
Caracas, Venezuela.– Lorsque le Dr Misael Suarez Diaz est arrivé dans l'État d'Anzoategui en 2003, on lui a remis des bottes et d'autres ustensiles parce qu'il allait travailler « dans des endroits reculés ». « Cela m'a impressionné, mais j'ai finalement surmonté cette épreuve », se souvient-il.
Ce n'est pas la plus grande frayeur qu'il ait connue : cuillère et casserole à la main, c'est avec une haine infondée, fruit de l'ignorance, que certains villageois pensaient l'accueillir lors de sa première journée de consultation. Et ils le lui ont fait savoir avec un concert de casseroles.
Ce médecin originaire de Pinar del Rio fut l'un des premiers professionnels de la santé à arriver au Venezuela pour fonder la mission Barrio Adentro (Au sein du quartier), qui a fêté son 20e anniversaire le 16 avril.
L'un de ses souvenirs les plus précieux est l'adieu que lui réserva le Commandant en chef Fidel Castro au Palais de la Révolution. « Il nous a expliqué pourquoi nous venions au Venezuela. Il nous a comblés d'espoirs car, dans mon cas, je n'avais jamais eu l'occasion de participer à une mission. C'était un rêve, et il s'est réalisé. »
« Dès notre arrivée, nous nous sommes efforcés d'apporter à ces personnes les soins médicaux dont elles avaient le plus grand besoin. Nous sommes allés directement au domicile des Vénézuéliens. Nous avons vécu avec eux. C'était très agréable, car ils nous ont accueillis avec joie et nous nous sommes rendu compte que nous étions très utiles. »
« La mission a commencé comme je vous le dis : il n'y avait pas de cliniques, nous nous occupions des patients à leur domicile. Nous nous soutenions tous les uns les autres et allions à la rencontre des personnes les plus pauvres. »
En mars 2020, il est retourné en terre bolivarienne. Pour lui, servir ce peuple est quelque chose de spirituel. Après avoir terminé sa première mission, le Commandant Hugo Chavez est décédé. « J'ai dit que, si j'en avais l'occasion, je reviendrais, dans bien des domaines, pour visiter la Caserne de la Montaña. Ce fut modeste hommage. Et l'engagement d'aider se poursuit. »
Aujourd'hui, il est le coordinateur du Centre de diagnostic intégral (CDI) Alberto Granados, à El Limon, une humble communauté de la paroisse de Sucre, où plus de vingt coopérants cubains fournissent des soins médicaux 24 heures sur 24 à une population d'environ 75 000 patients.
Nous disposons de services d'urgence, d'hospitalisation et de médecine, de laboratoire clinique, d'échographie, d'odontologie et de rééducation. Cependant, les principales pathologies auxquelles sont confrontés nos spécialistes - sous la direction du Dr Suarez Diaz - sont l'hypertension artérielle et le diabète sucré, causé par des troubles de l'alimentation. En outre, ils traitent les affections respiratoires aiguës associées, avant tout, au climat de cette région montagneuse.
Vingt ans se sont écoulés, dans le quartier, pour nos professionnels de la santé. En ce sens, ce médecin fondateur insiste sur le fait que « la Mission a été préservée grâce aux efforts de nombreuses personnes, surtout de ses créateurs : Fidel et Chavez. Le concept qu'ils ont conçu a été maintenu. Nous sommes convaincus que le travail que nous faisons est important, non seulement pour le Venezuela, mais aussi pour les Amériques et le monde. »
À Anzoategui, où il a passé sept ans, le Dr Misael Suarez Diaz a soigné les mêmes personnes qui, à son arrivée, avaient tenté de le tabasser. Il allait l'apprendre par la suite.
Ce premier matin, d'autres villageois lui avaient dit : « Docteur, ne vous inquiétez pas, demain vous irez à votre consultation. Nous allons vous accompagner. »
« J'étais stupéfait, il y avait une marée humaine. Les adversaires sont restés avec leurs casseroles et leurs cuillères à la main. Depuis, aucune casserole n’a résonné ».






