatérales et le recours à des instruments financiers, judiciaires, culturels et communicationnels pour déstabiliser des gouvernements et denier le droit des peuples à l’autodétermination sont devenus quotidiens.

La militarisation du cyberespace et l’utilisation secrète des technologies de I'information et des télécommunications pour attaquer d'autres États se renforcent, tandis que plusieurs pays développés s'opposent fermement à l'adoption de traités internationaux qui règlementeraient la coopération en vue d'instaurer un cyberespace sûr.

Le président étasunien manipule les concepts de souveraineté et de sécurité à son bénéfice exclusif et au détriment de tous, même de ses alliés.

La tentative de recourir à la menace militaire ou à la force pour enrayer la tendance mondiale irréversible à la multipolarité et au polycentrisme engendrera de graves dangers à la paix et à la sécurité Internationales qu'il faut défendre et préserver grâce à la mobilisation de la communauté Internationale.

Les principes de l’égalité souveraine, du respect de l’intégrité territoriale et de la non-ingérence dans les affaires intérieures des États doivent être respectés. La Charte des Nations Unies et le Droit international ne sauraient être réinterprétés.

La réforme des Nations Unies doit se proposer comme objectif principal que cette instance réponde aux besoins pressants des peuples et des grandes majorités sans ressources. Le multilatéralisme doit être protégé et renforcé face aux intérêts impérialistes de domination et d'hégémonie.

La démocratisation du Conseil de sécurité, tant dans sa composition que dans ses méthodes de travail, est un objectif incontournable.

Le renforcement de l'Assemblée générale, et la restitution des fonctions qui lui ont été usurpées, s'avèrent indispensables.
Monsieur le Président,

Le « patriotisme» invoqué dans le discours du président des États-Unis est une perversion de l’humanisme, l’amour et la loyauté envers la patrie, de l’enrichissement et de la défense de la culture nationale et universelle. II incarne une vision exceptionnaliste et suprématiste d’une ignorance intolérante face à la diversité des modèles politiques, économiques, sociaux et culturels.

Dans les pays développés, la perte de légitimité des systèmes et des partis politiques s’accentue, I'abstention s'accroît. La corruption légale et illégale fait des métastases, comme on peut le constater dans le cas extrême des « intérêts spéciaux » ou dans les paiements versés par des transnationales en échange de bénéfices, dans le pays qui dépense le plus en campagnes électorales et où, paradoxalement, un candidat peut être élu en ayant obtenu moins de voix que son adversaire ou gouverner avec un soutien minime des électeurs.

On assiste à un recours croissant et insolite à la science et à la technologie pour exercer I’hégémonie, mutiler les cultures nationales et manipuler la conduite humaine, comme c'est le cas de I'utilisation politique et publicitaire desdits « big data » ou de la psychométrie. Sept consortiums occidentaux contrôlent étroitement ce qui se lit, se voit ou s'écoute sur la planète ; le monopole des technologies prévaut ; la gouvernance des réseaux numériques est de nature dictatoriale et discriminatoire et, en dépit des apparences, la fracture numérique ne cesse de se creuser entre pays riches et pays pauvres.

On réduit les opportunités et on viole systématiquement les droits des jeunes, des migrants et des travailleurs.
Avant-hier, Michael Pence, le vice-président des États-Unis, a affirmé devant le Conseil de sécurité, faisant preuve d’une méconnaissance absurde de ses fonctions et avec la prétention d’établir de nouvelles prérogatives, que cet organe devrait modifier la composition et les méthodes du Conseil des droits de I'Homme, qui « ne mérite pas son nom », a-t-il dit, « car une majorité évidente de ses membres ne respectent même pas les principes les plus élémentaires des droits de I'Homme ». Je suppose que M. pence n’inclut pas dans ce cas son propre pays, qui le mériterait au vu des violations systématiques des droits humains qu’il commet, comme le recours à la torture, I’arrestation et la privation de liberté arbitraires, comme cela se passe sur la base navale de Guantanamo, I'assassinat d'Afro-Étasuniens par la police, la mort de civils innocents causée par ses troupes, la xénophobie et la répression des immigrants, y compris des mineurs, et son adhésion réduite aux instruments internationaux.

Monsieur le Président,

Nous réaffirmons notre plus ferme condamnation du terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, et nous rejetons le deux poids deux mesures dans la lutte contre ce fléau.

La recherche imprescriptible d'un règlement juste et durable du conflit au Moyen-Orient repose sur I'exercice du droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination et à disposer d’un État libre et Independent, dans les frontières d’avant 1967 et avec Jérusalem-Est pour capitale.

