ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo:Correodelorinoco.gov.ve

L’ARCHIPEL de Kiribati, dans le Pacifique central, a été premier pays à entrer en 2019. Il s’agit d’un territoire composé de 33 îles et atolls coralliens situés le long de la ligne de l'équateur et dont 110 000 habitants sont les premiers menacés de disparition par la montée des eaux causée par les effets du changement climatique.

Les sources et réserves d'eau potable ont été polluées par l’intrusion d’eau salée suite aux inondations, et l'incertitude des habitants et des étrangers est de savoir si ce pays existera l'année prochaine. Certaines sources affirment que la migration massive sera le seul avenir de Kiribati.

De telles réalités devraient attirer les regards – et les ressources – de la communauté internationale, plutôt que de consacrer des millions de dollars à déclencher des guerres et à massacrer des êtres humains.

LE MONDE EN 2019

Nul n’est besoin d’être prophète et encore moins d'avoir une boule de cristal pour « deviner » les événements prévisibles les plus importants auxquels l'humanité sera exposée en 2019. Je préfère en citer quelques-uns, les plus évidents et prévisibles.

Je suis persuadé que pour ceux qui sont envahis par les ordures ménagères dans la capitale du pays le plus riche du monde, les États-Unis, la chose la plus importante au début de cette année est de rétablir le budget du gouvernement afin que les éboueurs, qui figurent parmi les 800 000 personnes touchées par le refus du président Donald Trump de signer une loi budgétaire finançant neuf ministères sur quinze et des douzaines d’agences du gouvernement fédéral, à moins qu’elle ne prévoie plus de 5 milliards de dollars affectés au mur de séparation entre les États-Unis et le Mexique.

Au Moyen-Orient, pour les Syriens, 2019 s’annonce comme une année d'espoir pour reconstruire le pays dévasté par la guerre, accélérer le retour des millions de réfugiés qui ont fui le pays depuis le début de la guerre et faire en sorte que la paix soit une réalité et non un rêve.

Il en va de même pour le Venezuela, la nation bolivarienne en butte à des attaques d'une extrême droite obstinée à ne pas reconnaître un président et un gouvernement démocratiquement élus dans un pays où la plupart des processus électoraux menés au cours de la dernière décennie se sont caractérisés par une transparence avérée.

Le peuple vénézuélien, les milliers de citoyens qui avaient émigré et qui rentrent aujourd'hui au pays, veulent vivre en paix, construire leur présent et leur avenir et continuer à offrir leur solidarité à leurs frères et sœurs d'Amérique latine et des Caraïbes.

Le rôle des États-Unis dans le long conflit entre Israël et la Palestine ne montre aucun signe d'amélioration en 2019. Photo: Russia Today

Le Brésil, le géant sud-américain, entre dans une phase où les progrès des programmes sociaux lancés au cours de la dernière décennie, qui avaient sorti 30 millions de Brésiliens de la faim, commencent à s'effondrer suite à la mise en place de la politique néolibérale et d'extrême droite du nouveau président Jair Bolsonaro.

Pour le Mexique, le virage à gauche incarné par Andrés Manuel Lopez Obrador (AMLO) suscite l’espoir et devrait consolider un projet de pays, où la richesse puisse répondre aux besoins de la majorité, où la

violence cède la place à la tranquillité et cesse d'être une référence obligatoire, comme c'est le cas aujourd'hui, chaque fois qu'il est question de crimes, de trafic de drogue et de corruption.

Dans tous les exemples que j'ai cités, il y a un dénominateur commun, les agissements des gouvernements yankees, tant lorsqu'il s'agit de faire la guerre que d'apporter un soutien quelconque à ceux qui cherchent à déstabiliser les gouvernements ou qui accèdent au pouvoir et n’hésitent pas à s’aligner sur la politique de Washington, comme dans le cas de Bolsonaro au Brésil.

La nouvelle année a fait son arrivée à travers le monde avec des dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui, un jour, ont fui la faim ou la mort dans leur pays et qui sont aujourd'hui simplement des réfugiés entassés dans des camps, des tentes ou des cages, tant à la frontière avec les États-Unis que dans des pays d’Europe, dans l’attente de leur statut migratoire ou d’un emploi pour reconstruire leurs vies.

EUROPE

Le Vieux continent a entamé l’année 2019 avec des problèmes accumulés de chômage, notamment parmi les jeunes, et avec l'arrivée sur ses côtes de milliers d'immigrants africains et moyen-orientaux qui traversent la Méditerranée. Et aussi avec l’éventuelle sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne – Brexit – qui devrait se matérialiser en mars prochain.

