(Traduction de la version sténographiée de la Présidence de la République)
(Cuba oui, blocus non ! Cuba oui, blocus non ! Cuba oui, blocus non ! (Exclamations : Cuba oui, blocus non !)
Compañeras et compañeros,
Amis,
Sœurs et frères,

Cuba et le Venezuela sont sûrs que, forts de l'héroïsme de nos peuples et de votre soutien, nous vaincrons ! (Applaudissements et exclamations.)
Nous nous sentons très émus et très touchés de participer à cette rencontre de solidarité que vous organisez, vous, les voix dignes des États-Unis, les voix dignes du peuple étasunien, vous qui apportez un énorme soutien à Cuba et au Venezuela, à nos révolutions sœurs, en disant non aux sanctions et aux blocus. (Applaudissements et exclamations).
Je voudrais maintenant vous poser une question : après tout ce qui a été dit ici, après tous les sentiments qui ont été exprimés, après que vous avez entendu une magnifique démonstration de musique de jazz étasunien, mêlé à la latinité de la musique cubaine, par le maestro O'Farrill et son quintette, est-il nécessaire que je parle ? (Exclamations de « Oui ! ») Vous êtes très aimables et très généreux.
J'ai beaucoup de choses à vous dire, des sentiments qui viennent de l'engagement de la lutte révolutionnaire de peuples comme le Venezuela, comme Cuba, qui font que lorsque nous voyons ces manifestations de solidarité, cet engagement à nous soutenir, que vous nous avez proposé avec des voix dignes, nous ressentons également un énorme engagement, parce que nous savons alors que nous ne luttons pas seulement pour le Venezuela, nous ne luttons pas seulement pour Cuba, nous ne luttons pas seulement pour les pays et les peuples du Sud, mais que vous et nous tous, nous luttons pour un monde meilleur qui est possible (Applaudissements et exclamations).
Ce sentiment que nous partageons tous ici ce soir, c'est l'enseignement, c'est l'exemple, c'est ce que Fidel et Chavez nous ont demandé (Applaudissements et exclamations).
Sœurs et frères,
Alors que j’allais participer à cette rencontre, je réfléchissais au chemin qui nous a conduits jusqu'ici, et je me suis souvenu également d'une rencontre semblable qui s'est déroulée il y a cinq ans à l'église Riverside, à laquelle nous avons assisté, comme aujourd’hui, avec la délégation cubaine qui allait participer à une session de l'Assemblée générale des Nations unies (Applaudissements).
Cette nuit-là, nous étions très nerveux lorsque nous sommes arrivés à Riverside, car l'esprit de Fidel était présent. Fidel a effectué une visite à Riverside et il a été reçu par la communauté étasunienne de Riverside (Applaudissements). Là, il a expliqué au peuple étasunien l'essence de la Révolution cubaine. Toute cette histoire que nous connaissions depuis notre enfance exerçait une forte pression sur nous qui nous trouvions à l'endroit même où Fidel avait parlé aux Étasuniens.
Cette nuit-là, le président Maduro est également venu à Riverside (Applaudissements) et cette nuit-là, Riverside, Cuba et le Venezuela ont reçu la chaleur, le soutien, l'affection, l'amour et la solidarité du peuple étasunien, si bien que la magie et la signification du lieu nous sont devenues immédiatement familières, car nous avons été accueillis avec une immense gentillesse et beaucoup d'amour par Gail Walker, ici présente (Applaudissements). C'est là que je l'ai rencontrée personnellement et que sont nées une amitié et une fraternité qui perdurent et perdureront à jamais, Gail ? n'est-ce pas vrai ? (Applaudissements)
Plus tard, de jeunes journalistes qui travaillent dans mon équipe m'ont présenté Manolo (Applaudissements), un jeune Dominicain-Étasunien, de tempérament inquiet (Applaudissements), un grand ami de Cuba (Applaudissements et exclamations), et dès notre première rencontre, nous avons parlé du socialisme, des défis de la construction socialiste en ces temps si difficiles, et de l'aspiration au socialisme de nombreux jeunes aux États-Unis, qui sont présents ici aujourd'hui (Applaudissements et exclamations).
Au fil du temps, Manolo m'a présenté Prashad et avec lui, nous avons également eu une conversation pleine de conviction, de convergences d’idées, sur la manière de construire le socialisme, de promouvoir les idées du socialisme parmi les jeunes, nous avons même parlé de boxe, et une amitié est née, que nous avons eu l’occasion de partager à plusieurs reprises.
