Excellences,
Cuba est un État fondateur de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) et a participé à tous ses sommets avec la volonté de promouvoir et de renforcer l’intégration entre nos nations, ainsi que le dialogue inclusif et la concertation politique entre nos États et nos gouvernements.
Partant de convergences larges et profondes et dans le respect de nos différences, nous avons mis nos modestes efforts au service des peuples de la région et, lorsque cela a été nécessaire, nous avons sacrifié des intérêts nationaux au profit de l’intégration. Sans hésitation ni condition, nous avons défendu avec une fermeté inébranlable l’égalité souveraine et l’indépendance collectives et promu au sein de notre Communauté d’États le principe de l’unité dans la diversité.
Cuba a toujours été fidèle aux objectifs, aux alliances et aux valeurs communes, ainsi qu’aux intérêts des peuples de Notre Amérique, toujours cohérente dans ses déclarations et dans ses actes, toujours attachée à la vérité, à la justice, à la raison et à la solidarité. Nous haissons la trahison des valeurs, l’opportunisme et la soumission. Nous n’avons jamais gardé le silence face aux abus et au martyre d’un peuple.
Cuba n’a pas relâché, et ne relâchera pas, ses efforts pour préserver et défendre à tout prix son indépendance totale et sa souveraineté absolue, malgré la politique illégale et cruelle de guerre et de traque économique menée par le gouvernement des États-Unis contre notre pays, maintenue sans interruption depuis plus de 60 ans, laquelle se concrétise aujourd’hui par un blocus renforcé à l’extrême, dont l’expression la plus récente a été l’ordre exécutif du 29 janvier et l’imposition d’un siège énergétique brutal aux graves conséquences humanitaires pour notre population.
Nous avons pu en atténuer ses pires effets grâce à la participation, à la conscience, à l’unité et au dévouement de notre peuple, à l’effort efficace de l’État et du gouvernement, au soutien des organisations populaires et sociales, sous la direction du leader de la Révolution Raul Castro Ruz et du président Miguel Diaz-Canel Bermudez.
Cela résulte également de l’action sociale, des infrastructures, de la résilience de notre économie, de nos propres ressources ainsi que de la créativité et de la ténacité des Cubains. C’est également le fruit du programme de transformations économiques que nous menons, dont l’élément le plus visible a été un investissement efficace dans l’énergie photovoltaïque.
Chacun sait que Cuba ne représente aucune menace pour la sécurité nationale des États-Unis. L’histoire montre, jusqu’à une période récente, que Cuba est victime d’actes de terrorisme financés et organisés depuis le territoire étasunien. Les puissantes plateformes toxiques de l’agression médiatique contre notre pays calomnient et incitent à la violence depuis le Nord.
Aujourd’hui, les États-Unis déclarent presque quotidiennement et publiquement leurs intentions d’agresser militairement Cuba ou d’obtenir, par la coercition, le renversement du gouvernement cubain, et présentent ce scénario comme imminent. Pour justifier ces prétentions, ils invoquent simplement le prétexte selon lequel le modèle politique et économique de Cuba aurait échoué, comme si un tel argument suffisait à infliger un châtiment collectif à toute la population d’un pays ou à l’attaquer militairement.
Si tel était le cas, comment expliquer alors la guerre économique impitoyable menée précisément pour provoquer l’échec du pays ? Pourquoi est-il nécessaire de priver Cuba de l’accès aux sources de financement, aux marchés, à la technologie et au carburant ?
Qui pourrait défendre le comportement d’une superpuissance qui inflige un terrible châtiment collectif à tout un peuple sous prétexte qu’elle n’apprécie pas le système politique, économique et social que celui-ci s’est donné ?
Curieusement, le mémorandum infâme et très secret de 1960 du sous-secrétaire Mallory est désormais devenu une politique officielle et publique. Ils se vantent constamment d’être les auteurs directs des dommages qu’ils infligent délibérément aux familles cubaines.
Malgré tout, fidèles à notre tradition, nous poursuivons le dialogue avec le gouvernement des États-Unis sur la base de l’égalité souveraine, du respect mutuel, du bénéfice réciproque et du droit international, sans ingérence dans les affaires internes ni dans les systèmes politiques. Nous le faisons avec sérieux et responsabilité, sans campagnes médiatiques, avec la discrétion nécessaire, dans un esprit de bonne volonté et de réalisme.
