ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Des manifestants chavistes se sont rassemblés dans l'après-midi pour apporter leur soutien au président constitutionnel Nicolas Maduro. Photo: VTV

1. QUI EST DERRIÈRE LA TENTATIVE DE COUP D'ÉTAT ?

JUAN Guaido, le président « autoproclamé » du Venezuela, a tenté d'assumer ce 30 avril le rôle dont ses chefs de la Maison-Blanche l’avait chargé, après l’avoir choisi comme marionnette de service dans la guerre sans merci qu’elle livre contre le gouvernement de Nicolas Maduro et la Révolution bolivarienne du Venezuela.

Au cours de ce qu'il a qualifié de phase finale de l'Opération Liberté, on l’a vu inciter à la violence sur le réseau social Twitter puis, après avoir aidé à l’évasion du chef de l’opposition, Leopoldo Lopez – qui se trouvait en prison domiciliaire – il a appelé le peuple et l'armée à descendre dans les rues du pays pour manifester contre le gouvernement légitime.

Durant la tentative de coup d'État que les médias de la droite internationale ne cessaient d'amplifier, Donald Trump a ouvertement reconnu sur son compte Twitter qu'il « suivait de près » la situation au Venezuela et que les États-Unis soutenaient le peuple vénézuélien et sa liberté.

Pour sa part, le vice-président des États-Unis, Mike Pence a envoyé un message à Guaido sur Twitter, lui exprimant son soutien total.

Jorge Arreaza, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères a quant à lui déclaré : « Pence assume son rôle de chef de la tentative de coup d'État. Il appelle à la violence, à la destruction et à la mort au nom de Dieu. C'est cela être un bon chrétien ? Le peuple vénézuélien et sa Force armée bolivarienne sont une garantie de paix et de respect de la Constitution. »

Le Secrétaire d’État, Mike Pompeo, s’est empressé lui aussi de célébrer « le début de l'Opération Liberté ».

Pour le chef de la diplomatie vénézuélienne, « Pompeo se targue d'avoir fait preuve de diplomatie en encourageant et en finançant un coup d'État violent au Venezuela. L'obsession de Washington à contrôler les richesses pétrolières vénézuéliennes les conduit de maladresse en maladresse. Ils sous-estiment le peuple de Simon Bolivar. »

Quant à Luis Almagro, le tristement célèbre Secrétaire général de l’OEA, il ne s’est pas privé en publiant un message saluant « l'adhésion de l’armée à la Constitution et à Guaido, président intérim du Venezuela », dans lequel il réaffirmait qu' « il faut apporter le soutien le plus complet au processus de transition démocratique, de façon pacifique ».

Ce sont, sans aucun doute, avec Marco Rubio, les visages les plus visibles de la tentative de coup d'État du 30 avril. Derrière eux se dresse un empire qui ne peut pardonner ni ne pardonnera jamais au gouvernement de Nicolas Maduro et à la Révolution chaviste de maintenir leur fermeté, leur résistance et leur dignité face à l'ignominie et à la déraison, face au défi énorme de ne pas se rendre.

Les présidents Mauricio Macri (Argentine), Ivan Duque (Colombie) et Sebastian Piñera (Chili) ont également ouvertement soutenu la tentative de rupture constitutionnelle au Venezuela.

2. QUE S'EST-IL RÉELLEMENT PASSÉ À LA BASE MILITAIRE DE CARLOTA ?

Pour les médias de droite, les actes de violence et les provocations aux environs de la base aérienne de Carlotta au Venezuela ont été d'une grande ampleur. En effet, ils ont fait état de la présence d’un nombre de soldats bien plus important que ceux qui ont été réellement impliqués dans ces événements.

« Il s’agit d’une base militaire, vous devez en respecter l’accès », ont dit les soldats de La Carlota aux manifestants qui ont renversé une clôture latérale en la poussant et en lançant des cocktails Molotov. Grâce au dialogue, il a été possible de convaincre les soldats qui avaient volé des voitures blindées de se rendre, certains dénonçant même le fait qu’ils avaient été trompés par l'opposition.

Selon les déclarations faites à la chaîne TeleSur par les assaillants, ils y sont allés pour recevoir une décoration « qu'ils n'oublieraient jamais de leur vie », mais ensuite on leur a demandé d'exécuter « la solution finale » de Nicolas Maduro.

Après des heures d'une opération combinée entre des civils manipulés et des militaires putschistes, l’échec du scénario de l'opposition est devenu évident face à la conduite ferme et opportune des forces bolivariennes qui, à tout moment, ont tenté d'éviter toute forme d'action violente.

En fin d'après-midi, on apprenait que certains des soldats impliqués avaient demandé l'asile dans les ambassades du Chili et du Brésil à Caracas.

3. QUELLE A ÉTÉ LA RÉACTION DU PEUPLE VÉNÉZUÉLIEN ?

« Victoire populaire » et « Toujours loyaux, jamais traîtres » a clamé le peuple bolivarien massé aux alentours du Palais de Miraflores, dès les premières heures de ce mardi matin, dès l’annonce de la tentative de coup d'État.