Par la suite, Manolo a emmené à Cuba un groupe de jeunes Étasuniens, dont beaucoup sont présents ici (Applaudissements et exclamations), nos amis, nos frères du Forum du peuple (Applaudissements et exclamations). C’est ainsi que nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises, nous avons discuté, ils ont visité Cuba ; nous avons apprécié leurs campagnes de soutien et la façon dont les idées les plus justes étaient présentes au sein de la nouvelle génération d'Étasuniens.
Nous n'oublierons jamais les actions que vous avez menées en solidarité avec Cuba lorsque l'on a voulu nous isoler au Sommet des Amériques (Applaudissements). Nous n'oublierons jamais les manifestations que vous avez organisées au fil des années, notamment les fins de semaine, contre le blocus (Applaudissements). Et c'est pourquoi nous sommes ici aujourd'hui !
C'est la dernière nuit que nous passons à New York. Nous avons visité le siège du Forum des peuples ces derniers jours, nous avons pu parler avec Manolo et avec d'autres d'entre vous. Hier, vous manifestiez dans les rues de New York, nous n'avons pas pu nous empêcher de nous rendre à l’angle des rues où vous nous souteniez pour vous saluer, vous serrer dans nos bras et vous remercier (Applaudissements et exclamations).
Mais ce que nous ne pouvions pas imaginer, c'est que dans les dernières heures où nous allions être à New York, nous allions vivre ces émotions lors d’une rencontre de solidarité avec le Venezuela et Cuba (Applaudissements et exclamations).
Vous nous avez offert de l'amour, du soutien, de la solidarité ; vous nous avez embrassés et nous sommes ici aujourd'hui pour vous donner de l'amour, pour vous exprimer notre solidarité et pour vous remercier de ces accolades (Applaudissements et exclamations). Ce soir, en cet instant, nous vous embrassons au nom du peuple cubain (Applaudissements et exclamations). Cette rencontre est le point culminant des émotions que nous avons vécues ces derniers jours.

Le premier jour de notre séjour à New York, nous avons visité le Mémorial et Centre éducatif Malcolm X et Dre Betty Shabazz (Applaudissements et exclamations). Nous sommes allés rendre hommage à un combattant étasunien, à un défenseur des droits de l'Homme, à un défenseur du peuple afro-étasunien, à un défenseur des causes justes. Et avec cette visite, nous lui rendions hommage précisément la veille du jour où nous commémorions les 63 ans de la rencontre entre Malcolm X et Fidel Castro ici à New York (Applaudissements et exclamations).
C'était en septembre 1960, le Département d'État avait empêché Fidel de trouver un hébergement, il ne donnait pas à la délégation cubaine la sécurité dont elle avait besoin pour séjourner à New York alors qu'elle participait à une session des Nations unies. Malcolm X lui a ouvert la porte de Harlem et a facilité le séjour de Fidel à l'hôtel Theresa à Harlem (Applaudissements et exclamations). Ce fut le début d'une amitié indestructible, qui est aussi le fondement de l'amitié que partagent aujourd'hui le peuple étasunien et le peuple cubain (Applaudissements et exclamations).
Ces derniers jours, nous avons pu rencontrer des représentants de différents secteurs du peuple étasunien, des secteurs de la science, de la culture et de la santé, des hommes d'affaires étasuniens et des hommes d'affaires cubains qui vivent aux États-Unis et qui font la promotion des relations commerciales avec Cuba (Applaudissements).
Nous avons eu une réunion amicale avec des Cubains vivant aux États-Unis et nous avons reçu d'eux des messages de soutien et de solidarité, parce que eux tous et vous construisez des ponts d'amour, comme Carlos Lazo, entre le peuple cubain et le peuple étasunien (Applaudissements et exclamations).
Vous comprendrez qu'à l'heure où Cuba vit soumise à un blocus renforcé, et où nous ressentons également les effets de cette intensification après notre inclusion dans une liste de pays supposés soutenir le terrorisme, nous retrouver avec ce soutien, avec cette force, avec cet encouragement et avec cette énergie que vous nous offrez, nous oblige à exprimer nos sentiments et à vous remercier.
Comme vous le savez, nous avons participé, au sein d'une délégation cubaine, à la 78e Session de l'Assemblée générale des Nations unies. Nous sommes venus ici non seulement pour faire entendre la voix du peuple cubain, mais aussi pour faire entendre la voix des peuples du Sud (Applaudissements et exclamations), parce que Cuba préside actuellement le Groupe des 77 et la Chine, un groupe de plus de 133 pays du Sud qui coordonne les actions en faveur des pays en développement ; un groupe diversifié composé principalement de pays d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine et des Caraïbes, et dans ce groupe, nous sommes le Sud !
