ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

CE fut la chronique d'une décision annoncée. Le juge fédéral Claudio Bonadio a mis en examen l'ancienne présidente Cristina Fernandez de Kirchner, l’accusant d’être à la tête d'une association illicite qui était destinée à exiger et à collecter des pots-de-vin auprès d'hommes d'affaires dans le secteur des travaux publics.

Il est bien connu qu’il ne s'agit pas d'un cas isolé : la soumission politique du pouvoir judiciaire à la droite a pour conséquence des processus judiciaires contre les dirigeants progressistes de la région qui sont truqués à l’avance.

Depuis la fin de la guerre froide, les États-Unis préfèrent garder le contrôle sur l'Amérique latine par des moyens d'apparence « démocratique », bien que la réalité indique qu'ils n'ont rien à voir avec le pouvoir du peuple, mais certes avec l'utilisation des pouvoirs judiciaires et législatifs contre ceux qu’ils trouvent « gênants » afin de les écarter du chemin d’une façon – du moins en apparence – moins autoritaire.

Dilma Rousseff, Fernando Lugo, Cristina Fernandez de Kirchner, Luiz Inacio Lula da Silva, Rafael Correa, Jorge Glas..., tous ont été victimes de cette stratégie qui les immobilise politiquement. Elle fait, avant tout, partie de cette nouvelle tactique de guerre non conventionnelle que l'on appelle aussi le Lawfare [utilisation du droit dans la guerre].

Son objectif : discréditer ces politiciens et les forces politiques qu'ils représentent en les faisant passer pour des criminels de droit commun et en les privant du droit de se présenter aux élections. Il s'agit d'une « guerre juridique » qui se déroule par le biais de l'utilisation illégitime du droit interne ou international dans le but de nuire à l’adversaire, de le paralyser politiquement et financièrement, de l’immobiliser judiciairement pour qu'il ne puisse poursuivre ses objectifs ou présenter sa candidature à une fonction publique.

Au fil des jours, le Lawfare se montre avec de plus en plus d’intensité, accompagnant les forces néolibérales qui élaborent la nouvelle stratégie de combat et de discrédit contre les mouvements politiques de gauche.

La guerre juridique implique un grand recul dans le renforcement institutionnel des pays de la région, elle fait partie du jeu auquel ils veulent nous faire participer, du mensonge qu'ils veulent nous imposer et dans lequel les médias jouent aussi un rôle vital : craignent-ils tant ce qu’a représenté et représentent encore ces hommes et ces femmes politiques qu’ils veulent juger aujourd'hui, sans le moindre respect de leurs droits ni pour l’œuvre collective qu’ils ont accomplie ?

Luiz Inacio Lula da Silva

« Cela ne sert à rien de tenter de stopper mes rêves, parce que quand j'arrêterai de rêver, je rêverai à travers vos têtes et vos rêves. »

Rafael Correa

« En Amérique latine, il n'y a plus seulement des putschs militaires pour remplacer les gouvernants, comme c'était le cas dans le passé, mais il y a maintenant des coups d'État qui cherchent à écarter les groupes progressistes qui ont légitimement obtenu le pouvoir. »

Cristina Fernandez

« C'est la nouvelle stratégie régionale visant à mettre hors jeu les dirigeants, les mouvements et les forces politiques qui ont sorti des millions de gens de la pauvreté. »