ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo : caricature de Moro

Lors du Forum économique mondial de Davos, le président des États‑Unis, Donald Trump, a déclaré, sans détour, devant le monde entier, qu’il était un dictateur, rien d’autre qu’un dictateur du bon sens. Une confession en bonne et due forme…  

« On dit que je suis un dictateur. Très bien. Parfois, on a besoin d’un dictateur. Je suis un dictateur du bon sens », a‑t‑il dit.  

Il ne s’agit pas de l’une de ses habituelles plaisanteries de mauvais goût. Pendant des décennies, les États‑Unis se sont présentés comme les garants de la démocratie libérale, mais cette phrase du président à Davos a marqué une rupture dans le discours, la fin de la simulation.  
Dans son intervention au Forum économique mondial, sur un ton arrogant de donneur de leçons, Trump n’a épargné aucun pays, multipliant les menaces et les bravades, ressassant ses diatribes habituelles, avec la gestuelle outrancière d’un mauvais acteur de films muets. 
En évoquant le Groenland – qu’il a qualifié de « morceau de glace » –, il a semblé le confondre avec l’Islande, pays insulaire nordique. Comment s’étonner, dès lors, de personnes qui croient qu’il y a des pingouins au Groenland ? 
Adoptant un style proche de Darth Vader dans La Guerre des étoiles, il s’est engagé à ne pas recourir à la force pour s’emparer du Groenland, ce qui a suscité un certain soulagement ; mais le ton moqueur de son intervention, lorsqu’il a évoqué l’inquiétude des dirigeants européens quant à la santé de l’OTAN, a laissé transparaître un malaise à peine dissimulé. 
À Davos, Trump a répété des affirmations fausses, démenties par plusieurs journaux occidentaux, dont Deutsche Welle. Il a par exemple déclaré que la Chine « n’a pas de parcs éoliens », alors qu’en réalité, le géant asiatique produit 40 % de l’énergie éolienne mondiale, avec 521 gigawatts en 2024. L’« homme fort du monde » semble vouloir battre son propre record de mensonges établi lors de son premier mandat.  

Ses déclarations reflètent une politique étrangère fondée sur des mythes, du ressentiment et du mépris envers le reste de l’Humanité. Même la Suisse n’a pas été épargnée : « Ils ne sont bons que grâce à nous », a‑t‑il lancé. 

365 JOURS AVEC TRUMP  

Au retour de  Donald J. Trump à la Maison‑Blanche, sa présidence s’est consolidée comme une administration marquée par des politiques migratoires extrêmes et racistes, l’expansion du déficit fiscal, une croissance économique inégale et une orientation unilatéraliste en politique étrangère, confirmée par son discours controversé à Davos.  

Tel le personnage du Grand Dictateur, incarné par Chaplin, Trump joue avec le globe terrestre comme s’il lui appartenait : il séquestre un président, bombarde des pays, menace, sanctionne et place l’Humanité au bord de l’apocalypse nucléaire, tout en se présentant comme pacificateur.  

Avec des dizaines de fronts ouverts, il affirme tour à tour vouloir s’emparer du canal de Panama, transformer le Canada en 51ᵉ État, annexer le Groenland, détruire Cuba, bombarder l’Iran, tout en se posant en grand pacificateur en Europe, tentant de sauver ses alliés de la défaite en Ukraine.

Son administration a réactivé et élargi les politiques migratoires de « tolérance zéro » de son premier mandat. Selon des rapports de Human Rights Watch, de l’ACLU et d’agences de l’ONU, plus de 1 200 enfants ont été séparés de leurs familles en 2025. 

Le Service de l’immigration et des douanes (ICE), désormais dirigé par des proches de Trump comme Tom Homan et Kash Patel, a mené des rafles sans restrictions dans des écoles, des églises et des hôpitaux, après la suppression des « zones sensibles ».  

Des accusations de négligence médicale, de surpopulation et de décès évitables dans les centres de détention ont entraîné trois recours collectifs fédéraux. L’ONU a averti que ces pratiques pourraient constituer des « crimes contre l’Humanité ».  

Une enquête menée du 16 au 20 janvier a évalué la perception publique sur 17 thèmes clés du programme de Trump. Le sujet qui suscite le plus de mécontentement est le coût de la vie : 70 % des sondés désapprouvent sa gestion.  

Viennent ensuite, par ordre de rejet, la polémique autour des documents liés à Jeffrey Epstein, le coût de la santé et les déclarations sur une possible annexion du Groenland.  

En revanche, 93 % des sympathisants du mouvement MAGA approuvent sa gestion, contre 63 % des républicains non alignés sur ce groupe. Parmi les votants  indépendants, l’approbation tombe à 18 % et seulement 6 % chez les démocrates.  

Sur le plan économique, le PIB a progressé de 3,1 % en 2025, stimulé par les dépenses militaires (+22 %) et l’expansion de l’industrie des combustibles fossiles. Quant au chômage, il reste à 3,4 %, alors que les salaires réels stagnent et que la participation au marché du travail ne se redresse pas.  

Sans aucun doute, le coût  de cette stabilisation est élevé : la dette fédérale a dépassé 39,2 billions de dollars (128 % du PIB), avec un déficit budgétaire record. Le service de la dette absorbe déjà 1,3 billion par an, plus que les dépenses de défense. Lorsque Trump est arrivé aux commandes en janvier 2025, la dette était de 36,3 billions.  

Les baisses d’impôts adoptées en mars 2025 ont favorisé le 1 % le plus riche, tandis que l’inflation est restée à 4,7 %, alimentée par des droits de douane massifs et une pénurie de main‑d’œuvre dans des secteurs clés.  

Le président « pacifiste », depuis le début de son mandat, a bombardé l’Iran, agressé le Venezuela et enlevé son président, tout en soutenant militairement Israël.  

À l’intérieur du pays, des milliers de migrants subissent des violations de leurs droits fondamentaux. Tortures, disparitions et morts sont signalées par diverses agences. À Minneapolis, lors de manifestations contre la politique migratoire, deux personnes ont récemment été assassinées par l’ICE. 

Tout au long de l’année, des milliers de personnes ont manifesté dans différentes villes des États‑Unis contre les politiques autoritaires et anti‑immigrants de Trump.  

Le second mandat de Trump illustre un modèle net : concentration du pouvoir exécutif, fidélité personnelle audessus des institutions et rejet des normes internationales. Sa vision de la paix repose sur la force brute, la coercition et le désordre mondial, ce qui accentue les tensions sociales. Dans ce contexte, la viabilité du modèle impérialiste étasunien apparaît de plus en plus compromise.