ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Estudio Revolución

Honorable Allen Chastanet, Premier ministre de Sainte-Lucie et président de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale,

Honorable Rene Baptiste, présidente de l’Assemblée de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale,

Son Excellence Monsieur le Dr Didacus Jules, Directeur général de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale,

Chers Chefs de gouvernement,

Illustres dirigeants de l’opposition,

Chers Parlementaires,

Je tiens à exprimer ma gratitude pour votre invitation à visiter l’Assemblée de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale et pour l’occasion de partager avec vous la célébration du 45e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques avec les premiers États indépendants de la Caraïbe, ainsi que pour cette visite à Antigua-et-Barbuda. Je vous assure que la délégation cubaine s’est sentie comme chez elle, et que nous avons ressenti à chaque moment l’affection mutuelle entre nos nations.

Nous apprécions sincèrement le fait que, malgré l’impact dévastateur des phénomènes climatiques extrêmes qui ont frappé récemment nos îles, y compris Barbuda, il ait été décidé de maintenir ces rendez-vous. Nous considérons cette décision comme la confirmation de la fraternité qui nous unit.

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un défi nouveau et urgent, dont dépend la survie même de l’espèce humaine. La lutte contre le changement climatique est une priorité absolue pour toute l’humanité, en particulier pour nos peuples, qui ont subi dans leur propre chair ses effets dévastateurs et sur lesquels pèsent les prévisions les plus sombres en raison de leur situation géographique et de leur grande vulnérabilité face aux catastrophes naturelles extrêmes, comme les ouragans.

Le climat change, avec des effets confirmés sur l’augmentation de l’intensité et du pouvoir de destruction des phénomènes naturels.

Les efforts internationaux pour arrêter et inverser les dommages causés à la planète se sont avérés insuffisants. Le temps pour atténuer cette situation s’épuise.

Il est grand temps de resserrer les rangs et de mener des actions ambitieuses et immédiates pour enrayer la dégradation continue de notre Terre Mère. Si nous n’agissons pas d’urgence, les objectifs que nous nous sommes fixés en 1992 en adoptant la Convention cadre sur le changement climatique resteront lettre morte, et le but que nous nous sommes proposé à Paris pour limiter la hausse moyenne de la température de la Terre à 1,5 degrés Celsius ne demeurera qu’une vaine chimère.

On ne saurait permettre que nos pays soient rasés et que leurs citoyens deviennent des victimes, alors que se poursuit l’irrationalité des modèles de production et de consommation des pays développés, responsables historiques de la dégradation de l’environnement,.

Ces pays sont dans l’obligation de respecter leurs engagements internationaux par le biais d’objectifs ambitieux d’atténuation et de transfert de ressources financières et de technologies nécessaires aux pays en développement, dans le respect absolu de leur souveraineté nationale.

Excellences,

Il est indispensable de promouvoir un environnement international favorable au développement des pays du Sud, notamment des Petits États insulaires en développement.

Les vulnérabilités particulières de nos nations face aux dangers du changement climatique, et l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des catastrophes naturelles constituent un argument irréfutable pour réclamer une stratégie différenciée pour la Caraïbe.

D’où l’importance de la désignation, par les Nations Unies, de la mer des Caraïbes comme une « Zone spéciale dans le contexte du développement durable ».

Dans le domaine de la réduction des catastrophes, qui constitue une mission de premier ordre pour tous, il est impératif de renforcer les capacités nationales et collectives pour faire face aux phénomènes naturels.

Nos nations ont toute la volonté politique d’avancer davantage et mieux dans la préparation et la lutte contre ces événements.

Cet effort exige d’importantes ressources dont nous ne disposons pas, les principaux obstacles étant le sous-développement et l’ordre économique international injuste et égoïste qui en est à l’origine et le perpétue.

Il est indispensable de développer considérablement la coopération internationale et le transfert de ressources, de technologies et de savoirs vers les pays caribéens, afin de renforcer leurs stratégies nationales.

Dans l’esprit de solidarité qui a caractérisé nos relations, les modestes expériences de Cuba dans ces domaines ont été mises à la disposition de plusieurs pays de la région. Par exemple, le modèle cubain des Centres de gestion intégrale des risques de catastrophes est appliqué dans plusieurs pays de la Caraïbe, adapté à leurs réalités spécifiques.

Comme c’est le cas dans plusieurs pays de la Caraïbe, des dizaines de coopérants cubains de la santé travaillent à Antigua-et-Barbuda et à la Dominique après le passage dévastateur des ouragans Irma et Maria.

À ce personnel se sont joints des spécialistes supplémentaires du Contingent international des médecins spécialisés dans la lutte contre les catastrophes et les graves épidémies, Henry Reeve, des sauveteurs, des constructeurs, des techniciens en réseaux électriques, ainsi que d’autres ressources humaines et matériels, en tant que modeste mais utile contribution à la réhabilitation.

Dans le cadre du 6e Sommet Cuba-Caricom, Cuba a présenté une proposition de Programme pour le développement d’une coopération dans le domaine de la réduction des catastrophes et de la lutte contre le changement climatique pour la période triennale 2018-2020, auquel nous espérons que les États membres de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale pourront participer activement.

Je tiens à réaffirmer aujourd’hui la volonté inébranlable de Cuba de continuer de partager avec ses frères caribéens les bénéfices de nos modestes réalisations en matière d’adaptation face au changement climatique et dans la réduction des risques de catastrophes.

Nous assumons cet engagement comme un devoir qui unit les peuples frères. La Caraïbe pourra toujours compter sur Cuba. Il en a toujours été ainsi et cela le restera !

Nous préserverons les principes de respect et de solidarité comme des valeurs essentielles de nos relations.

Pour conclure, j’aimerais vous remercier, tous, pour l’hommage simple et profond qui a été rendu il y a quelques instants au chef de la Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz.

Je vous remercie.