ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: TELESUR

« Notre soutien et notre solidarité au président Nicolas Maduro face aux tentatives impérialistes de discréditer et de déstabiliser la révolution bolivarienne », a déclaré le président du Conseil d'État et du Conseil des ministres, Miguel Diaz-Canel Bermudez, face à l'ingérence du gouvernement des États-Unis qui tente d'installer un gouvernement fantoche au Venezuela.
Le gouvernement de Donald Trump a dirigé un coup d'État dans la nation bolivarienne et nommé un président intérimaire, ce qui, en plus d'être une action d’ingérence, est inconstitutionnel.
Dans cette situation, Nicolas Maduro, président du Venezuela, a annoncé hier la décision de mettre fin aux relations diplomatiques et politiques avec les États-Unis, en réponse aux prétentions de Washington d'imposer un gouvernement parallèle dans ce pays sud-américain, souligne l’agence Prensa Latina.
Devant à la foule massée autour du Palais de Miraflores, le chef de l'Etat vénézuélien a rejeté les actions de l'opposition nationale et du gouvernement étasunien à la suite de l'auto-proclamation en tant que chef de l'État de Juan Guaido, député de l'Assemblée nationale, parlement qui se trouve sous le coup d’une accusation d’outrage, et qui obéit aux ordres de l’empire.
« Le gouvernement impérialiste des États-Unis mène une opération pour imposer un coup d'État à travers un gouvernement fantoche au Venezuela », a déclaré Maduro, précisant que le personnel de l'ambassade des États-Unis dispose de 72 heures pour quitter le pays.
L'annonce intervient quelques heures seulement après que le président étasunien Donald Trump a reconnu Juan Guaido comme président intérimaire du Venezuela.
Selon Telesur, l'action de la droite d'opposition, dirigée par le gouvernement des États-Unis, et sous les auspices de l'OEA, qui a également reconnu Guaido, est non seulement une ingérence flagrante du gouvernement des États-Unis, mais aussi un acte totalement inconstitutionnel, puisque la Constitution du Venezuela ne prévoit pas la figure d'un président intérimaire.
Face à la mobilisation massive du peuple vénézuélien en faveur de son président légitime, Maduro a dénoncé les États-Unis en disant qu'il le traite de dictateur, alors qu’en ce moment ils veulent imposer, par un coup d'État, un président non élu par le peuple. Ils convoitent le pétrole, le gaz et l'or. « Nous vous le disons : ces richesses ne vous appartiennent pas, elles appartiennent au peuple vénézuélien et il en sera toujours ainsi », a-t-il averti. Et d’ajouter : « seul le peuple vénézuélien installe et enlève les présidents. »
Il a également affirmé que le peuple vénézuélien ne voulait pas revenir à l'ère des interventions promues par Washington et, face aux tentatives de mener une opération de coup d'État dans le pays, il a ordonné la rupture des relations diplomatiques avec les États-Unis.

Les Vénézuéliens ont affirmé que ce sont eux qui élisent leur président et ils l'ont déjà fait en votant pour Nicolas Maduro. Foto: Venezolana de televisión


Maduro a lancé un appel au calme à la population : « des nerfs d'acier, du calme et de la raison (...) ici personne ne se rend et nous allons vers la victoire de la paix », a-t-il dit.
L'ingérence flagrante des États-Unis s'est clairement exprimée à travers son secrétaire d'État, Mike Pompeo, qui a appelé les forces militaires et les forces de sécurité vénézuéliennes à appuyer la démocratie en donnant leur soutien à Guaido. La veille, le vice-président Mike Pence, avait convoqué ouvertement les opposants à manifester dans les rues de la capitale vénézuélienne.
Face à la tentative de coup d'État, l'union civique et militaire de la Révolution bolivarienne s'est exprimée pour défendre la constitutionnalité et la souveraineté de la nation. Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, a déclaré mercredi que la Force armée nationale bolivarienne (FANB) est engagée dans la défense de la souveraineté nationale et de la Constitution du pays. Sur son compte Twitter, Padrino Lopez affirme : « Nous, les soldats de la Patrie, nous n'acceptons pas un président imposé dans l'ombre obscurs intérêts ni autoproclamé en marge de la Loi. »
La Marine bolivarienne a soutenu la position du ministre en ratifiant son adhésion à la Constitution vénézuélienne et sa loyauté au président Nicolas Maduro, élu en mai 2018 avec 67% des voix pour la période 2019-2025.
Les agissements de l'Assemblée nationale, qui se trouvait au moment des faits sous le coup d’une accusation d’outrage, entraînent des poursuites pénales. La Cour constitutionnelle a demandé au ministère public d’intenter une action en justice contre l’Assemblée et contre les organisateurs de ce coup d'État afin de juger cette action pour crime contre la Patrie et la Constitution, avec la circonstance aggravante de complicité avec un gouvernement étranger, ce que prévoit les lois vénézuéliennes, a déclaré Olga Alvarez, avocate constitutionnelle à Telesur. Le peuple dans les rues exige que justice soit faite pour cette tentative d'usurpation des fonctions du président démocratiquement élu, en ignorant le pouvoir des citoyens, en ignorant l’état de Droit.

