
Une agression croissante
2015
Mars : Le président étasunien de l'époque, Barack Obama, déclare l'état d'urgence national contre le Venezuela, estimant que la situation politique du pays caribéen constitue « une menace inhabituelle et extraordinaire » pour la sécurité et la politique étrangère de Washington. Le décret 13 692 jette les bases juridiques de l'imposition de mesures coercitives unilatérales contre le Venezuela.
2017
Premières sanctions financières importantes à l'encontre de certains fonctionnaires du gouvernement vénézuélien.
Trump promulgue le décret 13 808, par lequel il interdit l'achat direct ou indirect de titres provenant du gouvernement vénézuélien, renforçant ainsi le boycott financier et la politique d'isolement des banques privées et publiques, ce qui affecte gravement les opérations de la compagnie pétrolière nationale Petroleos de Venezuela (PDVSA). Forte chute de la capacité d'importation du pays.
2018
Nouvelles sanctions à la suite des élections présidentielles, considérées comme frauduleuses par les États-Unis.
Trump promulgue le décret n° 13 827, qui interdit toute transaction relative à l'émission et à l'utilisation de tout type de monnaie électronique, de monnaie numérique ou de jeton numérique par le gouvernement vénézuélien. Quelques semaines auparavant, le Venezuela avait lancé la cryptomonnaie Petro.
Mai : après la réélection de Maduro, renforcement des mesures avec l’adoption du décret 13 835, qui renforce les interdictions de transactions ou d'opérations de refinancement de la dette vénézuélienne.
En novembre, avec le décret 13850, Trump établit un cadre pour bloquer les actifs et interdire les transactions de personnes qui opéreraient dans le secteur de l'or ou « dans tout autre secteur de l'économie, déterminé par le Secrétaire du Trésor ».
2019
Les États-Unis reconnaissent Juan Guaido en tant que président par intérim légitime du Venezuela, ignorant l'autorité de Nicolas Maduro, intensifiant la pression diplomatique et déclarant une agression économique dans toute son ampleur.
En janvier, le Bureau de contrôle des avoirs étrangers du Département du Trésor inscrit PDVSA sur la liste des « entreprises désignées ». Tous les actifs et participations de la compagnie pétrolière publique se trouvant sous la juridiction des États-Unis (y compris la filiale Citgo) sont bloqués, et il est interdit, en termes généraux, aux citoyens et aux entreprises étasuniennes de réaliser des opérations avec cette entreprise.
En août, le décret présidentiel 13 884 étend le programme de sanctions à la catégorie « embargo ».
2020
Trump envoie un courrier au Congrès étasunien afin de prolonger « au-delà du 8 mars 2020 » l’ordre exécutif 13 692 concernant la situation au Venezuela.
Le gouvernement bolivarien dépose une plainte auprès de la Cour pénale internationale de La Haye contre les autorités étasuniennes pour « crimes contre l'humanité commis à l'encontre du peuple vénézuélien ».
Le Département de la Justice des États-Unis présente des accusations formelles contre Nicolas Maduro et d'autres hauts fonctionnaires pour trafic de drogue et « narcoterrorisme », offrant une récompense de 15 millions de dollars pour toute information menant à leur arrestation.
2024
Maduro remporte les élections présidentielles au Venezuela ; cependant, l'opposition et le gouvernement étasunien reconnaissent Edmundo Gonzalez comme le vainqueur légitime.
2025
Juillet : le gouvernement Trump inclut le Cartel des Soleils, qu'il qualifie de « groupe criminel basé au Venezuela », sur une liste de groupes terroristes mondiaux, et déclare que Maduro en est le chef.
Août : Trump signe un ordre secret ordonnant à l'armée étasunienne d'utiliser la force contre les cartels de la drogue latino-américains que son gouvernement qualifie d’organisations terroristes. La présence navale et le déploiement de navires de guerre étasuniens dans la mer des Caraïbes augmentent dans le cadre d'opérations contre le trafic de drogue.
La procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, annonce que le gouvernement a porté à 50 millions de dollars la récompense offerte pour toute information menant à l'arrestation de Maduro.
Septembre : des frappes aériennes étasuniennes contre des bateaux soupçonnés de transporter de la drogue font 11 morts. Maduro qualifie cette attaque de « crime atroce » et déclare que les États-Unis auraient dû capturer les passagers s'ils pensaient qu'ils transportaient de la drogue.