Nous sommes les héritiers d'un passé commun de colonie ; nous avons subi l'exploitation et le pillage de nos ressources naturelles et humaines dont les anciennes métropoles européennes ont tiré profit pour s’enrichir. Et à l'époque contemporaine, nos peuples ont également été victimes d'expressions de néocolonialisme.
Nous représentons plus de 80 % de la population mondiale et nous sommes la majorité des peuples les plus durement touchés par la pauvreté, la faim, la misère, les décès dus à des maladies curables, l'analphabétisme, les déplacements de populations et autres conséquences du sous-développement.
Nous sommes également les pays qui souffrent le plus des conséquences du changement climatique, de la crise climatique que connaît le monde, causée par des modes de production et de consommation non durables du capitalisme. En bref, nous sommes les premières et principales victimes du changement climatique.
Cuba a insisté pour que, dans le cadre de la présidence pro tempore, nous promouvions notre engagement à défendre la cause de ces peuples, qui est aussi la cause du peuple cubain (Applaudissements), et c'est la cause en faveur de la justice pour laquelle on se bat également dans les pays développés et que vous défendez ici aux États-Unis.
Il existe aujourd'hui un ordre économique international qui génère et perpétue le sous-développement, qui garantit des modes de vie lucratifs et non durables à quelques minorités seulement, au détriment des conditions de vie déplorables de la majorité, tant dans les pays en développement que dans les pays développés. Il manque des emplois décents, des systèmes éducatifs de base de qualité, des services de santé accessibles à tous et d'autres formes de justice sociale auxquelles toutes les personnes devraient avoir accès, auxquelles tous les peuples du monde devraient avoir accès, et qui aujourd'hui ne sont pas accessibles à la grande majorité, même dans les pays riches.
C'est pourquoi nous exigeons la solidarité et non l'égoïsme, la coopération et non la rivalité, le travail décent et non l'exploitation, l'harmonie, le respect et la tolérance, et non le racisme ou la discrimination sous quelque forme que ce soit (Applaudissements et exclamations).
Les peuples ont le droit de déterminer leur destin sans ingérence ou impositions étrangères (Applaudissements et exclamations).
Les nations ont le droit de disposer de leurs sources de richesse et à leurs ressources naturelles, qui ne peuvent continuer d’être le patrimoine intouchable des grandes sociétés transnationales (Applaudissements et exclamations).
Nos peuples ont aussi le droit d'identifier et de rejeter les modèles culturels aliénants que l’on tente de nous imposer, ceux que tentent de nous imposer les médias, qui sont également de nouvelles formes de colonisation (Applaudissements et exclamations). Ils visent à démobiliser, confondre, désorienter et réduire la capacité de nos peuples à se mobiliser et à réagir, en encourageant l'égoïsme et le consumérisme, en générant l'apathie et le ressentiment, tout en célébrant des modèles de réussite et de bien-être non durables. Ils méprisent la justice sociale et la valeur des idées, ils veulent que nous ignorions notre Histoire et tentent de nous diviser.
Nous vivons dans un monde de plus en plus polarisé, où les dépenses en armement sont colossales, où les modes de production et de consommation menacent la stabilité environnementale et peuvent nous conduire au pessimisme.
Mais ce n'est pas la nature des révolutionnaires (Applaudissements et exclamations), ce n'est pas l'option de ceux d'entre nous qui sont convaincus qu'un monde meilleur est possible, et de ceux d'entre nous qui ont la conviction qu'il vaut la peine de se battre pour ce monde meilleur qui est également possible ! (Applaudissements et exclamations).
C'est pourquoi c'est une grande satisfaction pour nous de vous rencontrer, vous qui êtes des compagnons, des amis, des sœurs et des frères qui partagent ces idées.
C'est un privilège de pouvoir exprimer sur une scène comme celle-ci notre gratitude et notre reconnaissance à ceux qui, pendant tant d'années, ont accompagné la cause de Cuba dans la défense de son indépendance, de son droit à déterminer son propre destin et à ceux qui, pendant si longtemps, ont lutté contre le criminel blocus yankee (Applaudissements et exclamations).
C'est aussi un privilège de pouvoir unir notre voix ici ce soir à la vôtre en solidarité avec le Venezuela (Applaudissements), avec le Nicaragua (Applaudissements et exclamations), avec le peuple de Porto Rico qui célèbre aujourd'hui son glorieux « Cri de Lares » (Applaudissements et exclamations « Vive Puerto Rico ! ») et avec les peuples d'Amérique latine, des Caraïbes, d'Afrique, d'Asie et tous ceux, y compris en Europe et en Amérique du Nord, qui sont victimes de l'injustice et de l'inégalité (Applaudissements).