La question du Sahara occidental exige un effort en accord avec les résolutions des Nations Unies, afin de garantir au peuple sahraoui l’exercice de l’autodétermination et le respect de son droit légitime de vivre en paix sur son territoire.
Cuba réaffirme son appui à la recherche d'un règlement pacifique et négocié de la guerre en Syrie, sans ingérence extérieure et dans le respect absolu de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.

Les menaces à la paix et à la sécurité Internationales s'aggravent du fait du renforcement de la présence de I'OTAN aux frontières de la Russie. Nous réitérons à nouveau notre rejet des sanctions injustes imposées unilatéralement à ce pays.
Nous demandons le respect de I'accord nucléaire signé avec la République islamique d'Iran.

Nous rejetons la menace de détruire complètement la République populaire démocratique de Corée, habitée par 25 millions de personnes. La guerre n'est pas une option dans la péninsule coréenne, car elle menacerait des centaines de millions de personnes dans ce pays et dans les pays voisins, et mènerait à une conflagration nucléaire aux conséquences incalculables. Seuls le dialogue et les négociations peuvent conduire à un règlement politique durable qui doit tenir compte des inquiétudes légitimes de toutes les parties impliquées. Nous appuyons la dénucléarisation totale de la péninsule coréenne, sans ingérence étrangère et dans le respect absolu de l’égalité souveraine et de l’intégrité territoriale des États, ainsi que du principe du non-recours à la force ou à la menace de la force.

Monsieur le Président,

De nouvelles menaces pèsent aujourd'hui sur la paix et la stabilité de I’Amérique latine et des Caraïbes, en violation flagrante de la « Proclamation de l’Amérique latine et des Caraïbes comme Zone de paix », signée en janvier 2014 à La Havane par les chefs d'État ou de gouvernement de la région, au Deuxième Sommet de la Communauté des États latino-Américains et caribéens (CELAC).

Je réitère ce qu'a affirmé le président Raul Castro Ruz à propos de la République bolivarienne du Venezuela le 14 juillet dernier :

« L'agression et la violence putschistes contre le Venezuela font du tort à toute Notre Amérique et ne favorisent que les intérêts de ceux qui s'acharnent à nous diviser pour exercer leur domination sur nos peuples, sans se soucier de déclencher des conflits aux conséquences incalculables dans cette région, comme ceux auxquels nous assistons a différents endroits du monde.

«Nous lançons une mise en garde sur le fait que ceux qui prétendent aujourd'hui renverser par des voies inconstitutionnelles, violentes et putschistes la Révolution Bolivarienne et chaviste, assumeront une grande responsabilité envers l'Histoire. »

Nous rejetons énergiquement la menace militaire proférée contre le Venezuela, l’ordonnance exécutive le qualifiant de menace à la sécurité nationale des États-Unis et les sanctions unilatérales, injustes et arbitraires que ceux-ci lui appliquent.

Nous réitérons notre solidarité inébranlable avec le peuple et le gouvernement bolivariens et chavistes et avec son union civique et militaire, dirigées par le président constitutionnel Nicolas Maduro Moros.

Nous dénonçons et condamnons le Nica Act, une initiative interventionniste fomentée au Congrès des États-Unis en vue d'imposer un blocus économique au peuple et au gouvernement nicaraguayens auxquels nous réitérons notre appui.

Nous réitérons notre solidarité avec le compagnon Luiz Inacio Lula da Silva, victime de poursuites politiques qui visent à empêcher sa candidature à des élections directes, par inéligibilité judiciaire. Lula, la présidente Dilma Rousseff, le Parti des travailleurs et le peuple brésilien auront toujours Cuba à leurs côtés.

Nous réaffirmons notre engagement historique envers l’autodétermination et l’indépendance du peuple portoricain.

Nous appuyons la revendication légitime de souveraineté de I'Argentine sur les Îles Malouines, Sandwich-du-Sud et Georgie-du-Sud.

Cuba continuera de contribuer, dans toute la mesure du possible, à la demande des parties, aux efforts visant à instaurer une paix stable et durable en Colombie.

Nous maintenons notre engagement de partager nos modestes acquis avec les peuples du Sud, y compris l’engagement des 40 000 coopérants qui prêtent leurs services dans 64 pays pour préserver la vie et la santé des êtres humains.

Monsieur le Président,

Le 16 juin dernier, le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé la politique que suivra son administration vis-à-vis de Cuba, laquelle constitue un recul dans les relations bilatérales et sape les bases que nous avions établies voilà deux ans en vue de progresser vers des rapports d'une nouvelle nature entre nos pays, ou primeraient le respect et l’égalité.