Plus tard, l'armée étasunienne attaque deux autres petites embarcations, causant la mort de six autres personnes.
En réponse, deux chasseurs F-16 vénézuéliens survolent des navires de guerre étasuniens dans les Caraïbes dans une démonstration de force après la première attaque meurtrière contre une vedette rapide.
Maduro envoie une lettre à Trump insistant sur le fait que son pays n'exporte pas de drogue. La Maison Blanche répond qu'elle n'a pas modifié sa position.
Octobre : Trump confirme avoir autorisé des opérations secrètes de la CIA au Venezuela. Il donne également instruction à Richard Grenell, envoyé spécial et président du Centre Kennedy, de suspendre toute relation diplomatique avec le Venezuela.
L'armée étasunienne mène une attaque contre un navire semi-submersible dans la mer des Caraïbes, tuant deux hommes qui se trouvaient à bord. Deux autres personnes sont secourues.
Plusieurs navires vénézuéliens sont attaqués pendant cette période, faisant de nombreux morts. Trump déclare lors d'une conférence de presse qu'il ne demandera pas l'approbation du Congrès pour mener des attaques militaires contre les trafiquants de drogue, et le Pentagone annonce que le porte-avions Gerald Ford et les navires de guerre et avions d'attaque qui l'accompagnent seront déployés dans les eaux proches de l'Amérique latine.
Novembre : Trump déclare, dans un entretien diffusé dans l'émission 60 Minutes de CBS, qu'il n'écarte pas complètement la possibilité d'attaques terrestres contre le Venezuela.
Les États-Unis dépassent le chiffre de 20 attaques contre les cartels présumés de la drogue, le nombre de morts s’élevant à 80.
Selo, le New York Times, Trump et Maduro se sont entretenus pour discuter d'une éventuelle rencontre.
Trump déclare sur les réseaux sociaux que l'espace aérien « au-dessus et autour du Venezuela » doit être considéré comme « entièrement fermé », bien qu'il n'ait aucune autorité en la matière.
Décembre : une attaque dans le Pacifique oriental cause la mort de quatre personnes à un moment où la légalité de la campagne militaire étasunienne est de plus en plus remise en question, et près de deux semaines après la précédente attaque contre un navire.
Trump annonce la saisie d'un pétrolier sanctionné au large des côtes vénézuéliennes. De nouvelles mesures sont imposées au secteur pétrolier vénézuélien et aux proches de Maduro. Des dizaines de millions de dollars de pétrole à bord du pétrolier saisi sont bloqués.
Le 15 décembre, l'armée étasunienne attaque trois navires dans l'océan Pacifique oriental, causant la mort de huit personnes, au motif que « les navires naviguent sur une route connue pour le trafic de drogue ».
Au cours du même mois, Trump ordonne un « blocus total » des pétroliers sanctionnés entrant ou sortant du Venezuela, et trois autres attaques ont lieu.
À la fin de l'année, les garde-côtes étasuniens tentent d'intercepter le pétrolier Bella 1 et arraisonne le Centuries, un navire battant pavillon panaméen qui transporte du pétrole vénézuélien à destination de la Chine.
Pendant plusieurs jours, l'armée étasunienne intensifie ses opérations dans les Caraïbes, envoyant plusieurs vols de transport C-17 depuis des bases situées aux États-Unis et au Japon vers Porto Rico.
Des attaques de drones ont également lieu contre une installation portuaire et plusieurs navires. Au 31 décembre, au moins 115 personnes ont trouvé la mort dans 35 attaques contre des navires depuis le 2 septembre.
2026
Janvier : Les agressions atteignent un point critique, déclenchant une crise militaire majeure, avec une augmentation du déploiement militaire. L'opération combine des frappes aériennes de précision pour supprimer les défenses et un raid héliporté des forces spéciales.
Objectifs clés : La base aérienne généralissime Francisco de Miranda (La Carlota), au centre de Caracas, est mise hors service afin d'empêcher le décollage d'avions ou la fuite aérienne. Le Fort Tiuna, complexe militaire central et siège du ministère de la Défense, est frappé par des armes de précision, tout comme des installations dans les États de Miranda, Aragua et La Guaira.
Le 3 janvier, Trump annonce le succès de l'opération sur le réseau social Truth Social et déclare que les États-Unis ont « capturé » le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse, qu'ils transfèrent à New York pour y être jugés.
Sources : Gouvernement du Venezuela, The New York Times, Razones de Cuba et Russia Today






