
Invisibiliser, dénaturer, normaliser, anesthésier, telles sont les recettes du projet sioniste et de ses puissants mentors pour exterminer la Palestine : faire croire que la terre usurpée est une terre sans peuple et donc que la population arabe qui y est installée depuis des siècles n'existe pas ; amener le monde à s'habituer aux massacres télévisés, aux chiffres effarants, et à détourner le regard.
Nul ne parle des kilomètres de terre arrachés à leurs possesseurs, des centaines de milliers d'hommes et de femmes qui, depuis 1948, détiennent les titres de propriété et les clés de maisons qu'ils n'ont jamais revues, déplacés dans leur propre pays, ni de la douloureuse diaspora des réfugiés…
Depuis octobre dernier, un nouveau massacre, un autre encore, menace les Palestiniens. À l'effet dévastateur des armes s'ajoute désormais la faim, mais Tel-Aviv - dans une démonstration presque incroyable d'arrogance et d'impunité – s’est engagé à « finir le travail », que la campagne militaire à Rafah ne s'arrêterait pas ; dans ce fragment de territoire, dans le sud de Gaza, où quelque 1,5 million de personnes s'accrochent à la vie, une incursion terrestre serait dévastatrice.
Mais faut-il vraiment encore plus d'horreur pour que la pression internationale passe du stade de « croissante » à celui de pleine et active ? L'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a annoncé que plus d'enfants ont été tués au cours des derniers mois qu'au cours des quatre années de conflit dans le monde.
Imaginons seulement le visage d'un enfant qui nous est cher, visualisons son innocence et multiplions l'horreur de sa perte par plus de 12 000.
Continuons à mettre un visage sur les chiffres : selon l'Unicef, quelque 17 000 enfants palestiniens sont non accompagnés ou séparés de leur famille, et près d'un million d'enfants sont touchés par des problèmes de santé mentale.
Le Programme alimentaire mondial affirme que la faim a atteint des niveaux catastrophiques et que seul un « filet d'aide » a pu arriver. Lorsque la famine est presque imminente, en particulier dans le nord de Gaza, la réponse sioniste consiste à attaquer l'un des rares centres de distribution de l'UNRWA dans ce petit territoire.
Entre-temps, les mères qui viennent d'accoucher, privées de nourriture, d'eau potable et de soins médicaux, épuisées et traumatisées par la guerre, ne sont guère en mesure d'allaiter leur enfant. Privés de lait maternel et de lait maternisé, les bébés sont les plus susceptibles de se déshydrater, de souffrir de malnutrition et de présenter des pathologies graves telles que l'insuffisance rénale.
En janvier, les agences des Nations unies ont signalé qu'un enfant de moins de deux ans sur six souffrait de malnutrition sévère et que trois pour cent d'entre eux nécessitaient un traitement d'urgence. Plusieurs enfants sont aujourd'hui décédés des suites de la malnutrition.
Le père d'Ali, l'un d'entre eux, a déclaré que son fils était mort de faim devant le monde entier et s'est demandé quel serait le sort des autres : être sauvés ou mourir ?






