Le 23 décembre, tout le monde l'a entendu. À l'ONU, le représentant permanent du Venezuela auprès de cette organisation, Samuel Moncada, a dénoncé « un crime d'agression gigantesque en cours, hors de tout paramètre rationnel, de toute logique légale et de tout précédent historique », de la part du gouvernement des États-Unis.
Cette action comprend, selon lui, un blocus naval déclaré, le vol de 4 millions de barils de pétrole vénézuélien et une guerre électronique dans l'espace aérien, ce qui, a-t-il affirmé, constitue une violation du Droit international et une menace pour la paix régionale.
Lors de la session du Conseil de sécurité, il a déclaré que l'objectif était de « fabriquer une provocation qui leur permettrait d'invoquer faussement l'article 51 de la Charte des Nations unies », et il a insisté sur le fait que le Venezuela n'était que la « première cible d'un plan plus vaste », qui vise à diviser et à conquérir le continent « morceau par morceau ».
De son côté, le représentant de Washington à l'ONU, Mike Waltz, a proféré une menace ouverte : « Les États-Unis imposeront et appliqueront des sanctions maximales pour priver Maduro des ressources qu'il utilise pour financer le cartel des Soles, que les États-Unis ont désigné comme une organisation terroriste étrangère, tout comme le Tren de Aragua. Les pétroliers sanctionnés constituent la principale source de revenus de Maduro et de son régime illégitime », a-t-il déclaré.
Ce n'est pas la première fois que la question de l'escalade militaire directe contre le Venezuela est portée devant l'organisme multilatéral. En octobre dernier, Samuel Moncada a remis en question le droit des États-Unis à militariser la région des Caraïbes, à exécuter des civils et à leur refuser une procédure légale régulière. Il a également dénoncé le fait que, de cette manière, la Maison Blanche cherche à transformer ce pays en une « colonie » étasunienne.
À cette occasion, le représentant permanent de la Russie, Vasili Nebenzia, a accusé Washington d'être « responsable des conséquences catastrophiques que ce comportement de cow-boy a pour les habitants du pays soumis à un blocus ». Auparavant, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait réitéré à son homologue vénézuélien, Yvan Gil, la volonté de son pays d'apporter tout le soutien nécessaire pour contrer le blocus contre la nation sud-américaine. De même, Maduro et Poutine ont insisté sur l'Accord de partenariat stratégique et de coopération, qui établit le respect mutuel face à l'architecture des sanctions du gouvernement étasunien.
D'autres pays ont manifesté leur soutien au Venezuela, comme la Chine qui, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, a réaffirmé que les deux pays sont des partenaires stratégiques et que la confiance et le soutien mutuels sont une tradition dans les relations bilatérales.
De son côté, la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a souligné que la politique étrangère de son administration restera ferme, conformément aux principes constitutionnels de non-intervention, de « non-ingérence et de résolution pacifique des conflits ».
Entre-temps, les exécutions extrajudiciaires se poursuivent dans les eaux des Caraïbes et du Pacifique oriental, dans le cadre, selon le Commandement Sud, d'une stratégie régionale visant à neutraliser les réseaux criminels transnationaux liés au trafic de drogue, bien qu'aucun détail ni aucune preuve vérifiable n'aient été rapportés à ce sujet.






