ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

DES membres de la société civile cubaine, intellectuels, journalistes et étudiants se sont réunis à La Havane le 3 mai pour échanger, lors d'une audience publique convoquée par l'Association cubaine des juristes et l'Association cubaine des Nations Unies, sur l'entrée en vigueur du Titre III de la Loi Helms-Burton, qui constitue une atteinte au principe de souveraineté et vise à détruire notre nation et la soumettre à un gouvernement étranger.

La rencontre s'est déroulée au siège de l'Institut supérieur des relations internationales de la capitale cubaine et comptait un panel composé de Ricardo Alarcon de Quesada, l’avocat Rodolfo Davalos, avocat, Luis Sola Vila, président de la Société cubaine de Droit international public, et Johana Tablada, directrice générale adjointe du ministère cubain des relations étrangères.

Le professeur Sola Vila a souligné dans son intervention que la Loi Helms-Burton doit être considérée comme un tout, « il ne s’agit pas seulement du Titre III, mais de la loi dans son intégralité, de la première à la dernière lettre ».

Il a rappelé que le 6 juillet 1960, le président des États-Unis annonça la suppression du quota sucrier cubain sur le marché yankee, ce qui porta un coup dur à l'économie cubaine, une économie mono-productrice, dépendante du marché étasunien ; quelques jours plus tard, l'administration nord-américaine décréta l'embargo pétrolier, et que ces mesures yankees reçurent la réponse appropriée du Gouvernement révolutionnaire avec les nationalisations.

Johana Tablada a averti que nous vivons dans un contexte dangereux, où l’actuelle administration nord-américain cherche à « causer le plus grand dommage possible et dans le moins de temps possible à Cuba », et qu’elle ne se contentera pas de la pleine application de Helms-Burton.

Ils ont besoin de faire porter à quelqu'un d’autre la responsabilité de leurs échecs au Venezuela, de justifier leurs erreurs, a signalé Tablada : « La bataille aujourd'hui au Venezuela est aussi la bataille pour Cuba. » Ils sont pressés, le temps joue contre eux et ils saisissent tous les prétextes pour « causer les plus grands dégâts ». Ils savent que tout est contre eux et « ils sont incapables de briser le niveau de soutien à Cuba, pas même aux États-Unis », a-t-elle affirmé.

Plus loin, elle a rappelé les prétendues « attaques acoustiques » contre des diplomates des États-Unis, un mensonge qu'ils gardent dans leur manche et utilisent lorsqu'ils ont besoin d'attirer l'attention du public. En Amérique latine, il y a une leçon d’apprise : Fidel, Chavez, Evo, Correa, Cristina, Lula, ont laissé une profonde empreinte très difficile à effacer, « l'histoire est de notre côté », a-t-elle dit.

Le professeur Rodolfo Davalos a clairement précisé que les nationalisations ont été opérées dans le cadre de la loi. « Ce qui est illégal, c'est une loi extraterritoriale comme la Loi Helms-Burton », a-t-il souligné.

Les procès intentés récemment devant les tribunaux de Miami pourraient prendre des mois, voire des années, a-t-il dit, les avocats des entreprises qu'ils ont l'intention d'affecter prennent déjà des mesures pour y répondre. « Ces tribunaux sont-ils compétents ? Peut-il y avoir un jury impartial à Miami ? Gerardo Hernandez, Héros de la République de Cuba, présent dans cette salle, sait de quoi je parle », a-t-il ajouté, en donnant en exemple les procès menés contre les cinq antiterroristes cubains dans cette ville.

Ricardo Alarcon a appelé à ne pas nous laisser imposer l'agenda dicté par les grands médias. Il a donné comme exemple la date de début du blocus. « On dit que c’est Kennedy qui l’a mis en place en 1962, on cite d'autres dates sans beaucoup de sens, mais la réalité, c’est qu’il a démarré le 1er janvier 1959. »

Alarcon a également évoqué les voleurs qui emportèrent l'argent de la République en 1959 : « Ce sont aujourd’hui ces mêmes individus qui réclament une prétendue indemnisation pour leurs biens perdus à Cuba. »

Il a appelé à étudier, à lire la Loi Helms-Burton dans son intégralité. « Nous sommes un pays libre et souverain, et une nation étrangère de dispose d’aucun droit d’édicter des lois contre Cuba », a-t-il conclu.