ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Internet

Le gouvernement des États-Unis mène contre Cuba une guerre multidimensionnelle, non conventionnelle, qui dure déjà depuis près de sept décennies et qui est devenue plus rude et la plus impitoyable au cours des sept derniers mois.

À cela s’est ajouté désormais le siège énergétique, équivalent à un blocus naval, qui constitue un acte de guerre. L’accès aux approvisionnements en combustible vers Cuba, qu’ils soient de nature commerciale ou humanitaire, est interdit par des menaces directes, des actions coercitives unilatérales et même par le harcèlement ou l’intimidation des pétroliers au moyen de forces navales militaires des États-Unis.  

Des menaces répétées d’agression militaire ont été proférées au plus haut niveau du gouvernement étasunien, alors que des sources publiques décrivent des options et des préparatifs de guerre.  

Au blocus économique, commercial et financier s’ajoutent des mesures inédites, au caractère extraterritorial extrême, telles que l’utilisation de sanctions secondaires qui poursuivent le plan macabre de provoquer à Cuba une crise humanitaire et une déstabilisation totale du pays, ce qui encouragerait ou forcerait le décret présidentiel d’une intervention militaire impérialiste qui entraînerait un bain de sang et de lourdes pertes en vies cubaines et étasuniennes.

À la question de savoir si la pression économique contre Cuba continuerait à s’intensifier, le président Donald Trump lui-même a répondu, et je cite : « Je ne crois pas que l’on puisse exercer beaucoup plus de pression, sauf entrer et détruire les lieux. »  

Au cours de ces derniers mois, le dommage humanitaire infligé à notre population s’est multiplié, avec la détérioration de la qualité de vie, la réduction des moyens de subsistance, la limitation des potentialités de développement personnel, familial et social, ainsi que la violation massive, flagrante et systématique des droits humains de tout un peuple dans un acte de châtiment collectif.  

Toutes ces questions sont de la plus haute importance et d’une extrême urgence, et méritent non seulement l’attention, mais aussi la prise de position la plus claire des Nations Unies et de son organe le plus universel et le plus représentatif, l’Assemblée générale, en vertu de son mandat de préserver la paix et la sécurité internationales et d’assurer la jouissance des droits humains. 

Les familles cubaines, en particulier les enfants et les jeunes, les mères, souffrent de longues et insupportables coupures d’électricité. Bien souvent, lorsque l’électricité manque, l’eau potable vient également à manquer. Elles connaissent l’angoisse de l’absence d’un médicament pour un malade. Elles sont accablées par la pénurie d’aliments ou par les prix élevés des produits de première nécessité.  

Le taux de mortalité infantile, de 4,0 pour mille naissances vivantes, est passé à 9,9. Cela signifie la mort évitable, dans d’autres conditions, à savoir si nous disposions d’équipements, de dispositifs et de traitements adéquats, de 1 780 nouveau-nés.  

Le nombre de personnes qui meurent du cancer dans le pays a augmenté de manière significative. Dans le cas des enfants et des jeunes, la survie est tombée de 85 % à 65 %. La tendance coïncide avec les moments les plus durs du siège étasunien.  

Le blocus asphyxie et tue de manière silencieuse. Réagir face à ce crime impitoyable est également une responsabilité des Nations Unies. 

Le gouvernement des États-Unis, et notamment son Département d’État, diffuse le mensonge selon lequel le blocus ne vise pas le peuple cubain, mais seulement le gouvernement. Demandez au peuple de Cuba s’il souffre ou non du blocus. Demandez même aux diplomates, aux correspondants et autres étrangers qui vivent à Cuba.  

Nous avons entendu, dans un abus des procédures, l’intervention éhontée du délégué des États-Unis. Il n’a fait référence à aucune des questions que j’ai mentionnées.  

Cela n’est guère surprenant, car il représente le gouvernement auteur des bombardements nucléaires contre Hiroshima et Nagasaki, le responsable de dizaines d’interventions militaires et le protecteur des dictatures militaires les plus sanglantes en Amérique latine et dans d’autres régions.  