Après la défaite du coup d'État orchestré par les États-Unis, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Caracas et se sont dirigées vers Miraflores pour réaffirmer leur soutien au gouvernement constitutionnel et dénoncer la nouvelle tentative de frapper la démocratie par la violence.

4. LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE CONTRE LE PUTSCH

Face à ces actes déplorables, la solidarité internationale ne s’est pas fait attendre pour condamner la violence, la déstabilisation et le mépris des institutions en République bolivarienne du Venezuela.

L'Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique-Traité de commerce des peuples (ALBA-TCP) a publié un communiqué dans lequel elle a rejeté les « tentatives de violation de l'ordre constitutionnel » du Venezuela, alerté sur les conséquences que sa rupture aurait pour la région et appelé les peuples de Notre Amérique à défendre la souveraineté et l'indépendance de la Grande Patrie.

Quant au président de l’État plurinational de Bolivie, Evo Morales, il a exprimé sur son compte Twitter sa totale condamnation des faits. « Nous condamnons fermement la tentative de coup d'État de la droite vénézuélienne, soumise aux intérêts étrangers. Convaincus que la courageuse Révolution bolivarienne, avec à sa tête notre frère Nicolas Maduro, s'imposera à cette nouvelle attaque de l'empire », a-t-il écrit.

Le gouvernement de réconciliation et d'unité nationale du Nicaragua (GRUN) a rejeté l'attaque contre le droit du peuple vénézuélien à la paix et à l'ordre constitutionnel du pays.

Le président du Mexique, Andrés Manuel Lopez Obrador, a appelé à rechercher une « solution pacifique » à la crise au Venezuela et il a réitéré l'importance du dialogue pour la paix et la possibilité de reprendre le mécanisme de Montevideo.

Pour sa part, le dirigeant de gauche français Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé que la tentative de coup d'État est promue par « un petit groupe de soldats ultra-minoritaires, sous la direction de la marionnette Juan Guaido, un président autoproclamé ».

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a déclaré dans un message que son pays « soutiendra une solution aux problèmes du Venezuela obtenue par le dialogue » car la Turquie est « opposée aux tentatives antidémocratiques de changer les gouvernements légitimes ».

Par le biais d'un communiqué de son ministère des Affaires étrangères, la Russie a souligné que la crise à laquelle le Venezuela est confronté doit être résolue à travers un processus de négociation.

« L'opposition radicale vénézuélienne est revenue à des méthodes violentes d'affrontement », est-il affirmé dans le message du ministère turc des Affaires étrangères, qui signale l’importance de « renoncer à la violence » et « d’éviter les troubles et les effusions de sang ».

Le gouvernement uruguayen s'est également déclaré préoccupé par les actes de violence et le recours à la force en tant qu'instruments de règlement des conflits, et il a déclaré qu'il continuerait de déployer tous ses efforts, dans les différents espaces de dialogue régional et international, en vue d’aider à trouver une solution pacifique par la négociation entre les parties.

5. POURQUOI NICOLAS MADURO EST-IL LE PRÉSIDENT LÉGITIME DU VENEZUELA ?

Pendant les deux mandats présidentiels de Nicolas Maduro, huit élections démocratiques ont eu lieu : élections présidentielles en 2013, au cours desquelles il a été élu pour la première fois ; élections législatives en 2015, au cours desquelles l'opposition a remporté la majorité des sièges) ; élections à l'Assemblée nationale constituante en 2017 ; élections régionales la même année, au cours desquelles le chavisme a remporté 18 des 23 États ; élections municipales en 2014, organisées uniquement dans les municipalités de San Diego et San Cristobal (État de Tachira) pour remplacer deux maires emprisonnés pour avoir soutenu la violence lors des manifestations de cette année-là ; élections municipales en 2017 pour élire les maires et le gouverneur de l'État de Zulia ; élections municipales en 2018, où ont été élus 2 459 membres des conseils municipaux ; élections présidentielles en 2018, où Nicolas Maduro a été élu.

Le 10 janvier 2019, Nicolas Maduro Moros a prêté serment devant le Tribunal suprême de justice (TSJ) pour un nouveau mandat présidentiel (2019-2025), rejetant depuis lors les actions d'ingérence promues par les États-Unis et leurs alliés, qui se sont efforcés de faire en sorte qu’il ne soit pas reconnu comme le président légitime du Venezuela.

Maduro Moros a remporté les élections présidentielles du 20 mai 2018 avec 67% des voix, élections que l’opposition vénézuélienne a tenté de boycotter par la violence, et qui a refusé d'y participer.

Dans le monde entier, des membres de mouvements sociaux et politiques, des jeunes, des travailleurs, des étudiants, des paysans et des organisations internationales ont ratifié leur soutien au président vénézuélien réélu et à son processus constitutionnel.