ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Le Premier ministre a évoqué les actions entreprises par notre pays pour atteindre la souveraineté économique et continuer à diversifier nos partenaires commerciaux. Photo: Studios Revolucion

Saint-Pétersbourg, Fédération de Russie : « Le développement souverain doit être compris comme la capacité de nos nations à décider, par elles-mêmes, de l'établissement de leurs propres feuilles de route pour la croissance de nos économies au bénéfice des populations », a déclaré jeudi le membre du Bureau politique et Premier ministre Manuel Marrero Cruz lors de l'ouverture du 26e Forum économique international, qui se tient dans cette ville.

S'exprimant lors du panel d'ouverture consacré à la souveraineté économique dans un monde multipolaire, le chef de gouvernement cubain a indiqué que pour les nations en développement, et en particulier pour Cuba, la situation est beaucoup plus défavorable. « Mon pays est un petit État insulaire des Caraïbes, une région où les effets du changement climatique sont les plus importants. »

Et d’ajouter : « Les effets néfastes de la pandémie de COVID-19 sont un autre aspect qui a retardé la réalisation des projets. Notre pays a su innover et créer ses propres vaccins et nous avons vaincu la pandémie. Mais la crise économique qui nous a frappés a été très difficile à gérer et, bien sûr, elle entrave également les progrès vers la souveraineté économique. »

Dans le cas particulier de Cuba, a souligné Marrero Cruz, il s'agit d'une nation qui, depuis plus de 60 ans, est confrontée au blocus économique, financier et commercial du gouvernement des États-Unis, qui limite notre accès aux banques, aux crédits, au système financier international et décourage les investissements.

« Cuba suit la voie du développement durable en intégrant ses trois dimensions : économique, sociale et environnementale, et le Plan national de développement économique et social à l'horizon 2030 est conforme aux Objectifs de développement durable, un facteur clé pour avancer dans cette direction, malgré les obstacles majeurs auxquels nous sommes confrontés », a-t-il rappelé.

Dans une autre partie de son intervention, le Premier ministre a évoqué les actions entreprises par notre pays pour atteindre la souveraineté économique, qui reposent non seulement sur la capacité à créer des biens et à augmenter les exportations, mais aussi sur la poursuite de la diversification de nos partenaires commerciaux.

« Nous sommes ouverts au monde, nous avons même récemment participé à un vaste programme d'activités de l'Union économique eurasienne, en tant qu'État observateur, et l'objectif est d'amener les relations économiques et commerciales entre nos pays au même niveau que les relations politiques », a-t-il souligné.

Le chef du gouvernement a également indiqué que nous avons encouragé les investissements étrangers, qui constituent un élément clé du développement de l'économie. « Nous offrons de nombreuses possibilités pour les investissements dans les domaines du tourisme, de l'agriculture, de l'industrie… »

« L'objectif est de substituer les importations, d'introduire de nouvelles technologies... », a déclaré Marrero Cruz, qui a ajouté qu'en outre, l'une des mesures mises en œuvre est la création et l'expansion des différents acteurs économiques, tels que les coopératives et les micro, petites et moyennes entreprises, dont plus de 8 000 ont déjà été approuvées au cours de l'année écoulée.

Il a insisté sur le fait que tout ce qui a été fait au niveau interne et international contribue à l'objectif d'avancer vers un développement souverain et autochtone. Il a également évoqué le processus de consolidation des relations économiques et commerciales avec la Russie, pays avec lequel plusieurs accords ont été signés en vue de rechercher l'autonomie et de tirer parti de nos propres ressources.

« Alors que n'importe quel autre pays, face à la complexité du passé récent et du présent, réglerait de nombreux problèmes économiques par une thérapie de choc, nous continuons à avancer dans des conditions très défavorables, mais avec la certitude d'être sur la bonne voie », a-t-il dit.

Rappelant que Cuba assure la présidence pro tempore du Groupe des 77 et la Chine en 2023, et qu'un sommet des chefs d'État et de gouvernement se tiendra en septembre prochain à La Havane, le Premier ministre Marrero Cruz a souligné que ce sera également l'occasion pour nous de nous ouvrir et de montrer les facilités d'investissement offertes par notre pays.

« Cuba mise sur le développement de la science et de l'innovation et tire les meilleures expériences de ces moments de crise, où nous voyons notre potentiel et le mettons à la disposition du développement du pays et au profit de notre peuple », a-t-il signalé.

« Nous vous assurons que Cuba continuera à lutter, à résister, à ne jamais céder aux pressions des puissances qui imposent des sanctions et, en outre, nous ne nous contenterons pas de résister, mais nous nous développerons. Nous sommes convaincus que c'est ainsi que nous parviendrons à la souveraineté économique dont le pays a tant besoin pour le bénéfice et la prospérité de notre peuple », a-t-il conclu.

Le développement souverain comme base d'un monde juste et l'union des forces pour les générations futures ont été les thèmes des différents intervenants de cette journée d'ouverture du Forum, qui réunit des délégués de plus d'une centaine de pays, et à laquelle toutes les régions ont participé : Cuba, avec son Premier ministre, représentant les Amériques ; la Russie, pour l'Europe, avec le Premier vice-premier ministre, Andreï Beloussov ; pour l'Asie, Zhang Ming, Secrétaire général de l'Organisation de coopération de Shanghai ; et pour l'Afrique, Benedict Okey Oramah, président de la Banque africaine d'Import-Export (Afreximbank).

Alexandre Béglov, gouverneur de Saint-Pétersbourg, a accueilli les participants à cet important événement et leur a souhaité des « rencontres intéressantes », un événement qui réunit chaque année des chefs d'État, des Premiers ministres, des dirigeants politiques et des PDG de grandes entreprises russes et internationales.

Par la suite, le ministre cubain du Tourisme, Juan Carlos Garcia Granda, a pris part au dialogue commercial Russie-Amérique latine, auquel participaient également des représentants du Nicaragua, du Venezuela, de la Colombie, du Paraguay, entre autres, ainsi que des autorités commerciales russes.

Son intervention a porté sur le renforcement des relations économiques et commerciales entre La Havane et Moscou, et sur leur potentiel à favoriser les liens de la nation slave avec l'Amérique latine, à un moment aussi complexe où la Russie réoriente son marché.

Pour Cuba - qui participe au Forum depuis 2013 - comme pour les autres nations participantes, cet événement reste une plateforme internationale de contact entre les représentants de la communauté des affaires, ainsi qu'un espace de débat sur les questions économiques clés pour la Russie et les marchés en développement.