ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Cubaminrex

Les nouvelles mesures prises par Washington contre Cuba, qui limitent les voyages de ses citoyens dans notre pays, ainsi que les relations d'affaires avec certaines entités cubaines confirment le « grave recul » des relations bilatérales amorcé sous l'administration de Donald Trump, a affirmé mercredi Josefina Vidal, directrice générale chargée des États-Unis au ministère des Relations extérieures.

Selon la diplomate, les dispositions annoncées mercredi 8, qui entrent en vigueur ce jeudi, « impliquent un renforcement du blocus et de l'interdiction de voyager à Cuba pour les Étasuniens ».

Les Départements d'État, du Trésor et du Commerce ont annoncé mercredi l’application des mesures annoncées par Trump le 16 juin dernier à Miami, où il avait eu des rencontres avec l'aile la plus réactionnaire de la communauté cubano-américaine en Floride.

Ces réglementations font suite au Mémorandum présidentiel de La Sécurité nationale sur le renforcement de la politique des États-Unis à l'égard de Cuba, qui définit le nouveau cap de Washington pour La Havane.

Parmi les nouvelles mesures figure une liste émise par le Département d'État de 179 organismes cubains avec lesquels il est désormais interdit aux entités et aux citoyens étasuniens d'effectuer des transactions financières directes.

Selon Josefina Vidal, il s'agit d'une « liste arbitraire d'une série d'entités cubaines soi-disant liées, de manière infondée, au secteur de la Défense et de la Sécurité nationale ».

La liste inclut depuis les ministères des Forces armées et de l'Intérieur, la Police nationale révolutionnaire, jusqu'à des entreprises, des sociétés anonymes, la Zone spéciale de développement de Mariel, les terminaux à conteneurs de Mariel et de La Havane, des dizaines d'hôtels à travers Cuba, des agences de voyages et des boutiques.

« La liste va même jusqu' à inclure des marques de boissons gazeuses (comme Tropicola et Cachito) et de rhum, et même un service de photographie comme PhotoService », a précisé Josefina Vidal.

De Département d'État a annoncé que cette liste sera revue et mise à jour périodiquement.

Par ailleurs, les voyages de citoyens étasuniens à titre individuel dans le cadre d'échanges, dits de « de peuple à peuple », établis sous l'administration de Barack Obama, sont interdits.

Dorénavant, les Étatsuniens devront voyager sous le patronage d'une organisation de leur pays et ils devront être accompagnés d'un représentant de cette organisation.

Des conditions sont également imposées aux voyages d'études, qui devront désormais être effectués sous les auspices d’une organisation étasunienne autorisée, dont un représentant de cette organisation devra accompagner le voyage.

Concernant l'impact des réglementations de Washington, la diplomate a souligné qu'elles porteraient préjudice à l'économie cubaine et à ses secteurs étatiques et non étatiques, mais qu'elles porteraient également du tort aux citoyens étasuniens, dont le droit de voyager librement à Cuba se trouve restreint.

Elles nuiront également aux hommes d'affaires étasuniens, qui perdront, face à leur concurrence, les opportunités d'affaires intéressantes que propose Cuba à l’heure actuelle.

Certaines mesures, a-t-elle ajouté, ne cachent pas leur arrière-fond subversif, comme celle qui encourage les voyageurs à réaliser des activités de ce type pour justifier la légalité de leurs visites à Cuba.

La diplomate a expliqué que l'administration Trump a imposé des exigences spécifiques pour la catégorie « voyage de soutien au peuple cubain ».

Désormais, ils devront réaliser un programme d'activités à plein temps, impliquant, selon les modèles des États-Unis, des contacts avec la population, de soutenir ce qu’ils définissent comme la « société civile » et de les soutenir pour qu’ils acquièrent leur « indépendance de l'État cubain ».

Vidal a expliqué que les affaires et les accords conclus avant l'entrée en vigueur des mesures sont exemptés de l’application des sanctions.

Au cours de la dernière étape de l'administration de Barack Obama, les vols directs ont été rétablis, certaines lignes de croisières ont fait escale à Cuba et des accords ont été signés dans le domaine des télécommunications et de la gestion d’hôtels avec des entreprises étasuniennes, entre autres.

« Il s'agit d'un petit groupe d'entreprises », a déclaré Josefina Vidal, après avoir souligné que le maintien du blocus a empêché de réaliser des affaires plus importantes.