C'est de plus un privilège de partager avec tant d'amis et d'entendre de leur propre voix les problèmes politiques et sociaux qu'ils affrontent au quotidien.
À Cuba, le processus révolutionnaire de transformation se poursuit sur la voie du socialisme (Applaudissements). Nous traversons des moments particulièrement difficiles, comme vous le savez, dans la gestion de l'économie, en raison de l'intensification du blocus, des effets de l'inscription sur la liste des pays qui, soi-disant, soutiennent le terrorisme, et aussi en raison de problèmes et d’insuffisances internes que nous devons surmonter, et nos amis doivent en avoir connaissance et nous partageons cela avec vous. Nos amis devraient en être conscients et nous le partageons avec vous. Ces réalités, vous les percevez, lorsque vous venez dans notre pays.
L'effet combiné de la pandémie de COVID-19 et le renforcement du blocus économique constituent des obstacles importants pour assurer la croissance économique et la satisfaction de nombreux besoins de la population. Mais même dans ces conditions, nous n'avons pas cessé et nous ne cesserons pas de donner la priorité à la justice sociale (Applaudissements et exclamations). Nous ne cesserons pas de garantir les besoins fondamentaux de la population.
Nous continuerons à défendre l'équité et nous resterons attachés à la volonté de protéger le système socialiste pour lequel tant de générations de Cubains se sont sacrifiées (Applaudissements).
Nous n'avons jamais abandonné et nous n'abandonnerons jamais le principe de solidarité, même dans les moments de plus grandes limitations matérielles, et nous continuerons à partager non pas ce qui nous reste, mais ce que nous avons (Applaudissements et exclamations).
Comme vous le savez, au cours de la COVID-19, le gouvernement des États-Unis a agi de manière perverse à l'égard de Cuba et s'est comporté de manière criminelle dans certaines des actions qu'il a entreprises contre notre peuple dans ces circonstances difficiles ; il a fait pression sur les entreprises de la zone Amérique latine et Caraïbes pour qu'elles ne vendent pas d'oxygène médical à Cuba lorsque notre usine est tombée en panne au milieu du pic de la pandémie ; il a empêché les entreprises qui commercialisent des respirateurs pulmonaires de les vendre à Cuba, alors que nous avions besoin d'agrandir les services de soins intensifs, mais notre système de Santé publique et notre niveau scientifique nous ont permis de surmonter l'adversité (Applaudissements).
Les scientifiques cubains, notamment des jeunes, ont créé les vaccins qui ont sauvé le pays (Applaudissements) ; de jeunes scientifiques ont conçu et construit des respirateurs pulmonaires très performants (Applaudissements), et c'est ainsi que notre contrôle des maladies est classé parmi les meilleurs du monde, avec des vaccins, des médicaments, des équipements et des protocoles mis au point à Cuba (Applaudissements).
Mais il a également été très important et très stimulant pour nous de recevoir, dans ce contexte complexe, l’aide solidaire internationale, en particulier de grandes quantités de seringues qui sont arrivées de nombreuses parties du monde, qui sont arrivées des États-Unis, que vous nous avez envoyées (Applaudissements et exclamations).
Le pari de l'impérialisme dans les heures les plus difficiles de ces dernières années a été d’en finir avec la Révolution et de provoquer l'effondrement du socialisme à Cuba, et il est vrai qu'ils nous ont causé des dommages, des pénuries et d'autres difficultés, mais ils n'ont pas réussi à renverser la Révolution cubaine, et ils n'y parviendront jamais ! (Applaudissements et exclamations).
La résistance créative du peuple cubain a démontré que l'impérialisme n'est pas en mesure de faire plier notre volonté, ni de briser l'engagement de notre peuple envers la Révolution et le socialisme (Applaudissements).
Nous avons confiance en notre cause, nous avons confiance en notre œuvre de justice sociale et nous sentons le soutien solidaire de nos frères et sœurs dans toutes les parties du monde (Applaudissements).
Recevez l'accolade fraternelle et solidaire du peuple cubain (Applaudissements).
Recevez un message d'amitié pour le peuple étasunien, ainsi que pour tous les peuples que vous représentez ici !
Nous croyons fermement, comme Fidel nous l'a enseigné, qu'« il n'existe aucune force au monde capable d'écraser la force de la vérité et des idées ».
Nous continuerons à lutter pour Cuba à vos côtés (Applaudissements), à lutter pour le socialisme (Applaudissements) ! À lutter pour la justice sociale (Applaudissements) ! À lutter pour la conquête d'un monde meilleur (Applaudissements) et nous y parviendrons ! Et nous vaincrons !
Hasta la Victoria Siempre!
(Exclamations : « Cuba oui, blocus non ! »)
(Ovation)