C’est le gouvernement complice du génocide qui se déroule à Gaza, de la répression dans les universités contre les professeurs et les étudiants qui s’y sont opposés. C’est le gouvernement de la militarisation des villes à des fins politiques, de la brutale répression contre les immigrants, de leur traque policière, de la séparation des jeunes enfants.

Cela n’est guère surprenant, car M. le délégué représente le gouvernement auteur de dizaines d’exécutions extrajudiciaires dans les océans Pacifique, Atlantique et dans les Caraïbes, sous le prétexte d’agir contre des crimes internationaux non prouvés.  

Il s’agit des autorités responsables de la brutalité policière contre des manifestants dans ce pays et de l’augmentation significative des décès en détention.  

Il représente le gouvernement responsable de l’existence d’un schéma racial différencié qui discrimine avec brutalité les minorités, notamment les minorités afro-étasuniennes et hispaniques, de la population carcérale la plus massive de la planète, d’un système pénal et pénitentiaire fondé sur des schémas raciaux différenciés.  

Il représente également le gouvernement qui verse aux femmes un salaire inférieur pour le même travail.  

J’ai été surpris par la transgression des règles de procédure de cette Assemblée et par l’obligation d’avoir dû écouter ce discours, avant que l’Assemblée n’ait décidé d’ouvrir un débat. 

J’ignore si nous aurons un autre discours des États-Unis, qui, curieusement, ont été le premier pays à s’inscrire sur la liste des orateurs, alors qu’ils viennent de s’opposer à la tenue de ce débat.

Le cynisme de la délégation étasunienne dans cette salle est manifeste. Elle a prononcé une intervention de fond, étoffée de mensonges éculés, pour tenter de censurer le droit de l’Assemblée de débattre précisément de ces questions.  

Celui-là même qui a abusé des règles de procédure pour formuler des accusations de fond, calomnieuses mais de fond, justifiait, quelques minutes auparavant ou même pendant, le fait que ce débat n’ait pas lieu.  

Il cherchait à priver l’Assemblée générale du droit de traiter précisément cette question. Il tentait d’exercer un acte de censure, ce qui lui sera possible dans un campement de bérets verts, mais non au sein de cette haute instance.  

J’ignore si nous entendrons de nouveau au cours de cette session l’argument éculé du gouvernement étasunien, selon lequel le siège de l’arrivée de combustibles à Cuba n’existe pas, que le blocus n’est qu’une justification du gouvernement cubain à ses problèmes, que les États-Unis ne font qu’exercer le droit de refuser de commercer avec Cuba et d’appliquer un simple embargo bilatéral.  

Il s’agit d’un mensonge qui ne résiste à aucun examen, qui contredit les agissements du gouvernement étasunien à l’égard de Cuba et de tous les États que vous représentez. C’est un mensonge auquel personne ne croit, sauf M. le délégué qui est intervenu. Qu’il s’informe un minimum ou fasse preuve de décence, car il en manque probablement. 

Les dommages du blocus – et je vais donner de nouveaux chiffres –, les dommages du blocus pour la période du 1er mars 2025 au 28 février 2026, aux prix courants, s’élèvent au chiffre record de 8, 083 milliards de dollars, soit 7 % de plus que l’année précédente. L’impact cumulé depuis son début atteint 178, 700 milliards de dollars aux prix courants.  

Il est évident que l’impact extrême du blocus total des approvisionnements en combustible vers Cuba, qui a débuté au mois de février, ne peut pas être inclus dans ces chiffres.  

Ces impacts sont principalement le résultat d’actions coercitives extraterritoriales qui violent les normes du droit international, du commerce international et de la liberté de navigation, en plus de porter atteinte aux prérogatives souveraines des États indépendants que vous représentez, dans leur droit d’avoir des relations avec Cuba conformément à leurs propres intérêts et à leurs propres lois.  

