ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Prensa Latina

Madame la Présidente,

Je tiens tout d’abord à exprimer mes condoléances aux habitants et aux autorités de la ville de Pittsburgh, de l'État de Pennsylvanie et des États-Unis pour les événements qui se sont produits dans la synagogue Tree of Life, où 11 personnes sont décédées.

Nos condoléances également au peuple et aux autorités indonésiens pour la catastrophe aérienne survenue le 29 octobre et qui a coûté la vie à 189 personnes.

Madame la Présidente,

Excellences, Mesdames et Messieurs les Représentants permanents,

Mesdames et Messieurs les délégués,

Le 25 juin 2018, l’enfant Adam Lopez Macias, âgé de 181 jours, a subi une intervention chirurgicale pour corriger une anomalie congénitale d'inversion des grandes artères du cœur, un problème anatomique qui fait que ces artères sont mal connectées, ce qui mettait sa vie en danger. L'opération a duré 5 heures. Son état délicat, une hypotension subséquente – ou basse tension – et une bradycardie – lenteur du rythme cardiaque – ont obligé à le maintenir, avec son petit sternum ouvert jusqu'au 29e jour, c'est-à-dire pendant 96 heures.

Le blocus empêche les enfants cubains qui souffrent d'un faible débit cardiaque postopératoire, c'est-à-dire d'une insuffisance de sang pompé par le cœur, qui représente la complication la plus fréquente de la chirurgie cardio-pédiatrique, de bénéficier du meilleur traitement, tel que le « Advanced Pediatric Ventricular Support System », produit et protégé par des brevets des sociétés étasuniennes Heart Ware International Inc., dans le Massachusetts et Thoratec Corporation, de Pleasanton.

Comment mesurer la douleur de ce petit garçon et de sa famille ?

Adam s'est rétabli grâce au professionnalisme et au dévouement du personnel de santé cubain et aux efforts de tout un pays.

Le 13 décembre 2017, Rosa Esther Navarro Ramirez, née à 37 semaines de gestation, a subi une opération. Elle avait alors 1 an et 2 mois et souffrait d'un drainage anormal (total) des veines pulmonaires, c'est-à-dire lorsque le sang oxygéné se mélange avec le sang non oxygéné.

Elle souffrit alors d’une fibrillation ventriculaire – battements cardiaques rapides et désordonnés – et elle fut traitée, pendant 27 jours, ce qui causa une angoisse profonde chez les parents, pour une hypertension pulmonaire, c'est-à-dire lorsque la tension sanguine augmente dans les petites artères pulmonaires de la fillette, sans que nous puissions disposer du médicament idéal, l'oxyde nitrique inhalé, qui ne peut pas être obtenu en urgence et transporté par avion, car il est inflammable et explosif, et qu’il exige des conditions particulières pour son transport maritime. Si le blocus n'existait pas, nous pourrions le commander rapidement à une société étasunienne qui produit ce médicamentde même le système avec lequel il est administré : le Datex Ohmeda.

 

Rosita a été sauvée malgré la cruauté de cette politique.

Une jeune fille de Guantanamo, âgée de 13 ans, souffrant d’une tumeur maligne au niveau de la colonne vertébrale, et un garçon de La Havane, de 5 ans, présentant une masse tumorale entre le tronc cérébral et le cervelet (dans la fosse crânienne), dont je ne dois évidemment pas révéler les noms, n’ont pas pu être traités avec le médicament optimal, le Temozolamide, produit aux États-Unis, même si, par chance, ils ont réussi à surmonter la maladie.

La société Illumina est le leader mondial dans le domaine du séquençage de nouvelle génération (NGS) qui garantit le diagnostic le plus précis du cancer et constitue la base de la médecine de précision et du traitement personnalisé des patients. Les fournisseurs de médicaments personnalisés exigent généralement ce type de diagnostic avant de les délivrer.

En 2017, 224 personnes sont mortes à Cuba pour 100 000 habitants, pour ne pas avoir pu bénéficier de ces traitements à cause du blocus.

Au cours de la dernière année, plus de 30 entreprises étasuniennes telles qu’Agilent, Cook Medical et Thermo Fisher Scientific ont refusé de vendre à la compagnie Medicuba des médicaments, des fournitures et du matériel essentiels à notre système de santé ou n'ont pas répondu à ses nombreuses demandes.

Il serait difficile pour une mère dans cette salle ou sur cette planète de ne pas s’émouvoir devant des cas comme ceux que je viens de décrire.

