ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

NATIONS UNIES. — Une fois de plus, et pour la 26e fois consécutive devant l’Organisation des Nations Unies, l'appel lancé par l'Île en faveur de la levée du blocus économique, commercial et financier des États-Unis a été entendu.

Le ministre cubain des Relations extérieures, Bruno Rodriguez, a dénoncé cette politique appliquée par Washington depuis plus d'un demi-siècle comme une violation flagrante, massive et systématique des droits humains des Cubains.

Il a également insisté sur le fait que le blocus viole le Droit international et représente un acte de génocide, parce qu'il recherche l’asphyxie économique d’un peuple et le rendre par la faim et le désespoir.

« Les dommages humains causés par l'application de cette politique sont incalculables. Il n'est pas de famille cubaine ni de service social qui ne souffre des privations et des conséquences du blocus. L'émigration cubaine souffre également de discrimination et de préjugés », a-t-il déclaré.

Selon Bruno Rodriguez, le blocus constitue le principal obstacle au développement économique et social de l'Île et à la mise en œuvre du Plan national, conformément au Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Il s’agit de la principale entrave au développement des relations économiques, commerciales et financières de Cuba avec les États-Unis et le reste du monde, a-t-il dit.

Le ministre a donné lors de la session à l'Assemblée générale des exemples concrets de l'impact de ce siège sur des secteurs clés pour tout le pays, en particulier pour la santé de la population.

Il a affirmé que, selon des calculs rigoureux effectués par des institutions cubaines, les pertes causées par le blocus des États-Unis se sont élevées à 4, 305 milliards de dollars, entre avril 2016 et avril 2017.

Il a également rappelé qu’au mois de juin dernier, le président des États-Unis, Donald Trump, avait annoncé sa politique envers l'Île, centrée sur le durcissement du blocus, comme axe central, en dépit du rejet mondial, y compris dans son propre pays, de cette politique hostile.

« Dans un discours désuet et hostile, typique de la Guerre froide, et face à un auditoire composé, entre autres, de partisans aigris du dictateur Batista, d'annexionnistes et de terroristes, le dirigeant étasunien a repris de vieilles allégations de prétendues violations des droits de l'Homme à Cuba pour justifier le renforcement du blocus », a-t-il poursuivi.

A cet égard, a-t-il dit, Trump n'avait pas la moindre autorité morale pour faire la leçon à Cuba.

« Il préside un gouvernement de millionnaires dont l’objectif est d’appliquer des mesures sauvages contre les familles à faibles revenus et les pauvres de son pays, les minorités et les immigrants. Il suit un programme qui encourage la haine et la division. Il prêche un dangereux exceptionnalisme et un suprématisme, sous couvert de patriotisme, qui engendrera encore plus de violence », a-t-il dit.

Bruno Rodriguez a critiqué d’autres maux de la société étasunienne, qui se sont aggravés sous la nouvelle administration, notamment la corruption de la politique, l'absence de garanties en matière d'éducation, de santé et de sécurité sociale, les restrictions à la syndicalisation et la discrimination de genre.

Par ailleurs, il a estimé qu’il y avait lieu de condamner le recours à la torture, l'assassinat d'Afro-Américains par la police, les civils tués par leurs troupes, le recours aveugle et racialement discriminatoire à la peine de mort, ainsi que la répression et la surveillance des migrants.

Le ministre cubain des Relations extérieures a affirmé devant l'Assemblée générale que son pays ne renoncera jamais à la construction d’une nation souveraine, indépendante, socialiste, démocratique, prospère et durable.

« Nous persévérerons, forts du consensus de notre peuple et de l'engagement patriotique des plus jeunes, dans la lutte anti-impérialiste et dans la défense de notre indépendance, pour laquelle des dizaines de milliers de Cubains sont déjà tombés et pour laquelle nous avons couru les plus grands risques, comme nous l'avons démontré à Playa Giron et face à toutes les menaces », a-t-il affirmé.

Pour conclure, Bruno Rodriguez a appelé la communauté internationale à soutenir le projet de résolution sur la nécessité de mettre fin au blocus des États-Unis.

« Dans la conjoncture actuelle, ce texte revêt une importance particulière face au recul que signifient les actions du nouveau gouvernement des États-Unis contre Cuba », a-t-il déclaré. (PL)