
(Traduction de la version sténographiée de la présidence de la République)
Une accolade, cher Manuel Lopez Obrador, président des États-Unis du Mexique, et je vois que tu t’es débrouillé pour que la prochaine réunion ait lieu à Mexico,
Une accolade également pour les chefs d'État et de gouvernement, la vice-présidente du Venezuela et les ministres qui sont à la tête des délégations qui participent à ce Sommet,
Bonjour à tous,
Je remercie le Mexique, qui a eu l'initiative de convoquer ce Sommet et d'inviter Cuba.
Je me souviens très bien, parce que ce fut lors d’une journée très spéciale, chargée d'émotions, là-bas à Campeche, que le frère Andrés Manuel nous a soumis l'idée de ce Sommet, alors que nous suggérions de mettre à profit l'occasion que nous offre la situation politique régionale pour réaliser des projets d’intérêt populaire. C’était presque à la mi-février et nous nous sommes déjà réunis pour donner forme à cette idée.
C'est le premier mérite de ce rendez-vous : le sentiment d'urgence que nous imposent les problèmes difficiles des temps qui courent. C'est pourquoi, je souhaiterais commencer en nous exhortant à tirer parti des potentialités, de la capacité et de la volonté politique pour engager sans tarder des actions concrètes qui auront un impact majeur sur le bien-être de nos peuples.
Nous sommes d'accord avec les propositions visant à faciliter et à élargir l'échange de marchandises.
Je souhaiterais ajouter qu'en plus de la suppression des droits de douane et autres obstacles non tarifaires, nous pouvons avoir recours au commerce de troc. Il s'agit d'une modalité attractive pour Cuba en raison des restrictions sévères que nous imposent le blocus et l'inclusion arbitraire et injustifiée dans la liste des États qui, selon les États-Unis, soutiennent le terrorisme, ce qui limite sévèrement les relations financières du pays.
Je pense que nous devons également promouvoir l'échange de services (essentiels), ainsi que la coopération visant à augmenter la production de denrées alimentaires, notamment les aliments de base et les biens de première nécessité, ainsi que l’accès à ces derniers.
À cet égard, je voudrais proposer que nous tirions le meilleur parti, et immédiatement, de la capacité productive et industrielle installée dans nos pays, afin de contribuer à la complémentarité.
Prenons un exemple : à Cuba, nous disposons de deux usines capables de produire des engrais. Cependant, nous ne disposons pas des matières premières nécessaires pour le faire. Pour produire du NPK, nous avons besoin de phosphore, d'azote et de potassium. Si certains des pays concluaient un accord avec Cuba pour fournir ces intrants, nous serions en mesure de produire les engrais et de les exporter, et il me semble qu'il s'agit d'un système qui peut être utilisé dans d'autres domaines et dans d'autres pays. De cette manière, nous mettons sur le marché de ce groupe de pays et de ceux qui s’y incluront à l'avenir un produit essentiel pour la production alimentaire, à un prix meilleur et plus stable que celui qui nous impose la situation internationale.
Un autre thème sur lequel je suggère également que nous travaillions, c’est le modèle de transfert de technologie pour la production d’aliments qui, par exemple, est très développé en Argentine, et dont le ministre des Affaires étrangères Cafiero a fait référence lors de la réunion ministérielle.
Dans le domaine des services, Cuba offre, bien entendu, sa vaste expérience, notamment dans le secteur de la santé. Nous serions en mesure de fournir 1 000 médecins généralistes intégraux qui pourraient prendre en charge les populations qui en ont besoin et également mettre en œuvre des programmes de lutte contre les maladies chroniques telles que le diabète et la cécité.
Je suggère par ailleurs que nous nous penchions sur la connectivité de nos transports maritimes et aériens, afin de garantir les chaînes de distribution intra-régionales. Pour cela, il sera nécessaire de tirer pleinement parti des capacités logistiques et d'entreposage de nos pays, ce qui contribuera à faire baisser les prix au titre du fret.
Nous sommes convaincus que les premières propositions et les actions qui découleront de cette réunion s’étendront bientôt à d'autres pays d'Amérique latine et des Caraïbes.
Notre engagement en faveur d'une vision d'intégration et de coopération régionale sera la pierre angulaire de nos efforts communs. De cette manière, nous pouvons également mettre à profit les progrès réalisés au sein de la CELAC.
Vous pouvez compter sur la volonté et l'engagement de Cuba. Nous sommes très intéressés par des résultats concrets et rapides. Nous ne saurions être réticents ou lents alors que nos peuples attendent.
Je vous remercie.