Les dommages humains causés par le blocus, qui constitue un acte de génocide au sens de l'article 2 (B) et (C) de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948, sont incalculables. Il constitue même une violation du Droit international humanitaire en cas de conflit.

On ne peut comptabiliser, Madame la Présidente, les souffrances humaines.

L'objectif du blocus, ancré dans la Guerre froide, n'a pas changé avec le temps.

L’infâme mémorandum classifié du sous-secrétaire d'État Lester Mallory, daté du 6 avril 1960, régit la politique du gouvernement actuel des États-Unis à l'égard de Cuba, lorsqu'il signale : « Il n’existe pas d'opposition politique effective (...) Le seul moyen possible pour lui faire perdre le soutien interne (au gouvernement) est de provoquer le désenchantement et le découragement par l'insatisfaction économique et les pénuries (...) Tous les moyens possibles doivent être mis en œuvre rapidement pour affaiblir la vie économique (...) en refusant à Cuba tout financement et fournitures , dans le but de réduire les salaires nominaux et réels, afin de provoquer la famine, le désespoir et le renversement du gouvernement. »

À titre exceptionnel, nous nous réjouissons de la récente signature, sous une licence spécifique, existante depuis 2016, pour la création d'une entreprise mixte entre l’Agence de commercialisation du Centre cubain d’immunologie moléculaire (CIMAB) et le Rosewell Park Cancer Center, qui permettra la commercialisation aux États-Unis de vaccins thérapeutiques à technologie cubaine contre le cancer de la tête, du cou et du poumon.

Et aussi de la vente à Cuba, sous licence spécifique (de 2017), de 81 000 doses du contraceptif hormonal Mesigyna par une filiale étasunienne du groupe pharmaceutique Bayer.

Par ailleurs, le blocus est le principal obstacle à la circulation de l'information et au plus large accès des Cubains à l'Internet et aux technologies de l'information, en rendant la connectivité dans l'archipel plus difficile et plus coûteuse, en conditionnant l'accès à ses plateformes et technologies et en utilisant le cyberespace pour des actes visant un « changement de régime ».

En outre, le blocus entrave les liens culturels, universitaires, scientifiques, sportifs et de la société civile.

Dans l'exercice de cette politique hostile, le gouvernement des États-Unis, sous des prétextes invraisemblables et répondant à des motivations politiques réelles, ne délivre pas le nombre de visas d'immigrants pour les Cubains, convenu dans les accords migratoires en vigueur ; il rend le regroupement familial, les voyages temporaires des Cubains sur leur territoire plus coûteux et difficiles et restreint les liens familiaux.

Le blocus constitue une violation flagrante, massive et systématique des droits humains des Cubaines et des Cubains, et il a été et demeure un obstacle essentiel aux aspirations au bien-être et à la prospérité de plusieurs générations.

Ces politiques affectent aussi les Cubains résidant aux États-Unis.

Le blocus est également coercitif pour les citoyens des États-Unis, à qui il limite injustement et arbitrairement la liberté de voyager à Cuba, la seule destination qui leur est interdite sur la planète.

Madame la Présidente,

Le gouvernement des États-Unis manipule et politise vulgairement le souhait universel de garantir les droits de l'Homme à tous les citoyens et les Objectifs de développement durable dans les amendements que vous (faisant référence à l'ambassadrice des États-Unis) avez présentés, dans le seul but de fausser la nature et l'objectif de la résolution contre le blocus, que cette Assemblée a approuvée à 26 reprises, afin de fabriquer un prétexte et obtenir une sorte de caution internationale pour continuer de le renforcer, chose que cette Assemblée, madame l'Ambassadrice, ne vous donnera pas.

Un mémorandum éhonté que le Département d’État a fait circuler la semaine dernière parmi les diplomates accrédités (il montre le document), que j'ai en ma possession, reconnaît : « Les amendements que nous avons proposés visent à aborder la raison sous-jacente de l'embargo ».

Plus loin, avec le plus grand cynisme, le Département d'État signale : « L'année dernière, à l'Assemblée, il a été fait une référence directe au fait que l'embargo sape les efforts collectifs visant à mettre en œuvre les Objectifs de développement durable (SDG) ». Le mémorandum ajoute : « Nous vous avons parfaitement entendu, vous, les délégués, loud and clear, haut et fort. Les actions de Cuba menacent clairement ces objectifs et, pour les mettre pleinement en œuvre, nous avons besoin de votre soutien en faveur de ces amendements. » Il s’agit d’un véritable affront à cette Assemblée.