À la mesure du brutal siège énergétique s’en ajoutent d’autres qui ont été imposées au cours de l’année avec le même objectif, à savoir obtenir la subordination de la part de gouvernements souverains aux interdictions illégitimes que leur imposent les États-Unis pour le commerce avec Cuba. 

Le gouvernement des États-Unis impose à des États souverains, à des citoyens et à des entrepreneurs d’abandonner leurs relations avec Cuba, non pas par intérêt propre, ni par désavantages commerciaux, ni même par mandat de leurs propres gouvernements, mais par le diktat d’un régime étranger, en l’occurrence celui des États-Unis, qui n’est censé avoir ni juridiction ni autorité sur l’activité de citoyens et d’entreprises en dehors de ses frontières.  

Cuba, en tant qu’État libre, indépendant et souverain, rejette la prétention que, depuis un autre pays, lui soient dictés la forme de gouvernement, le modèle économique et les relations extérieures que doit adopter notre nation.  

Il est probable que si la délégation des États-Unis décide de répéter son intervention, nous entendrons les arguments mensongers que le gouvernement des États-Unis expose habituellement, lesquels ont déjà été évoqués par M. le délégué pour justifier le crime de génocide.  

Il invoquera comme soi-disant preuve des chiffres d’exportations sélectives des États-Unis vers Cuba, hautement réglementées, dépendant de licences ou de permis du gouvernement de ce pays, en violation des règles universellement acceptées du commerce et de la liberté de navigation, et désormais presque exclusivement réservées au secteur privé, dont les liens économiques avec des partenaires étasuniens sont  également restreints.

Ces exportations ne contribuent d’aucune façon à résoudre les principaux problèmes qui provoquent pénuries et souffrances au sein de notre peuple. Elles n’y contribuent pas parce que le gouvernement étasunien ne permet pas de rétablir la capacité de production électrique ou d’approvisionnement en eau potable. 

Le gouvernement des États-Unis n’autorise pas les exportations qui contribueraient au développement des transports publics, ni celles qui permettraient d’assurer les services hospitaliers, de bénéficier à l’éducation, ou même de protéger l’approvisionnement en aliments pour les secteurs les plus vulnérables de la population.  

M. le délégué n’a pas mentionné le fait que le gouvernement des États-Unis avait proposé une aide humanitaire, immédiatement acceptée il y a quelques semaines par le gouvernement cubain, laquelle a été différée et restreinte dans son contenu pour des raisons politiques.  

Il n’a pas non plus évoqué le fait que la délégation des États-Unis auprès du Programme alimentaire mondial s’est retrouvée isolée lors d’un vote, dans sa tentative de bloquer un programme d’aide alimentaire à Cuba d’un montant de 116 millions de dollars.  

La délégation étasunienne répète sans cesse, comme une tentative de justification, que le gouvernement cubain serait prétendument incapable.  

Quiconque ici présent pourrait légitimement se demander : comment peut-on accuser des problèmes, mentionnés par le distingué délégué des États-Unis, le gouvernement d’un pays auquel son gouvernement applique un blocus génocidaire, lequel a enduré cette agression économique pendant près de 70 ans et qui, malgré cela, a développé une grande œuvre sociale et de développement humain ?  

Comment pourrait-on rendre le gouvernement cubain responsable des conséquences de la privation totale, imposée durant les sept derniers mois, de combustibles et autres fournitures essentielles ? Comment ne pas reconnaître qu’en dépit de cela, la stabilité se maintient à Cuba, qu’il n’existe pas de crise humanitaire de grande ampleur et que la défense de notre peuple n’a pas cessé, et ne cessera pas  ?

La solidarité collective, la participation et l’effort de tous nous réconfortent et nous encouragent, notamment celles des femmes et des jeunes dans les communautés, dans la recherche de solutions, ainsi que la gestion intense et infatigable du Parti, de l’État, du Gouvernement, des organes locaux du Pouvoir populaire et des délégués de la population, des organisations de la société civile.  

