ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo: Martirena

Le principe de non-ingérence constitue une norme fondamentale du droit international. Or, dans le cas de Cuba, les États-Unis le violent systématiquement depuis plus de six décennies.

La Charte des Nations unies établit, dans son article 2.4, l’interdiction de recourir « à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État ».

De son côté, la Cour internationale de justice (CIJ) a défini ce principe comme « le droit de tout État souverain de conduire ses affaires sans ingérence extérieure ». Par conséquent, toute coercition directe ou indirecte, qu’elle soit de nature politique, économique ou militaire, est interdite.

Le blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis contre Cuba constitue une violation directe de ce principe, puisqu’il s’agit d’une mesure coercitive unilatérale destinée à briser la volonté d’un État souverain.

Il convient de souligner que la combinaison de réglementations telles que les lois Torricelli et Helms-Burton, le maintien de Cuba sur la liste des États soutenant le terrorisme ainsi que les mesures de 2026, forme un dispositif illégal et extraterritorial qui porte atteinte non seulement à la souveraineté de Cuba, mais également à celle d’États tiers.

Le décret exécutif du 1er mai représente un durcissement sans précédent. Pourquoi ? Non seulement en raison des sanctions qu’il impose, mais aussi par son caractère ouvertement extraterritorial, qui atteint des niveaux jamais vus dans la législation étasunienne.

Contrairement aux mesures antérieures, ce décret instaure des sanctions secondaires obligatoires. La principale nouveauté réside dans l’inclusion de sanctions secondaires automatiques contre toute entité étrangère – personne, entreprise ou organisation financière – qui opère ou réalise des transactions avec des entités cubaines désignées.

Ainsi, quiconque enfreint ces dispositions s’expose au gel total de ses avoirs aux États-Unis ; autrement dit, le décret devient un instrument de coercition directe contre des États tiers souverains et menace le système financier mondial.

Si une banque étrangère facilite une « transaction significative » pour une entité sanctionnée à Cuba, elle risque la fermeture de ses comptes à Wall Street ou l’interdiction d’opérer en dollars.

Comme si cela ne suffisait pas, les sanctions visent des secteurs vitaux de l’économie cubaine, tels que l’énergie, les mines et les services financiers, avec l’objectif explicite d’étrangler l’Île.

L’administration étasunienne a tenté de justifier ces mesures au nom de la défense des droits humains. Toutefois, le droit international en vigueur n’autorise pas un État à imposer à un autre des sanctions coercitives unilatérales fondées sur sa propre évaluation de la situation des droits humains.

Les mesures coercitives unilatérales, y compris lorsqu’elles se présentent sous un vernis humanitaire, sont considérées comme illégales si elles ne sont pas autorisées par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Heureusement, la communauté internationale commence de plus en plus largement à rejeter la prétention des États-Unis d’imposer leur loi au-delà de leurs frontières.

L’Union européenne, le Mexique, l’Espagne et le Brésil ont appelé au dialogue et rejeté toute intervention militaire. Le chancelier allemand Friedrich Merz lui-même a déclaré qu’« il n’y a aucune raison pour une intervention des États-Unis à Cuba ».

Dans ce contexte, cette situation crée un climat d’incertitude qui, malheureusement, décourage l’investissement et le commerce avec l’Île.


Sources : Prensa Latina, DW, France 24, ONU Info, la Charte des Nations unies et le Parlement européen : question parlementaire O-000032/2025.