ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN

Aux temps du Far West, la victoire souriait au pistolero le plus rapide. Aujourd'hui, une telle logique équivaut à un suicide : le premier tir ne garantit plus la victoire et risque de déclencher une spirale irréversible de destruction et de mort.
Bien que de nombreux analystes estiment que la dissuasion mutuelle rend improbable une guerre mondiale, le risque d'une escalade accidentelle, due à l'aveuglement ou à un faux pas, s'est dangereusement accru.
L'OTAN élabore des plans de guerre terrestre contre la Russie, incluant des attaques sur Kaliningrad ainsi que des frappes de précision contre des aérodromes, des installations de l'industrie militaire, des ponts et des infrastructures ferroviaires en territoire russe ; le prétexte invoqué est la nécessité de se préparer à une attaque russe supposée, une idée sur laquelle insistent presque quotidiennement les principaux dirigeants européens.
Mark Rutte, Secrétaire général de l'OTAN, a déclaré à Berlin, en décembre 2025, que l'OTAN constituait la prochaine cible de la Russie. Il a exhorté les Alliés à accroître leurs dépenses de défense et a averti qu'un conflit en Europe pourrait atteindre « l'ampleur de la guerre que nos grands-parents et arrière-grands-parents ont endurée ».
Dans la même veine, le chancelier allemand Friedrich Merz et le ministre de la Défense Boris Pistorius ont publiquement appelé l'Europe à se préparer à un conflit avec la Russie à l'horizon 2029-2030.
Parallèlement, Kaja Kallas, Haute Représentante de l'UE pour les affaires étrangères, s'est fait entendre avec une grande fermeté à Bruxelles, n'hésitant pas à qualifier la Russie de menace directe pour l'Europe. En mai 2026, elle a averti que Moscou « prépare son armée à une confrontation à long terme avec l'Occident », un propos qu'elle a réitéré, avec une gravité similaire, en septembre 2026.
Bien que la politique ne soit pas toujours dictée par la logique, une question majeure se pose : quel intérêt la Russie aurait-elle à envahir une Europe dépourvue de ressources et en proie à une crise profonde, alors que la Fédération de Russie dispose d'un vaste territoire riche en ressources de toutes sortes ?
Par ailleurs, le haut commandement russe a réitéré que, si l'OTAN intervenait directement dans l'« opération militaire spéciale » en Ukraine, la nature du conflit pourrait rapidement évoluer vers un échange nucléaire mutuel.
Le président russe, Vladimir Poutine, a souligné à plusieurs reprises que la Russie n'avait pas l'intention d'attaquer l'Europe ou l'OTAN. Le dirigeant a qualifié cette idée d'« absurdité totale » et s'est dit prêt à « acter par tous les moyens » cet engagement. Il a toutefois prévenu que si l'Europe « voulait soudainement la guerre », son pays serait prêt à combattre.
Pour sa part, Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, a averti que les déclarations de dirigeants européens tels que Kaja Kallas, Ursula von der Leyen, Merz, Starmer, Macron et Rutte démontrent qu'ils « se préparent sérieusement à une guerre contre la Fédération de Russie ».
Toutefois, le véritable danger ne réside pas dans l'intention d'une partie d'envahir l'autre, mais plutôt dans un climat de méfiance extrême et de communication minimale ; dans ce contexte, le moindre malentendu, un drone dévié ou un incident frontalier accidentel pourrait déclencher une escalade incontrôlable.
Cela étant, on estime que la détention d'armes nucléaires par les deux parties demeure la garantie fondamentale contre un conflit direct ; une guerre mondiale totale — impliquant notamment un échange nucléaire — reste un scénario aux conséquences désastreuses pour tous.
L'OTAN comme la Russie savent que quiconque oserait tire le premier le coup provoquerait une destruction mutuelle assurée ; ainsi, les mises à jour de la doctrine nucléaire russe visent avant tout à démontrer des capacités et à exercer une dissuasion dans le cadre des négociations, et non à rechercher la destruction.
Par ailleurs, l'article 5 de l'OTAN ne se déclenche pas sur la base d'un sentiment subjectif de menace, mais exige une attaque armée concrète ; pour l'heure, les deux camps évitent consciemment tout contact militaire direct afin de ne pas franchir la ligne rouge d'une implication directe.
Bien que les déclarations de certains dirigeants européens soient de plus en plus extravagantes et que prévale l'idée d'une victoire rapide sur la Russie, la dissuasion nucléaire existe précisément pour permettre aux calculs rationnels de l'emporter sur les impulsions irrationnelles.
C'est ainsi que les choses devraient se passer ; toutefois, si un conflit de grande ampleur venait à éclater, il prendrait une forme radicalement différente de celle des guerres traditionnelles : si la Russie percevait des menaces existentielles majeures — comme des attaques contre des installations nucléaires stratégiques, par exemple —, elle pourrait recourir à des armes nucléaires tactiques à faible puissance pour contraindre l'adversaire à reculer.
Les armes nucléaires stratégiques constitueraient le dernier recours ; selon la logique de la dissuasion, une fois ce stade atteint, il ne peut y avoir de « vainqueur limité ».
Nous sommes confrontés à un jeu politique très dangereux qui place le monde au bord du gouffre : celui qui fera le premier pas vers l'abîme entraînera l'autre dans sa chute. Le monde n'est pas le Far West ; la question n'est plus de savoir qui tire le plus vite, mais qui est capable de ne pas tirer le premier.

Sources : ABC/Reuters, TASS, EFE, Euronews, RT.