ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Estudios Revolución

« Nous sommes frères des Africains, et pour les Africains, nous sommes prêts à nous battre », a déclaré un jour le commandant en chef Fidel Castro Ruz. L’histoire a confirmé, mot par mot, ce choix. Et nous sommes aussi les enfants, nous venons d’eux, de ceux du Continent-Mère. Personne ne peut nier que les enfants de l’Île descendent, comme l’a dit notre Alejo Carpentier, de ceux qui sont arrivés liés par ce destin commun : le bateau

En raison de cette force d’attraction historique, la Journée de l’Afrique, qui a été célébrée ce 25 mai dans la salle Portocarrero du Palais de la Révolution, à laquelle assistait le Premier Secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République, Miguel Diaz-Canel Bermúdez, a eu une signification particulière.

Assistaient également à cette journée le membre du Bureau politique et président de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire et du Conseil d’État, Esteban Lazo Hernandez ; la vice-Première ministre de la République de Cuba, Inés Maria Chapman Waugh ; membre du Secrétariat du Comité central du Parti et chef de son département agroalimentaire, José Ramon Monteagudo Ruiz ; le chef par intérim du ministère des Relations extérieures, Gerardo Peñalver Portal ; ainsi que d’autres dirigeants du Parti communiste de Cuba, de l’État et du Gouvernement, ainsi que de diverses agences, institutions et organisations cubaines.

Prenant la parole, son Excellence la Professeure Rosalie Kama-Niamayoua, ambassadrice de la République du Congo et doyenne du Groupe des ambassadeurs africains, a exprimé sa sincère gratitude et ses sentiments d’amitié.

« Permettez-moi, au nom de l’ensemble du Groupe des ambassadeurs africains, d’exprimer notre sincère gratitude pour ce témoignage d’amitié, qui reflète l’excellence des relations historiques et fraternelles entre la République de Cuba et le continent africain », a déclaré la diplomate au cours d’un après-midi qui a également réuni les chefs de missions africaines et les membres du Corps diplomatique africain accrédités sur l’Île, ainsi qu’un groupe de combattants internationalistes et de coopérants civils cubains qui combattirent en Afrique, aux côtés de leurs frères, contre le colonialisme, la domination, le racisme et l’apartheid.

« Alors que nous commémorons la Journée de l’Afrique », a déclaré le professeur, « une immense vague de fierté, de solidarité et d’espoir balaye notre continent et résonne parmi les communautés africaines installées  dans le monde ; surtout ici à Cuba. » Elle a souligné que la Journée de l’Afrique est non seulement une célébration historique, mais elle représente aussi l’expression vivante de la résilience, de la diversité culturelle, de la jeunesse et de l’immense potentiel d’un continent de plus de 1,4 milliard d’habitants. Chaque année, a-t-elle dit, l’Union africaine propose un thème pour ce jour du 25 mai, car ce devoir de mémoire est aussi un moment de méditation. Cette fois, elle se tient sous le slogan : « Assurer la disponibilité durable de systèmes d’eau potable et d’assainissement afin d’atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ». Ce thème nous rappelle, a déclaré l’ambassadrice de la République du Congo et doyenne du Groupe des ambassadeurs africains, « que l’accès à l’eau et à l’assainissement constitue un défi fondamental pour le développement humain, la santé publique, la stabilité sociale et la prospérité économique de nos nations. » Plus loin, dans ses propos, la professeure a affirmé que « dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques, des crises sécuritaires, des crises économiques et humanitaires persistantes, cette commémoration doit aussi être un moment de réflexion collective sur notre interdépendance et sur la nécessité de renforcer la solidarité entre les nations ». « Les crises actuelles démontrent fortement que le multilatéralisme n’est pas une option mais une nécessité absolue pour préserver la paix, promouvoir le dialogue et relever les défis mondiaux. Face à ces défis – qu’il s’agisse du climat, de la santé, de l’économie ou de la sécurité – aucune nation ne peut rester seule. » Selon Rosalie Kama-Niamayoua, « l’Afrique réaffirme son engagement envers un ordre international fondé sur le respect du droit international, la coopération entre les États, le dialogue et le règlement pacifique des différends. » Concernant l’Afrique et Cuba, l’ambassadrice a souligné que la relation entre les deux parties repose sur une histoire de solidarité sincère, forgée dans les luttes pour l’indépendance, la souveraineté et la dignité des peuples. Et d’ajouter que « grâce à la vision du commandant Fidel Castro Ruz, Cuba a accompagné plusieurs pays africains dans leurs luttes pour la liberté, ce qui a ouvert la voie à une coopération durable dans les domaines de la santé, des sciences, de la technologie et de l’éducation. » La dirigeante africaine a rappelé une belle phrase de Fidel : « celui qui n’est pas capable de se battre pour les autres ne sera jamais suffisamment capable de se battre pour lui-même. » Cette pensée, a-t-elle dit, « résume parfaitement l’esprit de solidarité internationale qui a toujours guidé les relations entre Cuba et l’Afrique. » Elle partagea cette conviction avec les présents : « Nous réaffirmons notre soutien ferme et fraternel à la cause de Cuba face au blocus économique, commercial et financier imposé et renforcé par le gouvernement des États-Unis d’Amérique, et nous condamnons les pressions et les menaces », a-t-elle dit, confirmant que « Cuba peut compter sur l’Afrique », et que l’Union africaine exige la levée du blocus et l’exclusion de Cuba de la liste des pays qui, soi-disant, soutiennent  le terrorisme. « Cuba n’est une menace pour personne, mais un exemple de solidarité et de résistance », a-t-elle conclu.
Inés Maria Chapman Waugh, membre du Comité central du Parti et vicepremière ministre de la République de Cuba était chargée de prononcer les paroles centrales de la cérémonie pour la Journée de l’Afrique. Elle a rappelé que cette journée commémore la naissance de l’Organisation de l’Unité africaine et qu’elle constitue, à Cuba, un événement particulier et l’occasion d’exalter les cultures de ce continent frère, la résilience de ses peuples et leur histoire de luttes pour l’indépendance et contre le colonialisme.
« Cette Journée nous permet de réaffirmer la fraternité cubanoafricaine, notre histoire commune et les profondes racines qui nous unissent, ainsi que de rendre hommage à notre coopération dans les luttes émancipatrices du ContinentMère et dans d’autres causes nobles », a souligné Inés Maria Chapman Waugh.
La vicepremière ministre a ajouté : « En ce Centenaire de notre commandant en chef Fidel Castro Ruz, nous rappelons l’étreinte éternelle avec le peuple africain », puis elle a évoqué le fait que cette célébration traditionnelle se déroule dans un contexte marqué par les menaces croissantes d’agression militaire directe des ÉtatsUnis contre Cuba ; par l’infâme accusation portée contre le général d’armée Raul Castro Ruz, leader de la Révolution cubaine ; et par des actions impériales visant à imposer, coûte que coûte, un changement de l’ordre politique, économique et social à Cuba.
Chapman Waugh a également dénoncé les effets d’un blocus renforcé à des niveaux sans précédent, aggravé par les deux derniers décrets exécutifs du président Trump.
Avec ces actions, a-t-elle dit, « ils ont imposé un blocus total des approvisionnements en pétrole pour l’ensemble du peuple cubain, établi des sanctions secondaires contre les entités qui ont opéré ou opéreront à Cuba, avec le renforcement des mesures illégales de sanction collective de notre population, auquel s’ajoute leur portée extraterritoriale. »

