ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

L'avocat franco-espagnol Juan Branco, qui a représenté des victimes palestiniennes devant la Cour pénale internationale (CPI), a récemment affirmé que les services de renseignement israéliens avaient tenté d'accéder à son téléphone. Lors de cette opération, des milliers de contacts auraient été ajoutés par erreur à l'appareil, dont des numéros appartenant à des personnalités du monde des affaires et du gouvernement.
L'allégation de Branco ne suffit pas à prouver qu'Israël a ciblé son téléphone. Cependant, elle ne constitue pas un cas isolé. L'espionnage de personnes liées aux enquêtes de la CPI sur la Palestine est un fait largement documenté.
En mai 2024, The Guardian, +972 Magazine et Local Call ont publié une enquête conjointe s'appuyant sur plus d'une vingtaine d'entretiens avec des responsables du renseignement, des diplomates et des avocats. Ce rapport décrivait une campagne israélienne menée pendant près de dix ans pour surveiller et intercepter les communications, exercer des pressions et entraver les enquêtes de la Cour sur de possibles crimes commis en Palestine.
Que signifie pirater un téléphone dans ce contexte ? Il ne s’agit pas forcément de voler l’appareil ou d’inciter la victime à cliquer sur un lien malveillant. Les opérations d’espionnage numérique peuvent impliquer l’interception d’appels, de messages, de courriels ou de documents. Elles peuvent également recourir à des logiciels espions, des programmes capables d’extraire des informations à l’insu du propriétaire.
L'enquête du Guardian a révélé que les communications de Fatou Bensouda et de Karim Khan, procureurs de la CPI, étaient surveillées. Elle a également constaté que le Shin Bet, service de sécurité intérieure israélien, avait utilisé Pegasus – le logiciel espion développé par la société israélienne NSO Group – contre des organisations palestiniennes et des responsables de l'Autorité palestinienne.
L'affaire Bensouda illustre la dimension politique de ces opérations. Selon l'enquête, Yossi Cohen, alors directeur du Mossad, a participé à une campagne de pression sur elle alors qu'elle examinait une enquête sur la Palestine. Le rapport a également mis en cause le Shin Bet, le renseignement militaire, et l'Unité 8200, spécialisée dans le renseignement électronique. La CPI a reconnu avoir été victime d’activités de renseignement hostiles, tout en affirmant que ses preuves essentielles restaient protégées.
Juan Branco n'est donc pas un simple observateur. Sa participation aux procédures relatives à la Palestine devant la CPI est documentée, ce qui soulève une question : jusqu'où peut s'étendre la surveillance des avocats, des témoins, des journalistes et des organisations qui fournissent des informations aux enquêtes internationales ?
La question prend une importance accrue à l'heure où les États-Unis mènent une offensive ouverte contre la Cour. En juillet 2026, le Secrétaire d'État Marco Rubio avait annoncé de nouvelles mesures pour l'isoler, notamment des restrictions de visas, des sanctions et des pressions diplomatiques sur d'autres pays – une campagne qui prolonge les actions entreprises depuis 2025 contre les juges et les procureurs de l'institution. Washington présente cette croisade comme une défense de sa souveraineté et de celle d'Israël ; en réalité, elle accroît la pression sur ceux qui enquêtent sur les potentiels crimes internationaux.
Il existe un objectif politique plus vaste : paralyser, voire rendre inopérante la Cour pénale internationale, qui a déjà émis des mandats d’arrêt contre des dirigeants israéliens pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, et qui peut, sous certaines conditions juridiques, enquêter sur des responsables d’autres puissances. Ce n’est pas un hasard si ces pressions coïncident avec l’offensive menée par Marco Rubio pour isoler et « démanteler » la CPI et soustraire les citoyens et responsables étasuniens à sa juridiction.
S’en prendre aux personnes qui enquêtent, punir ceux qui jugent et affaiblir la Cour poursuit un objectif simple : garantir que les crimes des puissants restent impunis.