Le gouvernement des États-Unis a décidé de durcir le blocus économique, commercial et financier, en imposant de nouveaux obstacles aux possibilités déjà bien limitées dont disposaient les hommes d'affaires étasuniens pour faire du commerce et des investissements à Cuba, ainsi que des restrictions supplémentaires aux citoyens pour visiter notre pays.
Ces décisions ignorent I'appui de vastes secteurs étasuniens, dont la majorité de l’émigration cubaine, à la levée du blocus et à la normalisation des relations bilatérales. Elles ne satisfont qu'un petit groupe d'origine cubaine installé dans le Sud de la Florida, de plus en plus isolé et minoritaire, qui s’obstine à porter préjudice à Cuba et à notre peuple parce qu'il a choisi de défendre coûte que coûte son droit d'être libre, indépendant et souverain.

Nous dénonçons une fois de plus ces mesures de durcissement du blocus et réaffirmons que toute stratégie qui prétendrait détruire notre Révolution sera vouée à l’échec.

Nous rejetons également la manipulation de la question des droits de I'Homme contre Cuba, qui a certes beaucoup de motifs d’être fière de ses réussites dans ce domaine et n'a de leçons à recevoir ni des États-Unis ni de quiconque.

À ce propos, nous condamnons de la manière la plus énergique les déclarations irrespectueuses, offensives et interventionnistes du président Donald Trump à cette tribune, voilà trois jours, contra Cuba et son gouvernement. Nous lui rappelons que les États-Unis, où des violations flagrantes des droits de I'Homme suscitent une vive inquiétude au sein de la communauté Internationale, n'ont pas la moindre autorité morale pour juger mon pays. Nous réaffirmons que Cuba n'acceptera jamais –  jamais – de conditions ni de diktats, ni ne renoncera à ses principes.

Quant aux prétendus incidents qui auraient concerné des fonctionnaires étasuniens à La Havane, nous affirmons catégoriquement que le gouvernement cubain assume de la façon la plus rigoureuse et la plus sérieuse les obligations que lui impose la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques en ce qui concerne la protection de l’intégrité de tous les diplomates sans exception, dont ceux des États-Unis ; que Cuba n'a jamais commis ni ne commettra d’actions de ce genre ; qu'elle n'a pas permis ni ne permettra que son territoire soit utilisé dans ce but par des tiers.

Les autorités cubaines, en fonction des résultats préliminaires de l’enquête à forte composante technique engagée en priorité à la demande des plus hautes instances de notre gouvernement, laquelle a aussi tenu compte des données apportées par les autorités étasuniennes, ne disposent à ce jour d'aucune preuve qui confirmerait les causes et I'origine des affections à leur santé dont des diplomates étasuniens et leurs familles allèguent avoir été victimes. L’enquête pour éclaircir cette affaire se poursuit et son aboutissement exigera la coopération réelle des autorités étasuniennes. II serait regrettable qu’une question de cette nature soit politisée.

Comme I'a affirmé le président Raul Castro Ruz, Cuba est toujours décidée à continuer de négocier les questions bilatérales en suspens avec les États-Unis, sur la base de l’égalité et du respect absolu de sa souveraineté et de son indépendance, et de poursuivre un dialogue respectueux et la coopération sur des questions d'intérêt mutuel avec le gouvernement étasunien.

Cuba et les États-Unis peuvent coopérer et coexister, à condition de respecter leurs différences et de promouvoir tout ce qui peut être bénéfique aux deux pays et aux deux peuples. Mais on ne peut s’attendre pour autant que Cuba fasse des concessions dans des domaines relevant de sa seule souveraineté et de son indépendance.

Monsieur le Président,

Le peuple cubain ne cessera de réclamer, en toute légitimité, la levée et l’élimination totales du blocus économique, commercial et financier, et continuera de dénoncer la recrudescence de cette politique. Le 1er novembre prochain, Cuba présentera une fois de plus, devant l’Assemblée générale des Nations Unies, son projet de résolution intitulé : « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par le gouvernement des États-Unis d'Amérique ».

Alors que l’inégalité, l’opulence d’un petit nombre et la marginalisation de beaucoup augmentent dans le monde, le peuple cubain continuera de se battre pour instaurer la société la plus juste possible. Nous avancerons d'un pas résolu sur la voie des transformations révolutionnaires, que les Cubaines et les Cubains ont choisie souverainement afin de perfectionner notre socialisme.

Je vous remercie. (Applaudissements)