« Chers frères et sœurs du continent africain », a ajouté la vice-Premier ministre, « vous êtes témoins de la façon dont ce blocus féroce cherche à nous étouffer et à causer douleur et privations à tous les Cubains, en particulier aux groupes les plus vulnérables de la société. »

« Vous avez pu constater que les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les malades sont ceux qui souffrent le plus des impacts dévastateurs du renforcement du blocus, tels que les coupures prolongées, l’impact sur les services médicaux et hospitaliers, les problèmes de transport et d’approvisionnement en eau, ainsi que les difficultés dans la production et la distribution de nourriture. »

Ensuite, la dirigeante cubaine a souligné que, « malgré les menaces et la politique d’agression de la plus grande puissance du monde contre notre petite Île, soyez assuré que le peuple cubain défendra sa souveraineté, son indépendance et son autodétermination, et fera face à toute agression, quel qu’en soit le prix. »

« Notre peuple ne s’inclinera pas et n’abandonnera pas l’héritage de bravoure et de courage de nos ancêtres africains, qui furent arrachés de leurs terres, arrivés à Cuba en esclaves et, dans les conditions les plus défavorables, sont parvenus à préserver leur culture et leurs traditions face aux impositions coloniales. »

« Beaucoup d’entre eux sont devenus des marrons qui ont refusé de se soumette  et ont combattu comme des lions contre l’esclavage cruel, et aussi pour l’indépendance de cette terre, qui est devenue la leur. »

Les Cubains, a-t-elle souligné, « ne renieront jamais la culture de résistance et de tempérament héritée de Mariana Grajales et des Maceo, de Guillermon Moncada et Quintin Bandera, et qui perdurera comme une partie intrinsèque de l’identité de notre peuple, dont nous sommes fiers. »

La dirigeante a souligné que, « dans le contexte complexe de cette célébration, nous tenons à remercier profondément les pays africains pour leur opposition ferme au blocus criminel économique, commercial et financier imposé par le gouvernement des États-Unis à notre peuple, condamné par tous leurs pays à l’Assemblée générale des Nations Unies et au sein de l’Union africaine. »

En conclusion de son discours, Inés Maria Chapman Waugh a affirmé que « dans les batailles actuelles, nous sommes convaincus que l’Afrique continuera de rester à nos côtés. »

Musique et danses, interprétées par des danseurs cubains et africains, ont accompagné la célébration de la Journée de l’Afrique. Les danses traditionnelles africaines, interprétées par des étudiants de l’École latino-américaine de médecine (ELAM) à Cuba, ont rappelé aux présents que le rythme, le désir de liberté, la sonorité savoureuse, sont nés sur ce continent dont, en toute justice et passion, nous pouvons nous considérer comme des enfants.

Photo: Estudios Revolución
Photo: Estudios Revolución
Photo: Estudios Revolución