Il est de notoriété publique que l'Ambassadrice des États-Unis et le Département d'État ont peu de respect pour les Nations Unies, le multilatéralisme et cette Assemblée, que Mme l’Ambassadrice a qualifiée de théâtre politique l'année dernière.

Le mémorandum qui vient de circuler est un véritable affront au multilatéralisme, à la décence en politique internationale et à cette grande, universelle et démocratique Assemblée.

Il convient également de noter que le mémorandum utilise le procédé trompeur qui consiste à présenter le texte des amendements comme un texte qui aurait été préalablement convenu, afin d'introduire subrepticement des contenus se référant à un autre sujet, par une autre instance et concernant un autre pays. C'est une fois de plus la pratique du mensonge, de la tromperie et de l'amoralité dans le discours politique.

Ce qui fut le document L.7, avec un seul amendement de 8 paragraphes, a été transformé ensuite en 8 amendements distincts dans le seul but de créer de la confusion, d'abuser du temps et de provoquer de la fatigue à l'Assemblée. Ce n’est qu’un artifice, Madame l'Ambassadrice, malhonnête.

Si le gouvernement des États-Unis veut débattre et voter sur des initiatives relatives aux droits de l'Homme ou aux Objectifs de développement durable, nous sommes prêts à le faire sur-le-champ, dans n'importe quel organe, à tout moment et au titre de n'importe quelle question pertinente de l'ordre du jour.

Nous continuerons d'encourager le dialogue et la coopération en tant que seul moyen de promouvoir les progrès dans l'exercice des droits de l'Homme et nous continuerons de participer activement et de manière constructive au Conseil des Droits de l'Homme, à l'Examen périodique universel et à la coopération avec tous, absolument tous, ses mécanismes universels.

Le gouvernement des États-Unis n'a pas la moindre autorité morale pour critiquer Cuba ou qui que ce soit en matière de droits de l'Homme. Nous rejetons la manipulation récurrente de ces droits à des fins politiques et la politique du double standard qui la caractérise.

Votre gouvernement est responsable de crimes contre l'Humanité. C'est lui qui a utilisé l'arme nucléaire contre la population civile. C'est lui qui met au point des armes d'extermination massive, qui lance maintenant une nouvelle course aux armements, qui perfectionne les armes nucléaires, les armes conventionnelles hautement meurtrières et les armes autonomes, et qui militarise le cyberespace et l'espace ultraterrestre.

Votre gouvernement a installé des dictatures militaires et organisé des coups d'État sanglants. Les guerres menées par votre gouvernement ces dernières années ont fait des millions de morts, dont beaucoup d'innocents, et des vagues de réfugiés, avec les souffrances humaines qui en résultent.

Votre gouvernement a eu recours aux exécutions extrajudiciaires, aux enlèvements et à la torture. Aujourd'hui, il maintient indéfiniment des détenus dans un vide juridique, sans défense, sans tribunal et sans procès équitable dans la prison de la Base navale de Guantanamo, qui usurpe illégalement notre territoire.

Le gouvernement des États-Unis est l'auteur de violations des droits de l'Homme commises contre ses propres citoyens, en particulier les Afro-américains et les Hispaniques, les minorités, les réfugiés et les migrants.

Au milieu de l'opulence de ce pays, 40 millions de citoyens vivent dans la pauvreté et 52 millions dans des communautés appauvries. Plus d'un demi-million de ses citoyens vivent et dorment dans la rue sans que vous n’en fassiez référence. 12% des Étasuniens (citoyens) n'ont pas d'assurance maladie, et des millions de personnes à faible revenu en seront privées par votre gouvernement. Une éducation de qualité n'est pas à la portée des majorités, que votre gouvernement ne représente ni ne défend. L'égalité des chances aux États-Unis est une chimère. Le gouvernement dont vous faites partie est un gouvernement de millionnaires qui impose des politiques sauvages.

Les femmes perçoivent 82% du salaire des hommes à travail égal, 64% si elles sont afro-américaines et 62% les Hispaniques. Les plaintes pour harcèlement sexuel sont généralisées.

La richesse moyenne des familles blanches est sept fois supérieure à celle des familles d'origine africaine. Les décès sont deux fois plus importants chez les enfants noirs que chez les enfants blancs. Les mères afro-étasuniennes sont trois à quatre fois plus susceptibles de mourir pendant l’accouchement que les mères blanches, et la moitié d'entre elles pourraient être sauvées avec de meilleurs soins que le Département d'État ne réclame jamais.