L'avocat franco-espagnol Juan Branco, qui a représenté des victimes palestiniennes devant la Cour pénale internationale (CPI), a récemment affirmé que les services de renseignement israéliens avaient tenté d'accéder à son téléphone. Lors de cette opération, des milliers de contacts auraient été ajoutés par erreur à l'appareil, dont des numéros appartenant à des personnalités du monde des affaires et du gouvernement.
L'allégation de Branco ne suffit pas à prouver qu'Israël a ciblé son téléphone. Cependant, elle ne constitue pas un cas isolé. L'espionnage de personnes liées aux enquêtes de la CPI sur la Palestine est un fait largement documenté.
En mai 2024, The Guardian, +972 Magazine et Local Call ont publié une enquête conjointe s'appuyant sur plus d'une vingtaine d'entretiens avec des responsables du renseignement, des diplomates et des avocats. Ce rapport décrivait une campagne israélienne menée pendant près de dix ans pour surveiller et intercepter les communications, exercer des pressions et entraver les enquêtes de la Cour sur de possibles crimes commis en Palestine.
Que signifie pirater un téléphone dans ce contexte ? Il ne s’agit pas forcément de voler l’appareil ou d’inciter la victime à cliquer sur un lien malveillant. Les opérations d’espionnage numérique peuvent impliquer l’interception d’appels, de messages, de courriels ou de documents. Elles peuvent également recourir à des logiciels espions, des programmes capables d’extraire des informations à l’insu du propriétaire.
L'enquête du Guardian a révélé que les communications de Fatou Bensouda et de Karim Khan, procureurs de la CPI, étaient surveillées. Elle a également constaté que le Shin Bet, service de sécurité intérieure israélien, avait utilisé Pegasus – le logiciel espion développé par la société israélienne NSO Group – contre des organisations palestiniennes et des responsables de l'Autorité palestinienne.
L'affaire Bensouda illustre la dimension politique de ces opérations. Selon l'enquête, Yossi Cohen, alors directeur du Mossad, a participé à une campagne de pression sur elle alors qu'elle examinait une enquête sur la Palestine. Le rapport a également mis en cause le Shin Bet, le renseignement militaire, et l'Unité 8200, spécialisée dans le renseignement électronique. La CPI a reconnu avoir été victime d’activités de renseignement hostiles, tout en affirmant que ses preuves essentielles restaient protégées.
Juan Branco n'est donc pas un simple observateur. Sa participation aux procédures relatives à la Palestine devant la CPI est documentée, ce qui soulève une question : jusqu'où peut s'étendre la surveillance des avocats, des témoins, des journalistes et des organisations qui fournissent des informations aux enquêtes internationales ?
La question prend une importance accrue à l'heure où les États-Unis mènent une offensive ouverte contre la Cour. En juillet 2026, le Secrétaire d'État Marco Rubio avait annoncé de nouvelles mesures pour l'isoler, notamment des restrictions de visas, des sanctions et des pressions diplomatiques sur d'autres pays – une campagne qui prolonge les actions entreprises depuis 2025 contre les juges et les procureurs de l'institution. Washington présente cette croisade comme une défense de sa souveraineté et de celle d'Israël ; en réalité, elle accroît la pression sur ceux qui enquêtent sur les potentiels crimes internationaux.
Il existe un objectif politique plus vaste : paralyser, voire rendre inopérante la Cour pénale internationale, qui a déjà émis des mandats d’arrêt contre des dirigeants israéliens pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, et qui peut, sous certaines conditions juridiques, enquêter sur des responsables d’autres puissances. Ce n’est pas un hasard si ces pressions coïncident avec l’offensive menée par Marco Rubio pour isoler et « démanteler » la CPI et soustraire les citoyens et responsables étasuniens à sa juridiction.
S’en prendre aux personnes qui enquêtent, punir ceux qui jugent et affaiblir la Cour poursuit un objectif simple : garantir que les crimes des puissants restent impunis.