ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

Cuba a exprimé sa solidarité avec le Gouvernement de la République Bolivarienne du Venezuela, face au nouvel acte de spoliation de son patrimoine que constitue la destruction par les autorités étasuniennes de l'avion Boeing 747-300M appartenant à l'entreprise vénézuélienne Emtrasur.
C'est ce qu'a annoncé sur son compte X le membre du Bureau politique du Parti et ministre cubain des Relations extérieures, Bruno Rodriguez Parrilla.
Le président vénézuélien Nicolas Maduro Moros a dénoncé cet incident, qui met en péril la sécurité aérienne dans la région, en le qualifiant de « crime ». « C'est la haine qu'ils portent au Venezuela révolutionnaire et bolivarien.... C'est scandaleux ! C'est un crime contre un avion qui appartenait à tout le peuple vénézuélien... », a-t-il posté sur son compte X.
Selon le site Mision Verdad, un groupe d'enquêteurs spécialisés dans l'analyse du processus de guerre contre le Venezuela, après être resté bloqué pendant 20 mois en Argentine, des images de l'avion ont circulé cette semaine, alors qu’il était désossé dans un aéroport de Floride, mettant fin à « l'un des thrillers les plus éloquents sur la violation du Droit international de ces derniers temps ».
Outre le détournement, le vol et la destruction, il révèle également comment, avec le changement de gouvernement en Argentine, suite à la victoire du candidat d’extrême droite Javier Milei, la justice de ce pays d’Amérique du Sud a accéléré l'autorisation d'extrader l'avion vers les États-Unis.
Mision Verdad lève le voile sur le mystère qui entoure le transfert de l'avion vers les États-Unis : il aurait décollé d'Ezeiza au petit matin, aurait utilisé un autre numéro d'immatriculation pour cacher son identité, aurait coupé le système de communication à certains endroits, aurait survolé la Colombie comme s'il s'agissait d'un avion militaire et aurait atterri sur un aéroport (d'entraînement) aux États-Unis.
En outre, ils ont emprunté la route du trafic de drogue, par laquelle d'énormes quantités de stupéfiants sont acheminées vers les États-Unis. Avec une attitude arrogante, ils se sont félicités du butin saisi.
« Mahan Air (la compagnie iranienne qui a vendu l'avion au Venezuela) a violé nos restrictions à l'exportation. Il est désormais la propriété du gouvernement des États-Unis », a déclaré Matthew Axelrod, Sous-secrétaire aux contrôles à l'exportation, selon Mision Verdad.
CHRONOLOGIE D'UN VOL
2022
4 juin. Le Boeing 747-300m a atterri dans la ville mexicaine de Querétaro, où il devait récupérer des marchandises de Volkswagen.
5 juin. Départ de Querétaro à 18h37, muni de toutes les autorisations réglementaires.
6 juin. Arrivée à Buenos Aires, Argentine, après avoir temporairement transité par la ville de Cordoba. Shell refuse de fournir du carburant prépayé à Ezeiza.
8 juin. Il est décidé de gagner l'Uruguay pour faire le plein de carburant, mais le gouvernement uruguayen révoque le permis, ce qui oblige l'avion à revenir à Buenos Aires, où il est retenu.
17 juin. Le ministère argentin de la Sécurité assure qu'il n'y a aucun lien avec des organisations terroristes.
18 juin. Un juge ne trouve aucun lien avec des actes de terrorisme islamique ou d'espionnage illégal.
27 juin. Autorisation de la restitution des téléphones aux 14 membres de l'équipage vénézuélien, mais rétention des appareils des cinq Iraniens. Douze sénateurs républicains demandent au Procureur général des États-Unis, Merrick B. Garland, d'aider l'Argentine dans son enquête.
19 juillet. Le tribunal du district de Columbia émet un ordre de saisie, au motif que « l'avion est susceptible d'être confisqué en raison de violations des lois des États-Unis sur le contrôle des exportations liées au transfert non autorisé de l'avion de Mahan Air ».
25 juillet.  Il est ordonné de retirer la cargaison (des pièces automobiles de Volkswagen) de l'avion.
2 août. 12 membres de l'équipage, dont 11 Vénézuéliens et un Iranien, sont autorisés à quitter l'Argentine et à récupérer leurs passeports. Les Etats-Unis adressent à l'Argentine une demande de saisie de l'avion.
8 août. La décision du jury, qui bloque la sortie du territoire de l'équipage, fait l'objet d'un appel et la décision est portée devant la Chambre de La Plata.
11 août. La demande de saisie des États-Unis est acceptée.
Entre le 16 et le 17 août.  Emtrasur a fait appel de la décision de saisie.
22 août. Deux avocats argentins se voient refuser la représentation du Venezuela et d'Emtrasur.
13 septembre. La Chambre fédérale de La Plata autorise les 12 membres d'équipage à quitter le pays.
27 septembre. Quatorze membres d'équipage de l'avion Emtrasur sont acquittés.
14 octobre. La libération des cinq membres d'équipage de l'avion d’Emtrasur restés sur le territoire argentin est ordonnée.
2023
4 mai. Un juge fédéral des États-Unis a ordonné la saisie de l'avion de la société Emtrasur, retenu depuis l'année dernière à l'aéroport d'Ezeiza.
29 décembre. Décision d'exécuter la saisie ordonnée par la justice des États-Unis.
2024
3 janvier. Emtrasur rejette la décision arbitraire et illégale de saisir l'avion à la demande des États-Unis.
5 février. Les médias argentins accusent d'espionnage un fonctionnaire diplomatique de l'ambassade du Venezuela en Argentine.
10 février. L'ambassade du Venezuela a démenti les informations publiées par le journal Clarin.
11 février. L'Alliance Bolivarienne des Peuples, Traité de Commerce des Peuples (ALBA - TCP) rejette les tentatives de vol de l'avion vénézuélien.
12 février. L'avion décolle pour les États-Unis. Le ministère vénézuélien des Affaires étrangères publie une déclaration officielle de condamnation de cet acte illégal.
28 février. Des images circulent montrant le démantèlement de l’appareil aux États-Unis.