
Le bombardement, l'agression armée, l'assassinat de civils et de militaires et la séquestration du président constitutionnel de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolas Maduro Moros, perpétrés par l'armée étasunienne à l'aube du 3 janvier 2026 dans la ville de Caracas, ont représenté la plus grande escalade d'une série d'actions bellicistes et agressives.
L'acte d'agression des forces militaires étasuniennes contre la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance politique de la République bolivarienne du Venezuela constitue la forme la plus grave et la plus dangereuse de l'usage illégitime de la force. Il représente une violation flagrante de la Résolution 3314 de l'Assemblée générale des Nations unies de 1974 et du principe de non-intervention, renforcé par la Résolution 2625 de l'Assemblée générale des Nations unies de 1970.
Les actions menées par les États-Unis avant, pendant et après l'agression armée relèvent des éléments constitutifs du « terrorisme d'État », dans lequel la violence devient un outil de gestion politique quotidienne, planifié et dirigé au plus haut niveau de la structure gouvernementale étasunienne.
Les éléments essentiels de la définition du terrorisme sont l'utilisation de méthodes visant à semer la panique ou la terreur au sein d'une population, dans le but d'obtenir des changements politiques dans un autre État, par le biais de la violence.
Au regard du droit international, dans le cadre des actions considérées comme relevant du terrorisme d'État figurent le recours à la coercition ou à la persécution illégitime, la séquestration, les disparitions forcées, la torture, l’assassinat ou les exécutions extrajudiciaires, ainsi que la conception d'un plan permanent de harcèlement, qui implique des actes de grande commotion nationale, visant à obtenir des changements politiques par la terreur.
Nous sommes ici en présence d'un terrorisme d'État car l'exécutant n'est pas un individu ou des groupes armés isolés. Il est exécuté par l'appareil d’État d'un pays étranger, dans lequel interviennent son armée, ses services de renseignement, ses fonds et ses agences gouvernementales.
Ces actes comprennent la pression psychologique et diplomatique, qui enfreint le droit international et le droit interne des États-Unis, et utilisent ce pouvoir pour créer un climat de peur généralisée, envoyant un message de panique à la société afin de neutraliser toute opposition.
Les actions du gouvernement des États-Unis contre le Venezuela se sont concrétisées sous la forme d'un ensemble de mesures isolées articulées entre elles, qu'il est intéressant d'analyser chronologiquement.
Au cours des mois et des semaines qui ont précédé leur attaque armée, il a coordonné et mené de nombreuses actions terroristes, reconnues comme telles par le droit international. Dans le but de terroriser la population, il a procédé, de manière extrajudiciaire, à l'assassinat sélectif de pêcheurs et de civils. De même, il a offert des récompenses de plusieurs millions de dollars à des tiers pour qu'ils coopèrent à l'enlèvement du président et d'autres hauts dirigeants, et a planifié des actes d'infiltration de groupes terroristes dans le but de commettre des sabotages et des assassinats.
Le président Trump lui-même a déclaré que le Venezuela était complètement encerclé par « la plus grande armée jamais réunie dans l'histoire de l'Amérique du Sud », un siège qui comprend un blocus total des pétroliers entrant et sortant du pays, sanctionnés illégalement à sa guise.
Dans la nuit du 3 janvier, plus de 150 moyens aériens et des dizaines de navires ont bombardé la population civile et d'autres cibles sur divers sites de la ville de Caracas, détruisant des installations et provoquant des décès dont le nombre est estimé à plus d'une centaine. De nombreux membres d'un commando d'élite, escortés par un grand nombre d'hélicoptères armés, ont séquestré le couple présidentiel vénézuélien.
La « Convention sur la prévention et la répression des infractions contre les personnes jouissant d'une protection internationale, y compris les agents diplomatiques » de 1973 interdit l'enlèvement des chefs d'État.
Après leur enlèvement, ils ont été portés disparus pendant plusieurs heures, au point que le gouvernement vénézuélien et d'autres, dont Cuba, ont exigé des informations sur le sort des personnes enlevées et la preuve qu'elles étaient en vie, compte tenu de la crainte fondée qu'elles auraient pu être assassinées. Par la suite, le président Maduro et son épouse ont été présentés avec des signes visibles d'agressions physiques, nécessitant des soins médicaux, qu'ils ont dû réclamer au juge présidant leur première audience devant la cour.
À la suite de l'agression militaire et de l'enlèvement du couple présidentiel, le gouvernement des États-Unis maintient le blocus naval et pétrolier. La présence à proximité des côtes vénézuélienne d'une flotte de guerre, avec des survols constants et des déclarations présidentielles sur « l'anéantissement » ou l’« effacement de la carte » d'un gouvernement, a pour objectif délibéré de terroriser les fonctionnaires et la société civile.
Le fait de menacer le Venezuela de nouvelles agressions s'il ne livre pas son pétrole exclusivement aux États-Unis relève de la criminalité d'État et du terrorisme d'État.
Ces actions font de l'État agresseur un « État hors-la-loi » et invalident tout accord signé dans ces conditions, car en droit international, les traités signés sous la menace ou par la force sont nuls, conformément à la Convention de Vienne sur le droit des traités.
Une fois l'agression armée contre le Venezuela exécutée, les pressions et les menaces d'usage de la force par le gouvernement des États-Unis se sont intensifiées à l'égard de Cuba, dans un but similaire.
La déclaration du méprisable secrétaire d'État Marco Rubio sur la volonté de « couper la tête du système » cubain pour « nettoyer l'hémisphère », en particulier après l'agression contre le Venezuela, est extrêmement grave du point de vue du droit international. En déclarant qu'il faut « couper la tête » d'un système après avoir tenté de le faire physiquement contre le pays voisin, la menace cesse d'être rhétorique et devient crédible. « Couper la tête » implique une action physique violente contre la direction du gouvernement révolutionnaire.
La résistance héroïque et la détermination du peuple cubain à résister à l'hostilité impériale et à préserver la Révolution ont conduit Donald Trump lui-même à déclarer que toutes les mesures possibles de pression et de dommages contre Cuba avaient été appliquées. « Je ne pense pas qu'il soit possible d'exercer beaucoup plus de pression, sauf entrer et détruire les lieux », a-t-il avoué et, faisant référence au défi que représente le peuple cubain, il a reconnu : « Ils sont durs, c'est un peuple dur. Un grand peuple ».
Comme on peut le constater, des fins macabres justifient des moyens macabres. Plus précisément, les moyens font partie des fins. C'est la manière d'être, de se comporter de l'impérialisme face à son déclin évident en tant qu'État terroriste et hors-la-loi.