Il existe un statut racial différencié parmi la population carcérale nord-américaine, dans la durée des peines de prison, dans l'exécution de la peine capitale applicable aux mineurs et aux handicapés mentaux et dans les morts atroces sous les balles de la police.

Votre gouvernement construit des murs, sépare les mineurs de leurs parents immigrants, y compris des jeunes enfants qu'il enferme dans des cages.

Les fausses informations et le monopole des plateformes technologiques de communication et de génération de contenus sont en pleine expansion dans ce pays.

Le gouvernement étasunien intervient sans aucun scrupule dans les processus électoraux et les affaires intérieures de la plupart des États de la planète.

Il tente de renverser par la force le gouvernement légitime de la République bolivarienne du Venezuela, utilise contre ce pays une campagne de diffamation brutale et la menace militaire, tout en appelant à la violence et à un coup d'État.

Il intervient et tente de déstabiliser la République du Nicaragua.

Il se livre à des actes d’ingérence dans les affaires intérieures de l'État plurinational de Bolivie.

Le gouvernement des États-Unis prétend exercer une domination impériale sur « Notre Amérique » et il invoque une fois de plus la doctrine désuète, agressive et dangereuse de Monroe et la « diplomatie de la canonnière ». Il redéploie sa 4e Flotte et accroît le nombre et la puissance de ses bases militaires dans la région.

Les États-Unis ne sont partie qu'à 30 % des instruments relatifs aux droits de l'Homme et ne reconnaissent ni le droit à la vie, ni à la paix, ni au développement, ni à la sécurité, ni à l'alimentation, ni les droits des enfants. Nul ne peut s’étonner que vous ayez quitté le Conseil des droits de l'Homme.

Les « intérêts spéciaux » des entreprises ont pris en otage le système politique, corrompu par définition, des États-Unis.

Oui, les mots et le discours politique sont importants, ils sont importants ! En diabolisant et en transformant en ennemis, au moyen de la propagande, des opposants politiques, des institutions, des groupes sociaux et des nations, vous ne faites qu’encourager et enraciner la division, la violence, les crimes de haine et les guerres.

L'impunité du lobby des armes est coupable de l'augmentation du nombre d’homicides, y compris d'adolescents.

La politique sale, l'indécence, l'amoralité, les mensonges, le redécoupage des circonscriptions électorales pour des raisons de commodité politique et la manipulation des électeurs sont exacerbés. Six millions de citoyens étasuniens à faible revenu ont été empêchés de voter lors de la dernière élection présidentielle, et ils le seront probablement mardi prochain. En Floride, 21% des électeurs afro-américains sont privés du droit de vote.

Madame la Présidente,

Les dommages quantifiables, accumulés par le blocus pendant près de six décennies d'application, atteignent le chiffre de 933,678 milliards de dollars, compte tenu de la dépréciation du dollar par rapport à la valeur de l'or. Calculé à prix courants, le blocus a causé des dommages de plus de 134,499 milliards de dollars.

Rien que l'année dernière, il a causé à Cuba des pertes de l'ordre de 4, 321 milliards de dollars.

Sans la perte de revenus provenant des exportations de biens et de services et les coûts associés au repositionnement géographique du commerce, qui nous oblige à maintenir des niveaux de stocks très élevés, le Produit intérieur brut de Cuba aurait augmenté, aux prix actuels, d'environ 10% par an en moyenne au cours de la dernière décennie.

Face aux difficultés, Cuba a enregistré des progrès dans son économie et offre une coopération internationale large et solidaire – que votre gouvernement entrave parfois – malgré le blocus et l'interdiction des crédits multilatéraux, et elle a atteint des niveaux de développement humain et de justice sociale mondialement reconnus.

Le blocus demeure le principal obstacle à la mise en œuvre du Plan national 2030 et des Objectifs de développement durable des Nations Unies.

Il compromet l'exercice du droit à l'autodétermination, à la paix, au développement, à la sécurité et à la justice du peuple cubain.

Le blocus constitue une violation des buts et des principes de la Charte des Nations Unies et du Droit international. C'est un acte d'agression et de guerre économique qui porte atteinte à la paix et à l'ordre international.

Il contrevient également aux règles universellement reconnues du commerce et de la liberté de navigation.

Il porte atteinte aux principes de la Déclaration de l’Amérique latine et la Caraïbe comme Zone de paix et s’oppose au consensus de la Communauté des États latino-américains et caribéens.

Il provoque l'isolement et le discrédit du gouvernement des États-Unis, et il appelle la juste condamnation de la part de la communauté internationale.

