
Sous le déguisement peu crédible d’un prétendu intérêt pour le bien-être du peuple cubain, les gouvernements successifs des États-Unis ont persisté – depuis le triomphe de la Révolution cubaine – dans leur volonté de la détruire.
À cette fin, l’économie cubaine est soumise depuis plus de 60 ans « au régime de mesures coercitives le plus long et le plus complet jamais appliqué contre un pays ou un gouvernement », selon les termes d’Alejandro Garcia del Toro, directeur général adjoint de la Direction générale des États-Unis au ministère des Relations extérieures, lors de son intervention dans l’émission Table Ronde, le 5 mai dernier.
Sans aucun doute, l’un des points culminants de cette politique hostile et génocidaire a été le nouveau décret présidentiel signé par la Maison-Blanche le 1er mai, par lequel il ne leur est désormais plus nécessaire de recourir à des mensonges pour dissimuler la stratégie visant à plonger le peuple cubain dans une crise susceptible de provoquer une explosion interne et de favoriser une intervention des États-Unis.
QUELQUES ANTÉCÉDENTS :
Année 1970 : interdiction aux pays d’exporter vers les États-Unis des produits finis contenant du sucre cubain.
Des années 1970 à aujourd’hui : Interdiction par les États-Unis faite aux entreprises de pays tiers d’exporter vers le territoire étasunien des technologies, machines, moyens de transport ou équipements technologiques et de communication contenant du nickel cubain.
1996 : avec la Loi Helms-Burton et son précédent de 1992, les États-Unis sont parvenus à étendre les effets extraterritoriaux de leurs sanctions économiques contre Cuba.
Par le chantage et l’intimidation, les ambassades étasuniennes à travers le monde poursuivaient les exportations cubaines et les investissements sur l’Île, en exerçant des pressions afin que les exportateurs ou investisseurs ne nouent aucun lien avec l’économie cubaine.
Décret présidentiel du 29 janvier 2026 : il limite la prérogative souveraine de chaque pays de décider de l’exportation de ses produits nationaux et prive Cuba d’approvisionnements en carburant nécessaires à la vie quotidienne.
* Lors de son premier mandat, cette administration avait déjà appliqué plus de 243 mesures coercitives unilatérales contre Cuba.
OBJECTIFS COMMUNS :
Asphyxier l’économie cubaine.
Détruire la production.
Restreindre les capacités d’exportation de Cuba.
Dominer la structure économique de l’Île.
DÉCRET PRÉSIDENTIEL DU 1er MAI 2026 :
Caractère extraterritorial exacerbé.
Entré en vigueur dès le 1er mai.
Il établit qu’il n’est pas nécessaire de notifier les personnes ou entités concernées : une entreprise ou une personne ayant des liens avec Cuba ou exportant un produit vers l’Île n’a pas nécessairement à être informée avant que ses actifs, ses comptes dans des banques étasuniennes ou ses activités aux États-Unis ne soient retenus ou bloqués.
Ce décret vise à intimider, interdire et annihiler la capacité de l’Île à relier son système bancaire et son économie au reste du monde. Il reflète l’objectif explicite du gouvernement des États-Unis de prendre le contrôle de Cuba à moyen terme, conformément à ses objectifs.
Tentative désespérée d’appliquer une politique laissant Cuba et son gouvernement pratiquement sans options pour faire fonctionner l’économie nationale.
Les nouvelles mesures visent particulièrement des secteurs clés comme l’énergie, l’exploitation minière et les services financiers.
Elles instaurent des sanctions secondaires allant au-delà du secteur de l’énergie, des carburants et de leurs dérivés.
Elles tentent d’empêcher Cuba d’utiliser rationnellement le soleil, le vent et l’eau, ainsi que de développer des technologies liées à l’exploitation des sources d’énergie renouvelables.
VOCATION EXTRATERRITORIALE :
La spécialiste de la Direction des questions juridiques et de l’analyse de la Direction générale des États-Unis, Ariadna Cornelio Hitchman, a affirmé que ce nouveau décret présidentiel possède une dimension différente et élargie de l’effet extraterritorial et illégal de la politique étasunienne appliquée jusqu’à ce jour :
Les personnes, institutions financières et banques ayant des relations avec le gouvernement cubain peuvent voir leurs actifs gelés aux États-Unis, même lorsque leurs activités sur le territoire étasunien n’ont absolument aucun lien avec Cuba.
Il vise toute entité « étrangère ou étasunienne » opérant dans des secteurs vitaux pour l’entrée de devises sur l’Île.
Il cherche à amener des pays tiers à participer eux aussi à l’application de ces mesures coercitives.
Il empêche l’arrivée de fournitures médicales indispensables, expression de la solidarité de nations amies : attaquer tout ce qui peut aider, tout ce qui peut parvenir jusqu’à l’Île et faciliter la vie du peuple.
STRATÉGIE PSYCHOLOGIQUE :
Fondée sur une haine historique et permanente envers la Révolution, envers la nation cubaine et sur un mépris absolu à l’égard du peuple cubain.
Conçue pour détruire et rendre inopérante l’économie cubaine, afin de créer le plus grand nombre possible de difficultés et de pénuries.
« Trouver les sources de revenus, comprendre comment fonctionne le pays et tout faire pour que rien de cela ne fonctionne. » (Mauricio Claver-Carone, architecte des 234 mesures contre Cuba).
Ils ne cherchent pas seulement à faire culpabiliser la victime ; ils l’utilisent aussi pour que, après lui avoir imposé le plus grand nombre possible de privations et lui avoir fait sentir qu’elle n’a plus aucune issue, elle soit poussée à provoquer le chaos, une situation de déséquilibre social susceptible de justifier une action plus agressive, telle qu’une intervention militaire, sous le prétexte d’une prétendue crise humanitaire.
Le 16 février, depuis les plus hautes sphères du pouvoir des États-Unis, il a été affirmé que Cuba était une nation confrontée à de graves difficultés, que « le pays n’a même pas de carburant ».
Le 30 mars, la porte-parole de la Maison-Blanche a déclaré : « Aucun changement officiel n’a été apporté à la politique de sanctions. Nous nous réservons le droit de saisir des navires si la loi le permet. »
Le 15 avril, le secrétaire d’État a déclaré à Al Jazeera : « Nous n’avons pris aucune mesure punitive contre Cuba. Les coupures d’électricité n’ont rien à voir avec nous. » Pendant ce temps, le secrétaire à l’Énergie affirmait : « Nous voulons imposer un changement et permettre au peuple d’être libre.
1er Mai : menace de positionner un porte-avions à 90 mètres des côtes cubaines. Et d’affirmer : « Ils se rendront. » •