Déjà au dernier trimestre de l'année dernière, les protestations contre la hausse du prix du carburant en France, connues comme le mouvement des gilets jaunes, ont secoué le pays et semblent s'étendre à d'autres capitales européennes.

Les gilets jaunes annoncent que le mois de janvier sera marqué par une « mobilisation à grande échelle ».

La Russie, pays eurasien qui a progressé en dépit des sanctions économiques imposées par les États-Unis et l'Union européenne, gardera cette année les yeux et les oreilles fixés sur la menace que représente l’encerclement militaire des forces de l'OTAN, notamment l’installation d’éléments de son système de défense antimissile autour du territoire russe, et l'exacerbation du conflit avec l'Ukraine, pays qui s’est entièrement plié aux desseins de l’Occident.

ASIE

Le contexte asiatique en 2019 est marqué par la guerre commerciale entre les

États-Unis et la Chine, son aggravation ou sa solution, et son impact sur ces pays et d'autres.

Une autre attente est celle qui s'est dégagée des pourparlers de l'année dernière entre les présidents de la République populaire démocratique de Corée et des États-Unis, ainsi que les mesures positives adoptées par la nation nord-coréenne vis-à-vis de son voisin, la Corée du Sud, qui devraient connaître une continuité et une consolidation en 2019, à condition que le gouvernement Trump ne subordonne pas ces avancées à une politique de chantage et à des conditions inacceptables.

En Afghanistan, où le Pentagone a déployé des milliers de soldats dans le but supposé de liquider le mouvement taliban, aucun progrès n'est prévu, si ce n’est par le biais du dialogue et de la négociation.

AFRIQUE ET MOYEN-ORIENT

Dans la perspective de cette année, un espace spécial doit être réservé aux nations du Moyen-Orient ravagées par les guerres imposées, le terrorisme et l'ingérence des États-Unis et des autres pays de la région.

C'est le cas de la Syrie, de l'Irak, de la Libye, du Yémen et du plus ancien de tous les conflits – la Palestine – contre le peuple de laquelle le gouvernement israélien, soutenu par les

États-Unis, continue de commettre un véritable génocide.

Fin 2018, lors d'un voyage éclair en Irak, Trump a annoncé que ses troupes – présentes contre la volonté du gouvernement syrien – quitteront ce pays, mais que les milliers de soldats nord-américains stationnés en Irak y resteront et pourront agir contre le territoire syrien si nécessaire.

2019 réserve à l’Afrique subsaharienne les mêmes fléaux : la faim, la malnutrition et les maladies, comme dénominateur commun et cause des conflits et des migrations.

AMÉRIQUE LATINE ET LES CARAÏBES

Les pays d'Amérique latine et des Caraïbes connaîtront des situations diverses en cette année qui démarre.

Au Brésil, le 1er janvier, le représentant le plus radical de l'extrême droite, Jair Bolsonaro, défenseur des dictatures militaires, a pris le pouvoir, adoptant d’emblée une position hostile contre les médecins cubains du programme Mais Médicos (Davantage de médecins), qui exerçaient dans ce pays, la plupart dans les endroits les plus reculés et inaccessibles, ce qui a provoqué l’arrêt par Cuba de ce programme de coopération.

Le 10 janvier, le président réélu du Venezuela, Nicolas Maduro, a été investi Caracas pour un deuxième mandat, après l’avoir emporté aux dernières élections de la nation bolivarienne.

Au Mexique, la victoire d’Andrés Manuel Lopez Obrador devrait aboutir en 2019 à une consolidation de ses projets sociaux annoncés, et au retour à une paix méritée.

Un autre pays qui organisera des élections cette année est l'Argentine, marquée par une profonde crise économique et une capitulation devant les mécanismes financiers internationaux tels que le FMI, en échange de coupes sociales, de la hausse du chômage et de la répression contre des leaders populaires et de gauche.

De même, des élections présidentielles auront lieu au Salvador le dimanche 3 février et en Bolivie le 29 octobre.

Pour leur part, les petits États des Caraïbes, menacés par les effets néfastes du changement climatique, poursuivront leur lutte quotidienne en faveur de leur développement tout au long de l'année, en comptant dans leurs efforts sur le soutien solidaire de Cuba et du Venezuela ; et ils resteront unis dans des mécanismes de concertation tels que Petrocaribe.