Madame la Présidente,

Nous vivons à une époque marquée par des menaces croissantes pour la paix et la sécurité internationales, la prolifération de guerres non conventionnelles, des violations flagrantes de la souveraineté des États, des politiques de domination par la force, des tentatives de réimposition de l'ordre unipolaire, des violations du Droit international, d’une rupture menaçante et arbitraire des traités internationaux ; la multiplication des sanctions unilatérales et des guerres commerciales, essentiellement provoquées par le caractère prédateur et suprématiste de l'impérialisme étasunien, toujours enclin au fondamentalisme néolibéral, à « la philosophie du pillage » et à ladite « paix fondée sur la force ».

En conséquence de ce scénario, les graves problèmes internationaux se font plus aigus, la pauvreté et les inégalités s'aggravent, les modes de production et de consommation irrationnels et non durables du capitalisme s'accentuent, le changement climatique avec toutes ses conséquences négatives avance inexorablement et la menace nucléaire va dangereusement en s'exacerbant.

L'application extraterritoriale du blocus s'est elle aussi considérablement intensifiée, en particulier la traque des transactions financières et des opérations bancaires et de crédit de Cuba à l'échelle mondiale.

Plus d'une centaine de banques ont demandé la fermeture des comptes de nos ambassades et de représentations d'entités cubaines à l'étranger, ont retenu des fonds destinés à Cuba ou ont refusé d'effectuer des transferts de ou vers notre pays, y compris ceux de nature humanitaire liés aux conséquences de l'ouragan Irma à Cuba ou aux projets de coopération cubaine solidaire dans d’autres pays.

Le blocus est contraire à la Charte des Nations Unies et au Droit international, et son application extraterritoriale agressive porte atteinte à la souveraineté de tous les États.

Madame la Présidente,

Depuis l'occupation militaire de Cuba, en 1898, par les États-Unis pour empêcher notre indépendance, déjà gagnée au cours d’une longue épopée, cette relation a été marquée par la décision des gouvernements étasuniens de contrôler le destin de Cuba face à la détermination sans faille des Cubains à défendre leur indépendance et leur autodétermination.

Aujourd'hui, Cuba est une nation absolument indépendante, maîtresse de son destin, qui entretient des relations de respect et des liens d'amitié et de coopération avec tous les pays du monde. C'est une conquête obtenue au prix du sacrifice de plusieurs générations, et que nous défendrons quel qu’en soit le prix.

Avec les États-Unis, nous entretenons des relations diplomatiques, quelques épisodes de dialogue officiel et nous développons une coopération mutuellement avantageuse dans une série limitée de domaines.

Mais le caractère distinctif de la relation bilatérale reste le blocus économique, commercial et financier qui porte atteinte à tout le peuple cubain, inspiré par des sentiments de domination, d'intolérance idéologique et de revanche politique.

Nous sommes prêts à coexister pacifiquement, malgré nos profondes divergences de vues avec le gouvernement des États-Unis, sur la base du respect mutuel, de l'égalité souveraine et de l'intérêt des deux peuples.

Nous, les Cubains, continuerons à décider librement de nos affaires intérieures dans une étroite unité, comme nous le faisons actuellement dans le débat populaire sur le projet de nouvelle Constitution et comme nous le ferons lors du prochain référendum pour l'adopter. Il n'y a pas d’espace et il n'y aura pas d’espace pour l'ingérence d'une puissance étrangère.

Je me dois de dénoncer ici le fait que l'escalade des déclarations, actes et menaces du gouvernement des États-Unis contre Cuba n'a d'autre objectif que de créer un climat de tension bilatérale accrue et que, dans cette manœuvre, les personnages ayant une longue histoire de complot pour provoquer des crises bilatérales sont de plus en plus visibles.

Comme l'a souligné le président Miguel Diaz-Canel à cette même tribune le 26 septembre, et je cite : « Cuba sera toujours prête à dialoguer et à coopérer dans un esprit de respect et d'égalité de traitement. Nous ne ferons jamais de concessions inhérentes à la souveraineté et l'indépendance nationales, nous ne négocierons pas nos principes et nous n'accepterons pas de conditions. »

Les Cubaines et les Cubains de toutes les générations resteront fidèles à l'exemple de José Marti pour proclamer avec la même conviction : « Plutôt que de relâcher les efforts pour rendre la Patrie libre et prospère, la mer du Sud s’unira d’abord à la mer du Nord et un serpent naîtra d’un œuf d’aigle. »

 

Je vous remercie (Applaudissements).