Nous sommes conscients des pressions immenses que le gouvernement étasunien exerce sur de nombreux gouvernements ici représentés, y compris ceux avec lesquels nous unissent des liens fraternels et anciens de coopération et de solidarité. Certaines populations à faibles revenus et certaines régions reculées ont été privées des services médicaux, pratiquement les seuls dont elles bénéficiaient, en raison de la traque impitoyable menée par les États-Unis contre la coopération internationale cubaine. Dans quelques cas, certes regrettables, cela a causé des dommages, mais en aucun cas cela n’a pu altérer les liens profonds qui unissent nos peuples.
Au-delà des positions idéologiques, des contradictions politiques, des différends historiques et des intérêts étroits, ce qu’il nous faut changer dans notre hémisphère, c’est le comportement agressif de domination, de spoliation et de conquête des États-Unis, leur attachement à la doctrine Monroe et à ses corollaires, ainsi qu’à la notion suprémaciste et raciste selon laquelle l’Amérique latine et les Caraïbes constituent leur arrière-cour.
En toute clarté et avec fermeté, nous dénonçons devant ce Sommet que, comme l’avait averti notre héros national, José Marti, les États-Unis menacent aujourd’hui nos peuples d’Amérique, et que ce danger ne pourra être affronté que si nous nous levons unis, pour défendre la souveraineté et l’indépendance de nos nations.
La CELAC est née pour faire une réalité du rêve de nos héros de l’indépendance, et nous avons consacré tous nos efforts à sa défense et à son renforcement.
Elle a constitué et constitue encore notre alternative aux agendas élitistes, subordonnés à des intérêts extérieurs de domination néocoloniale. À partir de la CELAC, défendons le droit international contre toute tentative d’imposer des règles arbitraires, discriminatoires et tyranniques. Protégeons et préservons la CELAC et l’Organisation des Nations Unies des constructions idéologiques à caractère dictatorial, comme le prétendu « Bouclier des Amériques », destiné à nous imposer la subordination et des objectifs douteux dans le domaine de la défense et de la sécurité hémisphériques.
Défendons-nous ensemble contre les agressions militaires et l’enlèvement de chefs d’État comme en République bolivarienne du Venezuela ; contre les invasions et les bombardements préventifs comme ceux qui, en Iran, embrasent le Moyen-Orient et sapent l’économie mondiale, ou contre les génocides comme celui de la Palestine ; et si une articulation internationale puissante et démocratique ne les arrête pas avec détermination, ils viseront nos peuples à l’avenir.
L'Histoire ne pardonnera pas à ceux qui prétendent ignorer ou éluder la complexité et le danger du contexte régional actuel, ni les menaces qui pèsent aujourd'hui sur Notre Amérique et sur Cuba.
Nous ne renoncerons pas non plus à l’application résolue de la Proclamation de l’Amérique latine et des Caraïbes en tant que Zone de paix, acquis historique de notre Communauté et fondement des relations entre nos pays, ainsi qu’entre ceux-ci et le reste du monde, y compris notre puissant voisin. Défendons notre dignité !
Au nom du gouvernement et du peuple cubains, je tiens à exprimer ma profonde gratitude à toutes celles et tous ceux qui nous ont tendu la main et ont fait preuve de solidarité avec Cuba par leurs actions.
Nous croyons fermement que la CELAC retrouvera sa capacité d’agir en tant que voix et expression de Notre Amérique, et qu’elle reprendra l’élan nécessaire pour défendre le droit de l’Amérique latine et des Caraïbes à préserver la souveraineté et l’indépendance conquises au cours de siècles de lutte contre le colonialisme ; à ne pas se plier aux menaces et aux desseins d’une puissance qui nous méprise ; et à proclamer l’unité, la coopération et le respect mutuel entre nos pays, comme condition fondamentale pour promouvoir les aspirations des peuples de notre région à un avenir de paix, de justice et de développement.
Je vous remercie vivement.