Les récentes et profondes transformations économiques et sociales, souveraines, très souveraines, adoptées par notre Assemblée nationale pour adapter le modèle socialiste cubain aux dures réalités actuelles, y compris l’agression brutale et croissante des États-Unis, ont fait naître de l’espoir au sein de notre peuple.  

Nous remercions le large soutien international et la coopération de nombreux gouvernements, parlements, forces politiques, organisations, mouvements de solidarité et associations de Cubains résidant à l’étranger.  

L’hostilité et la menace auxquelles Cuba est confrontée aujourd’hui font partie d’une séquence préoccupante de violations du droit international et constituent le prélude de ce qui pourrait demain arriver à n’importe quel autre pays. 

Nous devons nous demander, dans cette Assemblée, si c’est vers ce nouvel ordre mondial que nous nous dirigeons. Nous devons réfléchir à savoir si ce soi-disant ordre serait cohérent avec les principes et la raison d’être de cette organisation, si c’est la voie qui sauvegardera la paix et la sécurité internationales, qui favorisera la compréhension entre États également souverains et encouragera la coopération, le commerce, le développement et le respect des droits humains.  

Il est indispensable d’empêcher que ce comportement de domination, de pillage, d’occupation, de spoliation et de guerre cognitive s’intègre dans un ordre international bien pire que celui de ces dernières décennies.  

Il est essentiel de défendre les valeurs fondatrices des Nations Unies, le droit international et la Charte des Nations Unies, et de faire valoir la promesse de préserver les générations présentes et futures du fléau de la guerre.  

Il existe des conversations diplomatiques bilatérales que le gouvernement des États-Unis a proposées, lesquelles ont été acceptées par Cuba, conformément à sa tradition et à ses principes de politique étrangère, dans un esprit franc et constructif visant à tenter de trouver une solution aux différends bilatéraux.  

Or, elles ne montrent aucun progrès et il est difficile qu’il y en ait si l’attente de ceux qui les conduisent à Washington est de traiter Cuba comme un adversaire vaincu ou conquis, comme une possession coloniale ou un territoire sur lequel les États-Unis auraient juridiction et autorité. 

Les données confirment que ce comportement agressif ne représente pas l’intérêt de la majorité des citoyens étasuniens. Selon une étude conclue hier, 98,3 % des publications et des commentaires sur les réseaux numériques aux États-Unis ne soutiennent pas le siège énergétique, ne soutiennent pas le blocus, ne soutiennent pas une agression contre Cuba.  

Cette politique génocidaire et criminelle répond au caprice anticubain et revanchard d’un segment minuscule mais puissant et influent, qui se concentre principalement dans le sud de l’État de Floride, mais qui montre une capacité à manipuler le système politique des États-Unis et à orienter la conduite du gouvernement actuel. 

J’ignore si la délégation des États-Unis répétera dans les prochaines minutes l’argument ridicule selon lequel Cuba représente une menace pour la sécurité nationale de la plus grande puissance militaire et nucléaire de la planète, agressive, prédatrice, qui vise à imposer la paix par la force.  

Il n’existe aucune déclaration du gouvernement cubain, aucune preuve et pas le moindre indice que Cuba n’ait jamais eu l’intention de menacer les États-Unis. Impossible d’identifier une quelconque activité à Cuba qui mettrait en danger la sécurité nationale, le bien-être des citoyens ou la compétitivité de l’économie de ce puissant voisin.  

Cuba n’est pas une menace. Le blocus, par contre, l’est. La nation menacée, c’est Cuba.  

Néanmoins, nous sommes une nation engagée, qui défend la paix, le droit international, le multilatéralisme, la vérité et la justice.  

Un peuple qui lutte depuis plus de 150 ans pour sa liberté et son indépendance, qui a écrit des pages de gloire en résistant debout à toutes les attaques, défendra coûte que coûte son indépendance et sa souveraineté.  

En l’année du centenaire du leader historique de la Révolution cubaine, le Commandant en chef Fidel Castro Ruz, fidèles à son héritage, la décision des Cubains sera toujours :  

La Patrie ou la mort ! Nous vaincrons !