Les rues vénézuéliennes se sont parées de la couleur rouge du Parti socialiste unifié du Venezuela pour soutenir le président constitutionnel, Nicolas Maduro. Photo: PSUV


Ils ont menti, ils ont monté un scénario qui n'existe pas en droit. Guaido s'est auto-proclamé devant ses partisans et non devant les autorités publiques, parce qu'il ne pouvait pas le faire, parce que pour cela il aurait dû avoir été élu, a expliqué Olga Alvarez, qui a ajouté que pour cette raison, aucune organisation internationale ne peut le reconnaître. Guaido a été désigné par les États-Unis.
Les pays qui l'ont reconnu font partie du « cartel de Lima », qui ne disposent d’aucune personnalité juridique pour agir en tant que bloc. Tout cela fait partie d'un plan visant à détruire l'identité latino-américaine, pour empêcher la défense de la Grande Patrie de Bolivar. À Davos, il y a à peine 24 heures, le président brésilien Jair Bolsonaro a déclaré qu'il ne voulait pas d'une Amérique bolivarienne ; ce n'est pas seulement un plan contre le Venezuela. C’est aussi un plan contre Notre Amérique, celle que José Marti a défendue. C’est une action contre les peuples.
Cette complicité a fait que dès la reconnaissance du soi-disant président intérimaire vénézuélien par l'organisateur de ce coup d'État, le gouvernement de Donald Trump, les pays du groupe – lui aussi autoproclamé – de Lima : Paraguay, Brésil, Argentine, Canada, Colombie, Chili et l'OEA, ont reconnu Guaido.
Mais la communauté internationale ne s'est pas trompée et s'est prononcée pour la légitimité de Nicolas Maduro à la tête du peuple qui l'a élu.
Evo Morales, a écrit sur son compte twitter : « Notre solidarité avec le peuple vénézuélien et le frère Nicolas Maduro, en ces heures décisives où les griffes de l'impérialisme cherchent une fois de plus à blesser à mort la démocratie et l'autodétermination des peuples de l'Amérique du Sud. Nous ne serons plus jamais l’arrière-cour des États-Unis. » Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a également exprimé son soutien et sa solidarité face aux attaques de l'opposition vénézuélienne.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Mexique a annoncé que le gouvernement du président Andrés Manuel Lopez Obrador ne prévoit pas de changements dans sa politique étrangère concernant le Venezuela et reconnaît Nicolas Maduro comme président légitime, ajoutant que l'administration fédérale mexicaine restera ferme dans sa politique de non-ingérence dans les affaires intérieures du Venezuela.
Depuis la Russie, le sénateur du Conseil de la Fédération de ce pays, Andreï Klimov, a assuré que le gouvernement du président Vladimir Poutine ne prévoit aucun changement dans la politique étrangère du Kremlin à l’égard du Venezuela.
Par ailleurs, les mouvements sociaux ont manifesté leur soutien à Maduro. Le Front Brésil populaire, qui regroupe plusieurs organisations politiques, a apporté son soutien à travers les réseaux sociaux : « L'impérialisme agit aujourd'hui avec une force totale contre la souveraineté du Venezuela. Tout le soutien des mouvements sociaux brésiliens au Président Nicolas Maduro », peut-on lire dans un communiqué. Des mouvements semblables se sont réunis à l'ambassade du Venezuela en Bulgarie pour exprimer leur solidarité au peuple du pays frère et à son président légitime, Nicolas Maduro.