ORGANE OFFICIEL DU COMITÉ CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE CUBAIN
Photo : Ares

Depuis le début de l'affrontement asymétrique entre les États-Unis et Cuba, le mensonge a servi de bouclier à Washington pour dissimuler sa volonté de dominer la « Grande Île des Antilles », ainsi que pour masquer la faiblesse et la vilenie de ses agissements.
La Maison-Blanche s'est évertuée à occulter les formes d'agression économique employées, notamment le blocus, l'asphyxie énergétique et financière, le bioterrorisme, le vol de talents, l'émigration provoquée et le sabotage.
Bien qu'elle soit rarement prise en compte dans les analyses, l'émigration induite constitue un élément essentiel de l'agression, en particulier ces derniers temps. Notre pays perd non seulement des habitants, mais aussi du capital humain en âge de travailler et de procréer, ce qui compromet sa capacité de relance économique ainsi que sa viabilité sociale à long terme.
Alors qu'il est de notoriété publique que le blocus est la pierre angulaire de la stratégie dite de « changement de régime », on a pourtant soutenu pendant des décennies qu'il n'existait pas et que les conditions de vie difficiles des Cubains résultaient de l'échec du « régime ».
Ces derniers temps, ils vont plus loin : ils reconnaissent que l'« embargo » est certes bien réel, mais que le régime s'en sert comme « alibi ». Nous sommes face à un sophisme de fausse dichotomie.
Un embargo n'est qu'une simple saisie de marchandises ; ce que subit Cuba est tout autre chose. Ce terme est employé à dessein pour en atténuer la portée et l'impact, mais il ne s'agit pas d'un « problème » parmi d'autres : c'est une guerre économique déclarée, doublée d'une guerre cognitive qui la dissimule.
Le 6 juillet 1960, le président des États-Unis annonça la suppression du quota de sucre cubain sur le marché étasunien, ce qui porta un coup dur à l'économie de l'Île, alors caractérisée par une monoculture et une dépendance à l'égard du marché de voisin du Nord. 
Quelques jours plus tard, l'administration nord-américaine décréta un embargo pétrolier. Ces mesures suscitèrent une réponse appropriée de la part du gouvernement révolutionnaire, sous la forme de nationalisations opérées dans le respect de la loi.
Dès lors, le blocus est principalement mis en œuvre par le biais d'un ensemble de lois, de décrets et de réglementations des États-Unis, instaurés et durcis sur une période de plus de six décennies.
.LOIS CONSTITUANT A BASE LÉGISLATIVE DU BLOCUS, ADOPTÉES PAR LE CONGRÈS DES ÉTATS-UNIS :
Loi sur l'aide extérieure (1961) : elle a conféré au président le pouvoir d'imposer et de maintenir un « embargo » contre Cuba.
Loi sur l'administration des exportations (1979) : elle réglemente les exportations et a été utilisée pour restreindre le commerce avec l'île.
Loi pour la démocratie cubaine (loi Torricelli, 1992) : elle a interdit aux filiales d'entreprises étasuniennes établies dans des pays tiers de commercer avec Cuba. En outre, elle empêche les navires de pays tiers ayant fait escale dans un port cubain d'entrer sur le territoire des États-Unis dans un délai de 180 jours.
Loi sur la liberté cubaine et la solidarité démocratique (loi Helms-Burton, 1996) : elle est considérée comme l'épine dorsale législative du blocus. Elle a codifié les dispositions de l'embargo, l'a internationalisé et a instauré des sanctions à l'encontre des entreprises étrangères investissant dans des biens nationalisés à Cuba. Son titre III autorise des poursuites devant les tribunaux étasuniens.
Loi sur la réforme des sanctions commerciales et le développement des exportations (2000) : élément du dispositif juridique qui sous-tend le blocus.
Loi sur le commerce avec l'ennemi : législation conférant au président le pouvoir de restreindre le commerce avec des pays considérés comme « hostiles » et d'imposer des sanctions économiques.

RÉGLEMENTSTIONS ET DÉCRETS EXÉCUTIFS 
Ces dispositions sont édictées par le pouvoir exécutif et précisent les lois précédentes :
Réglementations sur le contrôle des avoirs cubains (CACR) : Il s'agit du principal ensemble de réglementations administrées par le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor. Elles interdisent les transactions avec Cuba et constituent la base opérationnelle du blocus.
Décrets présidentiels : Les présidents des États-Unis ont pris de nombreuses mesures pour durcir le blocus. Un exemple récent est le décret 14404 du 1er mai 2026, qui impose des sanctions secondaires aux entités entretenant des relations avec Cuba et autorise des sactions contre des personnes opérant dans des secteurs clés de son économie.

AUTRES DISPOSITIONS ET MESURES ADMINISTRATIVES 
Outre les lois et réglementations, le blocus est mis en œuvre par le biais de :
Inscription sur des listes de sanctions : Cuba a été inscrit sur la liste américaine des États soutenant le terrorisme, ce qui entraîne des restrictions financières et commerciales supplémentaires.
Sanctions à l'encontre d'entités spécifiques : des sanctions ont été imposées à des entreprises cubaines telles que Gaesa et Moa Nickel S.A., lesquelles ont été ajoutées à la liste des ressortissants spécialement désignés (SDN).
Restrictions financières et de voyage : mesures incluant la suppression des licences générales pour les transactions « U-turn » ainsi que la limitation des voyages et des envois de fonds.
En résumé, le blocus contre Cuba repose sur un dispositif juridique complexe combinant lois du Congrès, réglementations administratives, décrets présidentiels et listes de sanctions.
La loi Helms-Burton de 1996 est le pilier qui a codifié et durci ce système, tandis que les décrets présidentiels et les réglementations de l'OFAC constituent les instruments de sa mise en œuvre au quotidien.
Il ne s'agit ni d'un simple prétexte ni, à plus forte raison, d'un simple embargo. C'est une agression multiforme qui ne laisse aucun répit.