ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

Intervention de Miguel Mario Diaz-Canel Bermudez, Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République, au Dialogue de haut niveau sur le financement du développement, à l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 20 septembre 2023, « Année 65 de la Révolution »

Photo: Estudios Revolución

(Traduction de la version sténographiée de la Présidence de la République)

 

Excellences,

 

C’est un honneur pour moi de prononcer cette déclaration au nom du Groupe des 77 plus la Chine.

Le Dialogue de haut niveau offre une occasion précieuse d’échanges ouverts permettant de réfléchir aux progrès accomplis dans la mise en œuvre du Plan d'action d'Addis-Abeba et d’évaluer les moyens les plus efficaces de combler le fossé qui se creuse, en mobilisant la volonté politique et les ressources nécessaires pour atteindre les Objectifs de développement durable d'ici à 2030.

L'architecture financière actuelle n'est pas conçue pour apporter les réponses dont les pays du Sud ont besoin. La réforme inclusive de cette architecture est une revendication de longue date, qui a pour objectif le respect des principes et des objectifs de la Charte des Nations unies et du Droit international.

Ainsi, un pas dans cette direction consisterait à redéfinir et à recapitaliser les banques multilatérales de développement afin qu'elles puissent aider efficacement les pays en développement dans leur ensemble. Toutefois, même le refinancement des banques multilatérales de développement ne suffirait pas à lui seul à répondre aux besoins des 80 % de la population mondiale vivant dans le Sud global.

Des mesures immédiates sont nécessaires pour s'attaquer de toute urgence à la dette extérieure insoutenable qui entraîne la plupart des pays en développement vers un abîme économique. Une solution inclusive et efficace, avec la participation de tous les créanciers, doit être trouvée immédiatement pour que les pays du Sud, notamment les pays à revenu intermédiaire qui disposent de milliards de dollars d'épargne intérieure, puissent investir dans leur développement.

En outre, il n’est plus possible de retarder la réorientation des Droits de tirage spéciaux inutilisés vers les pays en développement, ainsi qu’une nouvelle répartition de ces droits.

Troisièmement, la réforme du système de gouvernance actuel, créé voilà près d'un siècle, ne reflète pas la réalité des structures multilatérales d'aujourd'hui, ce qui implique de :

Procéder à une réforme de la structure de gouvernance des institutions financières internationales, notamment du Fonds monétaire international, car le système de vote basé sur le pouvoir économique et financier n'est plus viable.

Améliorer l'architecture de la dette souveraine mondiale avec une participation significative des pays en développement.

De mettre en place des plateformes inclusives et efficaces pour concevoir et débattre des règles et des réglementations fiscales internationales au sein des Nations Unies.

Le système commercial international a également besoin de toute urgence d'une action décisive pour réaliser des réformes. Cela doit inclure le fait que les pays développés cessent d'alourdir artificiellement le fardeau des exportations de ces marchés de pays en développement à travers des droits de douane injustifiables et discriminatoires, ce qui permettrait aux pays en développement de créer des industries modernes qui ajouteraient de la valeur à leurs installations extractives et agricoles.

Pour conclure, le Groupe espère que ce dialogue stimulera d'urgence la volonté politique de mettre en œuvre ce que nous savons tous être nécessaire pour surmonter l'une des crises les plus complexes que l'Humanité ait connue dans l'Histoire moderne.

Je vous remercie (Applaudissements).